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Une autre fausse paix en Colombie ? Un autre membre des FARC-EP a été tué, le sixième en trois mois

Photo: EFE

En Colombie les processus de paix se ressemblent les uns aux autres, comme s’il faut faire la paix les armes à la main, en gardant une vigilance extrême. Normal à partir du moment où le gouvernement qui ne fait rien d’efficace pour mettre hors d’état de nuire les criminels, tolère les groupes de milices paramilitaires dont certains lui sont liés dès leurs création, puisque créés par l’armée nationale (force auxiliaire de l’armée colombienne), les propriétaires terriens ou les cartels de drogue.

En dépit de l’accord de paix signé et du processus d’abandon des armes et le retour dans la légalité du groupe insurgé, les meurtres des membres des FARC-EP se sont élevés à six, en moins de trois mois. Combien seront-ils dans les jours, mois ou années qui viennent ?

Un autre membre des Forces armées révolutionnaires de Colombie – Armée du peuple (FARC-EP) a été retrouvé mort mercredi dans la municipalité de Ituango, département d’Antioquia, avec lui ce sont maintenant six membres du groupe insurgé qui ont froidement été abattus en moins de trois mois.

Juan Fernando Amaya était dans le processus de réintégration et était retourné à la ville après avoir reçu le bénéfice du pardon le 12 Décembre 2016. Était-ce un piège tendu à ces combattants ? Par le passé dans ce pays d’autres personnes qui étaient dans le même cas de figure ont subi le même sort. Cela fait au total neuf proches des membres des FARC-EP qui ont déjà été tués cette année, ils ont tous rejoint l’accord de paix signé par le gouvernement colombien et le groupe insurgé.

Fallait-il plutôt pour les FARC-EP rester dans le maquis ? Le gouvernement qui a signé cet accord avec le groupe semble ne rien faire d’efficace pour les protéger contre les paramilitaires. Certains de ces paramilitaires historiquement sont liés au même gouvernement et ils ne désarment pas, comme s’ils exécutaient des tâches définies dans l’ombre par des partenaires assoiffés de vengeance. Et cela s’est toujours déroulé ainsi lors des processus de « paix » précédents.

Les autorités disent enquêter sur les causes de ce dernier assassinat, il y a eu pourtant meurtre d’une autre personne 15 jours plus tôt dans la municipalité, a déclaré le maire de Ituango, Hernán Darío Álvarez Uribe. « Juan Fernando Amaya a été abattu à huit heures du soir dans le secteur Chontaduro » a-t-il dit. Comment faire la paix si certains groupes armés ennemis conservent toujours leurs armes pour terroriser les autres ?

Cela se passe exactement comme en Syrie où le gouvernement syrien a été désarmé de ses armes chimiques par l’OAIC sans que les terroristes ou certains pays de la région ne soient dépossédés des leurs. Résultats, les terroristes en ont recours chaque fois que l’on veut incriminer le gouvernement syrien de fausses allégations. La guerre n’a peut-être pas pris la même dimension, mais le fond reste le même.

Les groupes paramilitaires ont assassiné hier Juan Fernando Maya dans la municipalité de Ituango Antioquia. Juan (suite) https://t.co/Lamc28zaEy

     – A EDGAR RAMIREZ (@esguitar) 13 Juillet 2017

L’événement aggrave la situation des droits de l’homme sur le territoire des Ituango, où récemment le Bureau des droits de l’homme a envoyé une alerte avertissant que « les paramilitaires essayaient de revenir à Ituango 13 ans plus tard », et cela après le regroupement des 238 anciens membres du 18ème front des FARC -EP dans la zone Veredal transitoire de normalisation de Sainte-Lucie, où ils sont sensés être intégrés dans le processus de réinsertion dans la vie civile.

Depuis Décembre 2016, des hommes armés auraient forcé les gens à se joindre à des communautés pour établir des règles communautaires et demander l’accès à des informations détaillées des membres des conseils d’action communautaire, selon la plainte du Bureau des droits de l’homme.

Le Médiateur de la Colombie, Carlos Alfonso Negret, a également exprimé sa préoccupation au sujet des assassinats ciblés contre les membres des FARC-EP, du processus d’abandon des armes et de retour à la vie civile, et a averti que le nombre de dirigeants des mouvements sociaux tués depuis Janvier 2016 est de 186, et 52 ont eu lieu en 2017.

En outre, 500 militants des droits de l’homme et les dirigeants ont été menacés depuis Janvier de l’année dernière, a-t-il dit.

Profonde tristesse et solidarité avec les familles des 52 dirigeants tués en 2017. Pas plus de violence politique dans notre pays!

     – Rodrigo Londoño (@TimoFARC) 13 Juillet 2017

Comme quoi en Colombie lorsque vous décidez d’entrer dans un processus de paix, n’y aller pas tête baissée, puisqu’on ne connait pas ceux qui officiellement manipulent ces paramilitaires. Ces derniers peuvent avoir pour mission de nettoyer dans l’ombre l’écurie de personnes gênantes. Car cette démarche criminelle dure depuis trop longtemps, nombreux de ceux qui se sont reconvertis, avec les défenseurs des droits de l’homme ou les dirigeants des mouvements sociaux ont été éliminés par armes à feu. Comme si le but est selon Wikipédia « de semer la terreur et de détourner les soupçons concernant la responsabilité des forces armées dans les violations des droits humains ». À qui profitent donc ces crimes ?

Source : MIRASTNEWS avec Telesur

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