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Syrie: Ahrar al-Sham change de politique et négocie avec les Iraniens

L’équipe d’Almanar

Le mouvement islamiste syrien proche d’Al-Qaïda, Ahrar al-Sham, pourrait très bien opérer  prochainement un changement radical dans sa politique et sa vision sur l’avenir de la Syrie.

A la lumière de ses dernières déclaration et positions, il semble vouloir accepter une solution de la crise syrienne basée sur un processus politique, tout en consentant une ouverture sur l’Iran.

Selon le journal libanais assafir, le commandement de ce mouvement qui a toujours été le compagnon de route du front al-Nosra, la branche d’Al-Qaïda en Syrie, (rebaptisé front Fateh al-cham) est désormais persuadé que le renversement du régime syrien relève de l’impossible, tout aussi qu’une solution de la crise syrienne sans l’Iran.

C’est du moins ce qu’a conclu une commission secrète formée pour effectuer une révision politique du mouvement, et qui n’a pas encore été achevée. Les conclusions qu’elle proposera nécessiteront leur ratification par le conseil de la Chourah du mouvement pour entrer en vigueur.

Selon Assafir, les récentes évolutions sur le terrain et leurs prolongements régionaux et internationaux ont joué un rôle décisif dans cette nouvelle approche, rendant cette milice plus encline à introduire des modifications dans sa politique et à faire part de plus de souplesse. Des pressions turques ont également eu lieu, semble-t-il selon assafir.

L’évolution la plus influente a sans aucun doute été  l’impossibilité de gagner une bataille dans l’entourage de la capitale syrienne. Surtout depuis l‘intervention russe. D’où la nécessité de parvenir à des compromis. l’exemple tout récent de Darayya l’illustre très bien.

Raison pour laquelle le mouvement pourrait renoncer à sa demande de renverser le régime militairement et voudrait œuvrer pour collecter des points et des atouts de force afin de les utiliser dans les négociations.

Signe de ce changement, un membre de son conseil de Choura, et membre de son bureau politique, Abou Azzam al-Ansari avait depuis deux semaines fait ses adieux à Darayya et refusé deux propositions du front al-Nosra de déclencher une bataille pour briser le blocus à partir de Deraa.

Même son de cloche de la part d’un dirigeant religieux du mouvement, et membre de la commission secrète,  Ayman Hawarech qui avait déclaré pour le journal pro saoudien al-Hayat : «  le fait de remporter la bataille militairement n’est plus possible ni pour nous ni pour le régime. Mais nous pouvons imposer nos revendications sur la table du dialogue, en fonction de notre avancée militaire ». Il a accusé ceux qui prônent le contraire de « vivre loin des fronts, dans le luxe et le repos », en allusion aux opposants qui se sont installés dans les villes arabes et truque.

De même, il est question selon assafir de rencontres bilatérales entre des représentants des Ahrar al-Cham et des responsables iraniens. Mais elles s’inscrivent toujours inscrites dans le cadre d’initiatives individuelles, quoique le feu vert ait été donné de la part des sphères les plus hautes de la direction du mouvement.

Ces rencontres ont été facilitées par la médiation des Frères Musulmans et du Hamas et plusieurs rencontres de préparation avaient eu lieu auparavant dans différentes régions syriennes ou turques.

Une certaine évolution s’est réalisée au fur et à mesure de ces réunions.

Dans un premier temps, c’est un syrien qui représentait la partie iranienne. Alors que récemment, les rencontres se font directement avec des acteurs iraniens.

Fait insolite : les dernières réunions ont eu lieu dans un pays voisin de l’Iran, et ce sont les Iraniens qui se sont chargés de la mission d’y emmener les représentants des Ahrar al-Cham et de les ramener, sachant qu’il leur fallait le plus souvent franchir des barrages tenus par l’armée syrienne.

L’une des rencontres a même eu lieu au moment où la bataille battait son plein au sud-ouest d’Alep.

Mais jusqu’à présent, le discours de chacun des deux protagonistes à l’égard de l’autre n’a toujours pas changé : les Ahrar al-Cham sont pour les Iraniens «un groupe terroriste », et la présence de l’Iran est pour les premiers « une occupation », conclut assafir.

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