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Le Gabon dans la tourmente de la crise post-électorale (vidéos)

Capture d’écran MIRASTNEWS sur youtube (VOA)

Le président Ali Bongo qui s’est représenté à l’élection présidentielle 2016, a été réélu avec 49,8% des voix, ce qui a suscité le mécontentement des partisans de Jean Ping. Libreville, la capitale gabonaise s’est enfoncée dans des violences, après l’annonce par le ministre de l’Intérieur, Pacôme Moubelet-Boubeya des résultats.

Auparavant avant l’annonce officielle des résultats sans attendre la fin du dépouillement, Jean PING s’était autoproclamé vainqueur de l’élection. Les manifestants se sont attaqués à certains symboles de l’Etat, en particulier l’Assemblée nationale qui a été incendiée. Les dégâts de violences sont énormes sur le plan matériel et sur le plan humain.

Au moins 19 personnes ont été blessées dont certains très graves et l’on dénombre trois morts. Six personnes au moins auraient été hospitalisées à la polyclinique Chambrier de Libreville pour recevoir des soins sur des blessures par balle.

C’est dans la nuit du 31 août au 1er septembre que tout s’est embrasé, les habitants de Libreville qui s’attendaient plus ou moins à cela, avaient fait des provisions diverses pour subvenir à leurs besoins quotidiens, au regard de l’évolution de la situation politique sur place. Les deux parties s’accusant mutuellement de fraudes et de manipulations.

Les opposants s’étaient mentalement préparés contre une réélection du président sortant. C’est la raison pour laquelle après l’annonce de la victoire du président-candidat pour un deuxième mandat de sept ans, les tensions ont redoublé d’intensité et les militants de l’opposition sont passés à une autre phase pour tenter de faire reculer le pouvoir en place.

Les opposants réclament le recomptage des voix. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour réclamer le départ du président. Dans leurs slogans ils soutiennent que le président leur a volé les élections : « On nous a volé les élections », criaient-ils.

Ils ont continué avec leur slogan de campagne en accusant le président Ali Bongo, de continuer à bâtir la dynastie que son père Omar Bongo Ondimba a installée dans le pays. Ce dernier est resté au pouvoir pendant 41 ans jusqu’à son décès en 2009. C’est après la mort du père que le fils Ali Bongo a pris le pouvoir après une période de transition dirigée par une femme et une élection contestée.

A Port-Gentil la capitale économique, des troubles sont également apparus, comme en 2009 lors de la prise de pouvoir d’Ali Bongo.

Mercredi 31 Août, la commission électorale a déclaré Ali Bongo comme vainqueur de la dernière élection qui s’est déroulée le 27 Août, lui permettant ainsi de se maintenir à la magistrature suprême avec le score de 49,80% des votes, soit 177.722 voix contre 48,23% des votants, soit 172.128 voix pour son challenger Jean Ping. La différence des voix est faible, soit 5594 voix, sur une liste globale d’inscrits de 627.805 personnes.

Lire aussi : Gabon – Election présidentielle 2016 – Démantèlement d’un bureau de vote pirate (vidéo) – Ingérences – Bilan (évolutif).

Les opposants insistent sur le recomptage des voix, puisque selon eux, les élections ont été entachées de fraudes. Le pouvoir n’entend pas revenir sur les résultats.

Cependant, le Gabon a de la « chance », l’Union européenne, les Etats-Unis et la France demandent la publication des résultats de tous les bureaux de vote (2500 environ) du Gabon, et même s’il vous plait, le recomptage des voix, ce que Gbagbo et nous avions demandé en 2011 pour la Côte d’Ivoire, refusé par la soi-disant « Communauté internationale ». Cela n’a pas non plus été fait avec fermeté pour le Congo-Brazzaville, lors de l’élection présidentielle du 20 Mars 2016. S’agirait-il de la politique de deux poids, deux mesures ?

De son côté, le président sortant réélu s’appuie sur le bon déroulement du scrutin pour soutenir que l’élection a été «exemplaire» et s’est déroulée «dans la paix et la transparence». Cela a été mal perçu par les manifestants qui ont donc décidé de s’en prendre aux symboles de l’Etat dont l’incendie de l’Assemblée nationale.

Évidemment face à la dégénération du climat et l’augmentation des violences, le pouvoir a décidé de déployer dans les rues plusieurs centaines de policiers antiémeutes, des gendarmes cagoulés et des militaires qui ont commencé à disperser les manifestants qui s’approchaient du siège de la Commission électorale (CENAP) avec des jets d’eau et des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes.

Des blindés de la Gendarmerie, des véhicules et des hélicoptères selon les manifestants auraient été utilisés pour tenter de ramener le calme. Pourtant le porte-parole du gouvernement Alain-Claude Bilie-By-Nze sur son compte Twitter a démenti ces faits. Il indique que le nombre de victimes et de blessés à Libreville qui sont publiés sont des fausses rumeurs.

Ainsi, la garde républicaine a pris d’assaut avec une violence inouïe l’immeuble du Quartier Général (QG) de campagne de Jean Ping pendant la nuit du 31 Août au 1er septembre, vers 1 h (heure locale, 2h à Paris), avec des bombardements par hélicoptères et attaques au sol, pour essayer de débusquer les responsables de l’incendie de l’Assemblée nationale.

Mon quartier général de campagne est pris à l’assaut à l’instant par la garde républicaine #Gabon – Jean Ping @pingjean 31 Août 2016

Les tirs se faisaient dans l’obscurité après avoir coupé l’électricité, selon Zacharie Myboto, président du parti Union nationale (opposition), présent à l’intérieur du QG, qui l’a dit à l’AFP. Il y aurait au moins 1100 arrestations. Des manifestations violentes se sont déroulées au moins dans neuf quartiers de Libreville, la ville a été dévastée avec de nombreuses destructions. Des stations de télévision, des supermarchés, des magasins et des maisons privées ont été pillés.

D’autres villes et provinces ont été atteintes par le cycle de la violence. Le camp Bongo accuse celui de son adversaire d’avoir planifié « des attaques coordonnées sur les symboles de l’Etat » et s’étonne que Jean PING n’ait pas demandé à ses partisans de se calmer, alors que ce dernier répond qu’il n’a plus le contrôle des manifestants dans la rue. Ali Bongo décrit ses opposants comme un petit groupe de perdants qui désiraient prendre le pouvoir pour leur compte personnel.

Beaucoup de pillages ont eu lieu dans les quartiers périphériques de Libreville. Les manifestants avaient aussi la ferme ambition de bruler l’Hôtel de ville et le Sénat. Les communications téléphoniques et l’internet ont été interrompus. Jean Ping a nié la responsabilité sur l’incendie de l’Assemblée nationale et a rejeté les accusations du camp d’Ali Bongo, appelant la communauté internationale à l’aide contre le clan Bongo, pour que des fausses accusations de détentions d’armes ne soient pas portées contre eux.

Jean PING a notamment demandé que les services militaires et civils français présents dans le pays fournissent des ambulances. Il décrit le pays comme étant «un Etat voyou» qui ne respecte pas les droits des personnes, alors que le gouvernement se défend en soutenant qu’il fait la distinction entre les vrais manifestants et les « criminels ».

Pour Jean PING, la contestation des résultats devant la Cour constitutionnelle est inutile, étant donné qu’Ali Bongo la contrôle totalement. Elle est considérée selon lui, comme un outil mis à la disposition de l’autorité de tutelle. Pourtant c’est la procédure prévue par la loi gabonaise, mais la justice est loin d’être indépendante, selon Ping et ses partisans, qui connaissent parfaitement les rouages et comment fonctionne ce système politique.

Jean Ping a occupé de hautes fonctions dans le gouvernement d’Omar Bongo ONDIMBA et a acquis une grande notoriété dans le pays qui a permis que plusieurs candidats de poids se rangent derrière lui. Au cours des années 1990, il a été directeur de cabinet du président Omar BONGO et a occupé plusieurs postes ministériels, dont celui de ministre des affaires étrangères.

Il a aussi travaillé dans les organismes internationaux entre 1978 et 1984, où il a exercé les fonctions de délégué permanent du Gabon à l’Unesco, président de l’Opep (le Gabon ayant été membre) en 1993, puis 59ème président de l’Assemblée générale des Nations-Unies en 2004 et Président de la Commission de l’Union africaine (UA) entre le 28 Avril 2008 et le 15 Octobre 2012.

Jean de Dieu MOSSINGUE

MIRASTNEWS

ASSAUT QG DE M. JEAN PING

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