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Cyberattaques : Hillary Clinton pourrait-elle déclencher une véritable guerre sans preuves?

Pour Clinton les États-Unis doivent prendre l’initiative de conduire le monde dans l’établissement des règles qui régissent le cyberespace.

L’ancienne secrétaire d’Etat américain, candidate démocrate à la présidentielle américaine, Hillary Clinton, a déclaré que s’il pouvait advenir qu’elle devienne présidente, les cyberattaques contre les Etats-Unis devraient être considérées et traitées comme « toute autre attaque ».

Washington répondra « automatiquement » aux cyberattaques de manière appropriée, n’excluant aucune option, en particulier la réponse militaire. Cette proposition de son programme est-elle destinée à mobiliser tous les faucons de la guerre auprès d’elle ? Serait-ce qu’un moyen de parvenir au pouvoir ou y croit-elle vraiment ?

Car en face, elle n’a pas des enfants ou des populations sans armes, ni bagage intellectuel ou sans formation appropriée, comme dans les pays en développement. « Nous serons prêts à des réponses politiques, économiques et militaires graves » a-t-elle ajouté fièrement aux participants, en grande partie composée d’anciens combattants et leurs partisans, lors d’une campagne à la Conférence nationale de la Légion américaine à Cincinnati, dans l’Ohio, le 31 Août dernier.

A-t-elle bien mesuré les conséquences que pourraient avoir ces phrases prononcées sur l’état d’esprit des dirigeants qu’elle attaque souvent sans preuves ? Mme Clinton a l’habitude d’accuser les Etats-nations rivaux d’attaquer les États-Unis. La dernière en date est l’accusation contre la Russie sans apporter des preuves, accusant les pirates liés au Kremlin de piratage dans les réseaux informatiques du Comité national démocrate (DNC).

Le 22 juillet, WikiLeaks avait publié environ 20.000 messages électroniques échangés, piratés dans les comptes de sept responsables du Parti démocrate, couvrant les périodes allant de janvier 2015 à mai 2016. Le Kremlin a été accusé d’avoir fait le forfait pour influencer la campagne électorale américaine, afin de favoriser la campagne de Donald Trump.

Qu’enseigne-t-on réellement dans les écoles étatsuniennes en matière d’accusation ? N’est-ce pas un juge ou un groupe de juges qui prononce(nt) la culpabilité sur des faits avérés ? Et si un jour elle déclenchait une guerre sans preuves ? Que mijote-t-on réellement dans les officines sombres des Etats-Unis sur ce sujet ? Faille-t-il réellement prendre ces menaces au sérieux ?

« En tant que présidente, je vais envoyer le message clair que les Etats-Unis traiteront les cyberattaques comme les autres attaques. Nous allons préparer des réponses politiques, économiques et militaires sérieuses. Je souhaite que nous soyons en tête dans l’établissement des règles du cyberespace. Si ce n’est pas nous, alors les autres s’en occuperont », a indiqué Hillary Clinton, citée par International Business Times.

Elle avance néanmoins quelques ébauches de solutions pour se protéger : « Nous allons investir dans la protection de nos réseaux gouvernementaux et notre infrastructure nationale. »

Dans son discours devant les électeurs à Cincinnati, la candidate démocrate a noté la montée de la cybercriminalité. Washington accuse des hackers russes de piratage des serveurs de courrier électronique du Parti démocrate américain. « Nous devons répondre à la menace croissante posée par les Etats comme la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord. Il faut que l’armée soit prête à résister à l’ensemble des menaces et à agir sans retard dans tous les domaines, non seulement sur terre, sur mer, dans les airs et dans l’espace, mais aussi dans le cyberespace », a lancé Mme Clinton.

Poursuivant dans sa lancée, elle complète : « Nous avons besoin d’une armée qui est prête et agile pour qu’elle puisse répondre à la gamme complète des menaces et l’exploitation à court préavis dans tous les domaines – pas seulement la terre, la mer, l’air et de l’espace, mais aussi le cyberespace. »

Selon elle, il existe des rapports qui prouvent que la Russie et la Chine piratent beaucoup de choses. Le président russe Vladimir Poutine a réfuté catégoriquement toutes les accusations et nie avoir assumé un quelconque rôle dans les violations des États-Unis. Et même si ça aurait pu être des russes, pourrait-on accuser les Etats-Unis d’être l’auteur des maux que commettront leurs citoyens individuellement ? Il n’est pas encore prouvé spécifiquement qu’il s’agisse néanmoins de russes, à moins qu’elle n’ait des informations qu’elle ne veuille pas divulguer.

Sinon les a-t-elle au moins présentés aux accusés ou à leurs avocats ? Elle soutient que la Russie aurait même piraté le Comité du Parti démocrate américain, et suppose qu’il soit possible qu’elle ait ou pourrait aussi pirater les systèmes électoraux dans certains Etats.

Cette dernière phrase est inquiétante, Trump devrait s’en méfier pour les futures élections, car en cas de tricherie ou de manipulation des résultats, elle indexerait tout de suite la Russie, coupable de tous les maux qui arrivent à la « vieille démocratie » américaine. Ce que Clinton oublie de préciser c’est que les Etats-Unis sont aussi champions de la cybercriminalité et le cyber-espionnage. La NSA ayant démontré ses véritables capacités de nuisances il n’y a pas si longtemps, une des raison de la fuite vers l’étranger d’Edward Snowden.

Certains pays pointent bien les Etats-Unis ou leurs alliés comme le lieu de provenance de certaines attaques. Les ordinateurs de simples citoyens et même certains Etats ont été pénétrés et violés sans leur consentement, à des fins de collecte de renseignements, sans que la loi n’ait prévu cette option de façon explicite. Elle court le risque de pousser les Etats attaqués à intégrer ce nouvel élément dans la base de données de leurs stratégies nationales de défense.

Jean de Dieu MOSSINGUE

MIRASTNEWS

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