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Sondage scientifique exclusif RT : duel Fillon-Juppé au second tour… selon nos lecteurs

François Fillon et Alain Juppé, candidats à la primaire à droite, photo ©STF / AFP

Les instituts de sondage ont échoué à prévoir tant l’issue du Brexit que l’élection surprise de Donald Trump. Et ce malgré de gros moyens en enquêteurs, mathématiciens et ordinateurs. Aussi RT France a décidé d’opter pour une méthode «low cost».

Personne ne pouvait s’engager à prédire l’issue du premier tour de la primaire de la droite et du centre, en raison de nombreuses incertitudes. Mais nous pouvons d’ores et déjà engager la réputation entière de RT, puisque nous, nous sommes sûrs du résultat, et ce grâce à nos lecteurs les plus fidèles : le second tour de la primaire de la droite et du centre verra s’opposer Alain Juppé à François Fillon. Une mauvaise nouvelle pour Nicolas Sarkozy, écarté de la course, peut-être en raison des nombreuses affaires qui le poursuivent.

Après les ratés retentissants des instituts de sondage, notamment à l’occasion du Brexit et, plus récemment de l’élection présidentielle américaine, RT France a décidé de réévaluer la méthodologie des enquêtes d’opinion.

Plus besoin de cohortes d’enquêteurs ou d’avoir fait Maths sup, ou encore d’être un expert de la roulette comme Dostoïevski auteur du Joueur.

Inutile maintenant de s’attacher scrupuleusement à évaluer des «écarts à la moyenne» (σ, sigma en grec) ou que l’échantillon soit représentatif (ou pas) de la population entière. Devant une équation qui comporte bien trop d’inconnues, notamment la participation et la composition d’un corps électoral aux limites floues, nous avons décidé d’opter pour une solution «low tech». Option dont il faut noter le très faible coût.

Loi de distribution statistique et de probabilité dite «loi de Gauss»
Loi de distribution statistique et de probabilité dite «loi de Gauss»

En raison de cette conclusion scientifique, nous mettons en garde tout un chacun contre d’autres prévisions erronées venant de certain sites de fausses informations, relayées, qui plus est, par des réseaux sociaux incapables de discerner entre le vrai et le faux, et qui auraient bien besoin des lumières des médias de masse traditionnels.

Toutefois, selon une dernière enquête de l’institut IPSOS, aux moyens bien plus considérables, car menée auprès de 18 200 personnes dont «12 378 certaines de voter à la présidentielle et 1 337 à la primaire de la droite», François Fillon serait en hausse de 10 points. Il confirmerait ainsi sa percée, restant néanmoins derrière Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Nos lecteurs auraient-ils deviné une percée plus importante que prévue de François Fillon ? Seul l’avenir nous le dira.

Source: RT France

Primaire de droite : les sondeurs jouent-ils aux devins ? Analyse de leurs erreurs

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François Fillon et Alain Juppé lors du deuxième débat des primaires de la droite et du centre/© Pool News Source: Reuters

A quelques jours du premier tour de la primaire de droite, le résultat est incertain. Les favoris sont talonnés par François Fillon. Après le Brexit et Trump, les sondages auraient-ils encore raté le coche ? Décryptage avec Claude Posternak.

RT France : Depuis un an, les sondages donnent le duo Alain Juppé-Nicolas Sarkozy au deuxième tour de la primaire de la droite et du centre, pourtant ces derniers jours François Fillon apparaît comme le troisième homme. Un sondage l’a même donné vainqueur au second tour quelque soit son rivalEst-ce possible qu’au deuxième tour l’un des deux favoris soit absent ?

Claude Posternak (C. P.) : C’est très clairement une possibilité. Il y a cinq ans, à la primaire de la gauche, les gens avaient choisi celui qui était le meilleur pour battre Nicolas Sarkozy. Les électeurs de droite vont se poser la même question : quel est celui qui a le plus de chance d’empêcher un second mandat du PS ? Cette problématique change un peu la donne, ça peut fragiliser Nicolas Sarkozy. François Fillon creuse son sillon depuis longtemps. Quand il est arrivé à Matignon il y a 10 ans, il a dit que la France était en faillite, c’est ce qui a constitué son périmètre d’image. Il est resté cohérent avec ça, contrairement à Sarkozy qui est Monsieur Zig-Zag. François Fillon prend plus de temps à être entendu car c’est plus facile d’aller dans tous les sens et de faire du bruit. Donc aujourd’hui, il y a trois possibilités Fillon-Sarkozy-Juppé et rien n’est joué.

Juppé peut même être éliminé au premier tour. Tout est possible à la primaire dimanche [20 novembre].

RT France : Mais au détriment de qui cette remontée subite de François Fillon se fait-elle ?

C. P. : Ce qui est sûr, c’est que François Fillon émarge sur Alain Juppé et sur Bruno Le Maire. Nicolas Sarkozy dispose d’un noyau d’inconditionnels. Il peut lui arriver n’importe quoi. Même les aveux de Takkieddine à Mediapart, ça ne change absolument rien pour eux. On se retrouve dans une situation où Alain Juppé peut même être éliminé au premier tour. Tout est possible.

RT France : L’une des explications de la remontée de François Fillon est que jusqu’à présent les sondeurs avaient sous-évalué son poids dans la campagne. Comment est-ce possible ?

C. P. : Cette sous-évaluation vient du fait que personne ne sait qui va aller voter. Les sondeurs interrogent des gens qui devraient aller voter mais on ne peut pas savoir s’ils iront véritablement le faire. Alors comment être sérieux et dire que tel candidat a le plus de chance ? Sachant que la donne change si il y a 1 million de votants ou 3 millions. Ce qui est dommage c’est d’avoir systématiquement mis en avant Alain Juppé et Nicolas Sarkozy et mis de côté François Fillon. C’est une erreur des commentateurs et des sondeurs.

D’autant que je crois peu à la mobilisation d’une partie de la gauche. Lors de la primaire socialiste, la droite n’est pas venue, même les électeurs des Verts ne sont pas venus. Ça va se jouer entre militants et sympathisants. Alain Juppé est vu comme la droite molle, Nicolas Sarkozy comme trop risqué face aux affaires qui s’accumulent contre lui. François Fillon devient alors une vraie réponse de droite. L’électorat peut prendre ça en compte. Il peut y avoir une résonance dans les votes. Mais personne n’est devin, il faut rester sérieux dans les commentaires.

Comment peut-on dire qu’une personne qui a voté Verts ira plutôt sur tel candidat de la primaire?

RT France : Les sondeurs ont récemment connu de grands ratés lors du référendum sur le Brexit ou de la victoire de Trump. En Allemagne, les chances de l’AfD, et en Autriche, celles de Höfer ont été sous-évaluées… Pourquoi y a-t-il un tel décalage entre les sondages et la réalité ?

C. P. : Il y a deux paramètres à prendre en compte. On l’a vu aux Etats-Unis, il y a beaucoup de personnes qui ont voté pour Trump mais ne le déclaraient pas. On a eu la même chose pendant longtemps en France avec le Front national, même si maintenant ça c’est stabilisé. Il y a des gens qui ne répondent pas aux questions en toute transparence.

Et puis, il y a aussi le problème de l’affinage des sondés qui rend les résultats non-représentatifs. Comment peut-on dire qu’une personne qui a voté Verts ira plutôt sur tel candidat de la primaire ? Sur un échantillon de 1 000 personnes, le poids des Verts c’est 2%, soit 20 personnes. Je ne vois pas comment ça peut être significatif, ni comment on peut en déduire ce que va penser l’électorat vert dans une primaire ou ailleurs. Autant vous pouvez avoir un échantillon représentatif quand vous demandez aux gens s’ils sont de droite ou de gauche, ça fait quasiment 50-50, là ça une valeur scientifique. Mais quand vous affinez pour dire ce que va voter un électeur Vert ou Front de gauche, ça ne l’est pas. Les sondeurs le savent et ne devraient ni le faire ni le dire.

C’est une réalité qu’il faut faire attention aux sondages.

RT France : Certains candidats à la primaire comme Jean-Frédéric Poisson ou François Fillon ont régulièrement dans leurs meetings ou lors des débats déclaré se méfier des sondages. Est-ce que la défiance des votants envers les sondages mais également envers les médias et les commentateurs peut devenir une stratégie politique efficace pour être élu?

C. P. : Non, c’est une réalité : il faut faire attention aux sondages. Le rappeler, c’est une stratégie quand on est mal classé, comme Jean-François Copé ou Jean-Frédéric Poisson à 2%. François Fillon a plus de légitimité à le faire parce qu’il sentait que quelque chose se passait dans l’opinion. C’est sûr qu’aujourd’hui, c’est une stratégie de se présenter en opposition au système médiatique et politique. Il y a un tel rejet ! Selon une étude du Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF), 91% des Français ne font plus confiance aux hommes et femmes politiques français. C’est énorme comme chiffre. Donc ceux qui sont anti-système, d’Emmanuel macron à Marine Le Pen, rentrent plus en résonance avec l’opinion.

Lire aussi : Pour William Hill, Le Pen et Juppé seraient les mieux placés pour gagner la présidentielle

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Claude Posternak

Claude Posternak est fondateur du site L’important, Baromètre Posternak-Ifop, et auteur du livre La schizophrénie de l’opinion française

Source: RT France

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