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Le Mercosur est-il contrôlé par les agents de l’impérialisme?

Lors d’un sommet du Mercosur, en 2015. | Jorge Saenz / AP

Les autorités vénézuéliennes dénoncent un « coup d’Etat » et une « agression » contre leur pays. En effet, le Venezuela a été suspendu du Mercosur par les autres membres de ce bloc économique principal de l’Amérique du Sud. Ceux-ci reprochent au pays de ne pas respecter les valeurs démocratiques.

Or depuis un certain temps l’opposition a fait plusieurs tentatives de coup d’Etat qui ont poussé les autorités vénézuéliennes à s’offusquer et à être désormais sur leurs gardes. De plus, depuis que l’opposition est arrivée au pouvoir en prenant le contrôle du parlement, elle ne veut plus attendre les prochaines échéances électorales normales, elle veut passer absolument par un coup d’Etat pseudo-constitutionnel de type brésilien en inventant des artifices de tout genre.

C’est comme si l’opposition sait d’avance que la popularité du pouvoir bolivarien ne leur laisse aucune chance de l’emporter dans les urnes, en dépit du fait qu’elle manipule la hausse des prix et organise l’effondrement de l’économie. Car elle contrôle la plupart des rouages de l’économie depuis l’époque de Hugo Chavez.

Delcy Rodrígue,  ministre des affaires étrangères du pays a dénoncé ce coup de force en le qualifiant de grave forfaiture : « C’est un coup d’Etat à l’égard du Mercosur et une agression contre le Venezuela vraiment très grave », a-t-elle déclaré, selon le quotidien Le Monde.

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Le Sous-secrétaire pour l’Amérique latine et les Caraïbes du ministère des Affaires étrangères du Brésil, Paulo de Mesquita Estivallet; Ministre des affaires étrangères du Paraguay, Eladio Loizaga; Ministre des Affaires étrangères de l’Uruguay, Rodolfo Nin Novoa et ministre adjoint des Affaires étrangères de l’Argentine, Carlos Foradori participent l Lundi 11 Juillet, 2016, lors d’une conférence de presse à Montevideo (Uruguay). Juan Ignacio Mazzoni EFE

Cela n’est pas étonnant en regardant la composition des quatre pays fondateurs du Mercosur – l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. Ces pays sont dirigés par des dirigeants conservateurs, certains sont soit putschistes ou ont des tendances putschistes.

Au Paraguay, Fernando Lugo, ancien évêque de gauche de l’Alliance Patriotique pour le Changement (APC), a été élu à la présidence du pays le 20 avril 2008, mais il a été déchu de la présidence par le Sénat le 22 juin 2012 et remplacé par son vice-président, Federico Franco, comme au Brésil actuellement avec Michel Temer non élu par le peuple, en destituant Dilma Rousseff.

La présidente argentine de l’époque Cristina Kirchner, l’avait qualifié de « coup d’État ». En Argentine c’est l’opposition liée à Washington qui a remporté l’élection présidentielle avec l’élection de Mauricio Macri. Le Paraguay fut même exclu en 2012 du Marché commun du Sud (Mercosur), de l’Union des nations sud-américaines (Unasur), et de la Communauté d’États latino-américains et caraïbes (Celac) pour cette raison.

Certaines sources accusent même les Etats-Unis d’être derrière ces manipulations de destitutions par institutions des pays interposées. Le président destitué fut embarqué manu-militari vers l’étranger dans une base américaine située dans le pays. Au Paraguay plusieurs sources indiquent qu’après le coup d’Etat, les organisations et les personnalités de l’opposition ou de défense des droits humains furent persécutées et même exécutées par balles pour faire table rase.

Ce sont donc ces pays selon Le Monde et le site elnuevoherald.com qui ont adressé au Venezuela un « courrier » pour lui signifier la suspension de ses droits au sein du Mercosur, citant une source anonyme contactée par téléphone à Rio de Janeiro.

Depuis septembre, ces pays ont empêché Caracas de prendre la présidence semestrielle du bloc sud-américain qui lui revient de droit et se sont octroyés le droit absolu de mettre en place une présidence collégiale tournante. L’objectif visé est de faire plier le pouvoir bolivarien, afin qu’il autorise la destitution du président par le parlement contrôlé par des putschistes en puissance.

Il semble apparaître selon leurs agissements qu’après la prise du pouvoir dans toute l’Amérique du Sud, ces assoiffés de pouvoir absolu envisageraient de conserver le pouvoir pendant de longues années en utilisant de multiples artifices pseudo-démocratiques. Ces pays utilisent le même langage que ceux qui ont toujours parlé au nom de l’humanitaire, du bien fait de l’économie de marché et de la libre concurrence ou de la démocratie, en faisant exactement le contraire de ce qu’ils énoncent dans leurs discours.

Jean de Dieu MOSSINGUE

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