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François Hollande entrera dans l’histoire du Congo-Brazzaville enfin démocratique

Plus de 50.000 milliards de francs CFA après et moins de vingt années plus tard, le Congo de Sassou Nguesso est retourné à ses chers et vieux démons.

Après une opulence qui n’a profité qu’aux siens, la pénurie s’impose maintenant à tous en même temps que le chaos des armes dont il a les noirs secrets. Retour à la case départ, plutôt que « vers le futur » et l’émergence.

La barbarie se déchaîne contre des populations civiles que l’on bombarde allègrement pour qu’elles aillent dénicher, « dans les buissons, les terroristes » hostiles à l’USURPATEUR reconnu par Paris et l’Union Européenne ; après Pékin, Moscou et Harare. La Francophonie, belle de nuit, en oublie son français pour ne pas dénoncer ce qui s’y passe ; le Vatican en avale, lui, son latin et ses chapelets. Tous, entrainent à leurs bottes, les journaleux taiseux dans leur conspiration du silence.

Il y a dix-huit ans, le 11 février 1999, dans une pleine page de Libération écrite à six mains, trois mousquetaires, Antoine Glaser, Stephen Smith et Marie-Laure Colson, embrochaient « Attali, très cher conseiller de Denis Sassou N’Guesso » en pleine guerre du Pool en même temps qu’ils dénonçaient un Congo « transformé…en terre à butin pour miliciens dont…les Cobras, qui ont massacré plusieurs milliers de civils dans les quartiers sud de Brazzaville… ».

Que sont les grands journalistes de l’Afrique devenus ? Aujourd’hui Antoine Glaser se consacre à l’écriture et Stephen Smith est passé de l’autre côté du miroir en se chargeant notamment de la promotion d’un Jean-Yves Ollivier en manque de reconnaissance.

La magie de leurs archives, infaillible mémoire, se révèle alors pour rappeler que nous subissons de nouveau, au Congo, les mêmes dramatiques et sanglants évènements de 1998. A l’époque, la France post-dissolution vivait la cohabitation gouvernementale Chirac-Jospin, très rigide à l’égard du Congo : « …ayant stigmatisé ses prédécesseurs au pouvoir comme «génocideurs», le général Sassou N’Guesso se refuse à toute négociation avec eux.

«Lobbying politique». Son ministre des Affaires étrangères, Rodolphe Adada, qui vient de passer à Paris, s’est fait sèchement rappeler à l’ordre de la réconciliation nationale par Charles Josselin, le ministre délégué à la Coopération. Adada pensait être reçu par Hubert Védrine, voire Lionel Jospin et Jacques Chirac. «Mais l’Elysée et Matignon se sont mis d’accord pour lui fermer la porte au nez, confie une source autorisée. On ne marche plus au copinage.» Si Sassou N’Guesso et son ambassadeur à Paris, Henri Lopes, ont leurs entrées à l’Elysée, c’est Jacques Attali qui aurait tenté d’obtenir le rendez-vous au Quai d’Orsay et à Matignon, affirme la même source. Chez A&A (Attali & Associés), on dément faire du «lobbying politique» pour Sassou. »

Les mêmes spécialistes, qui accompagnaient l’éminent conseiller des présidents à Brazzaville, s’amusaient alors d’éclairer les Congolais ignorants sur la signification véritable de l’intraduisible « lobbying » : rien de moins que « trafic d’influence » !

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 Plus de 50.000 milliards de francs CFA après et moins de vingt années plus tard, on ne peut qu’amèrement reconnaître qu’ils ont réussi. Point besoin de se pincer pour tenter se réveiller, ce n’est pas un cauchemar ! L’ambassadeur « empapillonné » a été reçu, le 9 novembre dernier à l’Elysée, par le socialiste François Hollande, tout sourire, aux antipodes de la ligne qui avait été tracée par Jospin. Rodolphe Adada, clôturant une interminable carrière de ministre, se voyait consacré, enfin, au niveau suprême d’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Congo-Sassou-Nguesso en France ; poste-clef au tourniquet, roue de la fortune, de la Françafrique. Il foulait alors les tapis et parquets de l’Elysée pour remettre ses Lettres de créance au Président Normal, alors qu’au même moment, dans le Pool, les soudards du tyran-usurpateur broyaient de la grand-mère terrorisée, vidaient des villages entiers qu’ils pillaient, violaient femmes et petites filles pour ne pas leur avoir livré l’un de leurs enfants.

Quelques jours plus tard, le 15 novembre, le même président français, visage grave et fermé au sujet de la RDC, répondait à un Christophe Boisbouvier de RFI, totalement amnésique du précédent qui avait été permis à Denis Sassou-Nguesso : « il y a une Constitution, elle doit être respectée ; il y a une fin de mandat, elle doit correspondre à une fin de mandat ! »

François Hollande, dont le mandat actuel se terminera dans moins de six mois, entrera dans l’histoire du Congo libre et démocratique qui verra le jour tôt ou tard ! Ses sourires et ses accointances mêmes tardives avec le tyran-usurpateur Denis Sassou Nguesso, jadis refusés par Lionel Jospin, lui vaudront une place de choix dans la mémoire collective congolaise qui ne l’oubliera pas de sitôt ; particulièrement dans le Pool, actuellement sous les bombardements !

Rigobert OSSEBI

Source: Congo-liberty

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