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L’intervention directe du camp des Etats-Unis en Syrie semble se dessiner, en raison de l’échec du plan de 2011

© AFP 2016 Ozan Kose/via Sputnik

Le président Erdogan de Turquie qui venait récemment d’échapper à un coup d’Etat, retrouve apparemment ses esprits ; il envisage de se joindre à ses alliés de toujours pour « libérer » la ville syrienne de Raqqa. Sputnik rapporte qu’Erdogan « ne voit pas de problème » de se joindre aux USA.

Il est clair que la guerre engagée depuis 2011 contre un pays indépendant via la toile des djihadistes multinationaux prend une nouvelle tournure. Les commanditaires essaient de se frayer un chemin pour s’engager directement dans la guerre.

Ceux-ci voyant que les terroristes ne peuvent plus seuls vaincre l’Armée arabe syrienne et ses alliés, souhaitent maintenant occuper eux-mêmes le terrain, pour empêcher les autorités syriennes de reprendre la totalité du contrôle de son territoire national. Souhaite-t-on le diviser? Quels sont les buts réels poursuivis?

Les Etats-Unis ne font pas une différenciation nette entre les terroristes et ceux qu’ils appellent les « islamistes modérés » des milices de l' »opposition ». La Turquie pays voisin veut s’ingérer dans la guerre pour prouver qu’elle est une puissance importante dans la région avec laquelle il faut compter, selon les dires du président turc lui-même.

La Turquie veut se joindre aux Etats-Unis pour engager les combats, afin de se saisir de la ville syrienne de Raqqa, actuellement certes aux mains des combattants du groupe terroriste Daech (Etat islamique) qui en ont fait leur capitale. Cependant que va-t-il se passer après avoir pris la ville ?

En réalité il existe des enjeux stratégiques immenses qui poussent ces acteurs voisins ou internationaux d’agir et de foncer vers des objectifs précis, en particulier la présence d’hydrocarbures dans la région, et la volonté de construire des voies de leur acheminement, comme les pipelines ou les gazoducs entre autres.

Il faut se rappeler que Daech fournissait directement et abondamment des hydrocarbures à la Turquie et que les bombardements de la Russie ont réduit ou tari ce flot. Cela pourrait bien être une des raisons qui motive la Turquie actuellement, pour tenter de contrôler directement la partie syrienne qui lui est frontalière.

Daech a occupé Raqqa depuis un certain temps et en a fait un centre névralgique important de ses activités. Le président américain Barack Obama fulmine toujours par exemple le projet Nabucco dont l’objectif principal est de contrecarrer les projets de gazoducs russes.

Il semble vouloir se saisir de certaines faiblesses actuelles de l’armée arabe syrienne et ses alliés pour occuper le terrain, afin de mieux négocier et imposer les intérêts des Etats-Unis à l’avenir sur le sol syrien.

L’intervention du camp américain sur le terrain empêche la Syrie d’avancer le plus rapidement possible sur le terrain, puisqu’il existe des zones occupées militairement sur ce territoire par des puissances étrangères qui pourraient abriter des terroristes.

Les Etats-Unis empêchent les forces aériennes syriennes de bombarder les zones clés contrôlées par les forces hostiles au pouvoir de Damas, parmi lesquelles pourraient se cacher les terroristes répertoriés.  Ils semblent vouloir en faire des sanctuaires pour les fauteurs de troubles qui doivent y circuler librement.

Il existe une proximité idéologique réelle entre les groupes islamistes modérés dits de l’« opposition » tels Ahrar Al-Sham et Jaysh al-Islam et le Front Fatah al-Sham anciennement appelé Front al-Nosra. Ils ont tous adhérer à l’idéologie islamiste radicale du djihadisme.

Il apparaît clairement une duplicité dans l’action et la diplomatie des Etats-Unis, celle de l’ombre et celle de la diplomatie visible. Les deux se complètent, contrairement à la Russie qui n’agit que dans la clarté des rayons de lumière.

Le but ultime de la coalition américaine est de bouter hors du pouvoir les autorités syriennes choisies librement par le peuple syrien. Il est fort possible qu’une action directe ou indirecte soit menée dans les jours qui viennent pour occuper Raqqa et ses environs.

Évidemment l’action de la Russie est d’une grande importance, elle a sauvé la Syrie de l’inondation que préparaient les crues de Deach et alliés. Cependant, elle apparaît insuffisante pour occuper le terrain après les bombardements.

Car les Etats-Unis réclament par exemple à l’Armée arabe syrienne de cesser la pression militaire sur les voies d’approvisionnement clés, par exemple au nord d’Alep. Il faudrait des troupes au sol, suffisantes et aguerries venant des vrais amis de la Syrie comme les russes, les iraniens ou le Hezbollah pour soutenir l’Armée arabe syrienne.

Cela est nécessaire pour accentuer la pression sur les terroristes de tout bord, venus de différents endroits de la planète, afin qu’ils quittent définitivement le sol syrien et que le pays et les populations retrouvent leur quiétude d’antan.

Les Forces démocratiques syriennes, constituées dans leur grande majorité de Kurdes doivent lutter pour libérer la Syrie de l’occupation étrangère, en collaboration avec le gouvernement syrien et ne doivent rien entreprendre pour la diviser. Quels que soient leurs soutiens, elles doivent d’abord et avant tout privilégier l’unité de la nation syrienne et refuser toute manipulation.

Jean de Dieu MOSSINGUE

MIRASTNEWS

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