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La Grande-Bretagne s’opposera à la création d’une armée unique de l’UE

Le Secrétaire d’Etat à la Défense, Michael Fallon visite RAF Akrotiri à Chypre Crédit: JULIAN SIMMONDS

L’agence RT rapporte que le ministre de la Défense du Royaume-Uni qui reste encore un moment membre de l’Union Européenne (UE), poursuivra sa politique de blocage sur les projets visant à créer une armée européenne unique, faisant valoir que la seule présence de l’OTAN suffit à «assurer la protection du continent».

Or les Britanniques ont décidé par référendum de sortir de l’UE, parce qu’il existe des désaccords profonds entre la défense de leurs intérêts stratégiques et le modèle de fonctionnement du groupe. Cependant, malgré sa sortie tempétueuse qui a créé le désarroi dans les rangs, Londres veut continuer à participer à la vie de l’Union d’une certaine manière, particulièrement en ce qui concerne la défense commune.

La décision de sortir de l’Union l’autorise-t-elle à influer sur les décisions, les actions et la vie du groupe ? A-t-elle moralement le droit de continuer à freiner la prise des prochaines décisions jugées importantes pour l’avenir de l’union européenne ? N’existe-t-il pas des mécanismes au sein de l’Union qui empêcheraient tout membre prenant ses jambes à son coup de bloquer les décisions importantes de l’institution ?

Certains analystes ont déjà émis l’idée que les Etats-Unis s’y opposeront farouchement et empêcheront  la création d’une armée commune. Bien que les Britanniques aient à plusieurs reprises exprimés leur opposition sur cette question, en tant que futur non membre, le Royaume-Uni ne devrait plus être autorisé à impacter sur la vie du groupe, pour toute structure bien organisée. Surtout si leur position vient pour soutenir les visées stratégiques d’une autre puissance extérieure à l’UE.

La création d’une nouvelle grande armée au sein de l’Europe donnerait plus d’indépendance de manœuvrabilité à l’Union et ferait taire la cacophonie dans la communication et étoufferait les intérêts particuliers égoïstes au profit de ceux du groupe. La difficulté qui se pose est que ceux du groupe se chevaucheront ou entreront en conflit avec ceux de l’OTAN. Est-il possible de concilier les deux? Cependant les intérêts de l’OTAN ont-ils toujours été en accord avec ceux de l’Union européenne ?

Peut-on par exemple soutenir valablement que masser les troupes militaires aux portes de la Russie sert réellement les intérêts profonds de l’Union européenne?

François Hollande, président de la France et la chancelière allemande Angela Merkel comptent pourtant sur la base d’un plan présenté au sommet de Bratislava constituer une «force militaire commune» de l’UE qui leur permettrait d’avoir un État-major commun susceptible d’unifier les efforts pour augmenter le niveau de leur puissance, améliorer la qualité des armes, de l’équipement et du matériel, accroître la capacité de se défendre et rendre leurs actions sur le terrain plus dynamiques, imposantes et percutantes, par exemple contre le terrorisme ou la réponse à donner à des menaces diverses.

Ces leaders sont bien décidés à mener leur projet à terme, des dates de promulgation et de ratification ont même été avancées, respectivement pour décembre 2016 et juin 2017. Comment dans ces conditions la Grande-Bretagne parviendrait-elle à empêcher que cela se fasse, étant donné que le Brexit suppose sa sortie définitive de l’UE dans une brève échéance, même si le dialogue ne sera pas totalement rompu ?

En l’absence de Brexit, la Grande-Bretagne avait son mot à dire et réussissait à s’imposer sur divers sujets dont celui-ci, mais la donne a changé, elle doit assumer les conséquences positives ou négatives des actes politiques posés. Une telle armée unifiée amènerait les membres de l’Union européenne à améliorer la capacité de leur renseignement et à avoir la bonne information pour prendre les bonnes décisions.

La mutualisation des moyens permettrait d’éviter la dispersion des efforts et les doublons des pays dans tous les domaines. L’obtention de l’information pertinente permettra de prendre suffisamment de recul et éclairera les bons leaders. Ceux-ci devront éviter d’engager leurs nations dans des voies ténébreuses, pouvant conduire leurs peuples dans l’abîme profond.

Surtout si dorénavant, ils ont pris l’habitude de suivre aveuglément les politiques erronées de certaines parties à visées manipulatrices, déstabilisatrices et destructrices. Cela éviterait de s’engager dans des guerres inutiles et injustes, si l’objectif visé est de créer un instrument militaire au service de la justice et la vérité. Cependant au regard des résistances déclarées, la tâche sera rude, il ne sera pas facile de rendre fonctionnelle une telle structure, en l’absence d’unification politique et de la totalité des centres de décisions.

Jean de Dieu MOSSINGUE

MIRASTNEWS

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