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Cameron fustigé pour l’intervention militaire du Royaume-Uni en Libye

© REUTERS/ Carlos Barria

Des députés britanniques ont vertement critiqué l’ex-premier ministre David Cameron pour l’intervention militaire du Royaume-Uni en Libye, en 2011, aux côtés de la France. Cette campagne, disent-ils, a été basée sur une interprétation erronée des renseignements disponibles, ce qui a aggravé le chaos dans ce pays.

Effondrement politique et économique du pays, pertes parmi la population civile, implantation de Daech dans la région, crise migratoire, voilà quelques-unes des conséquences du processus décisionnel qui a amené Londres à intervenir militairement avec la France en 2011 en Libye.

« Il (le gouvernement, ndlr.) n’a pas pu vérifier la menace réelle que le régime Kadhafi faisait peser sur les civils; il a pris au pied de la lettre, de manière sélective, certains éléments de la rhétorique de Mouammar Kadhafi; et il a échoué à identifier les factions islamistes radicales au sein de la rébellion », écrivent dans leur rapport les parlementaires de la Commission des Affaires étrangères.

Selon les membres de la commission, « la stratégie du Royaume-Uni fut fondée sur des postulats erronés et sur une analyse partielle des preuves ».

Malgré que l’intervention militaire du Royaume-Uni en Libye ait eu lieu aux côtés de la France, les députés britanniques affirment que David Cameron a joué un rôle « décisif » dans la prise de cette décision et qu’il doit en porter la « responsabilité ultime ».

Selon Crispin Blunt, président de la commission, le gouvernement Cameron aurait pu privilégier d’autres options qui auraient mené à de meilleurs résultats.

« Un engagement politique aurait pu permettre de protéger la population civile, de changer et de réformer le régime à un coût moindre pour le Royaume-Uni et la Libye », estime-t-il.

La commission estime également que David Cameron aurait également dû savoir que la rébellion comprenait une importante composante islamiste. Autrement dit, le résultat de la campagne prouve que la nature de la rébellion n’a pas été correctement analysée par Londres.

Les troubles en Libye ont dégénéré en guerre civile au début de l’année 2011. En mars 2011, le Conseil de sécurité de l’Onu a autorisé une intervention visant à protéger les civils des forces loyales au président libyen Mouammar Kadhafi. Les bombardements du territoire libyen ont été effectués tant par les forces de la coalition menée par les Etats-Unis que par des Etats comme la France ou la Grande-Bretagne. Après des frappes françaises sur la colonne automobile dans laquelle se trouvait Kadhafi, celui-ci a été capturé et assassiné par les rebelles.

Source : Sputniknews

Pour des parlementaires britanniques, Cameron est «responsable de l’effondrement de la Libye»

Un rapport publié par des députés britanniques concernant la guerre en Libye critique le gouvernement de David Cameron, pour avoir eu «une compréhension lacunaire du pays et de la situation», menant à une extrême déstabilisation de la région.

Dans son rapport, le Comité des Affaires étrangères constitué de parlementaires britanniques, affirme n’avoir vu «aucune preuve selon laquelle le gouvernement a mené sa propre étude de la nature de la rébellion en Libye».

«L’incapacité de la communauté internationale à sécuriser les armes abandonnées par les forces gouvernementales libyennes ont fait augmenter l’instabilité en Libye et permis l’expansion du terrorisme en Afrique du Nord et de l’Ouest, ainsi qu’au Moyen-Orient», poursuivent les députés.

«Le résultat [de cette intervention] a été l’effondrement politique et économique, des guerres entre tribus et milices, des crises humanitaires et migratoires, de vastes violations des droits de l’homme, et la diffusion des armes gouvernementales libyennes dans la région et l’expansion de l’Etat islamique en Afrique du Nord», peut-on lire dans le rapport.

«David Cameron est le responsable final de l’échec du développement d’une stratégie cohérente en Libye», estiment les députés

Le président du comité, Crispin Blunt, a déclaré à ce propos : «D’autres options politiques étaient disponibles. L’engagement politique aurait pu fournir une protection des civils, un changement de régime et des réformes, pour un coût moins élevé pour la Libye et le Royaume-Uni.»

Lire aussi : La marine libyenne admet être impliquée dans l’attaque du navire de Médecins sans frontières

L’ancien Premier ministre conservateur n’a pas voulu témoigner devant la commission, évoquant «un emploi du temps chargé», selon le rapport.

La brèche politique et sécuritaire créée par cette intervention, a permis aux groupes islamistes de prospérer dans le pays, dont la côte est aujourd’hui le point de départ des passeurs de migrants. Des dizaines de milliers de clandestins traversent aujourd’hui chaque année la Méditerranée depuis la Libye.

L’intervention, datant de mars 2011, a été initiée par la France, alors menée par Nicolas Sarkozy. David Cameron, Premier ministre britannique, l’a alors rapidement rejoint dans son engagement vers la guerre.

Premier ministre en 2003, lors du déclenchement de la seconde guerre d’Irak, Tony Blair a lui aussi été mis en cause pour avoir entraîné le Royaume-Uni dans le conflit dans le rapport Chilcot, publié en juillet. Selon le rapport, les motifs ayant poussé les britanniques à la guerre étaient basés sur «des ragots, des rumeurs et la désinformation».

Source: RT France

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