A la Une

Le militant anti-franc CFA Kémi Séba expulsé du Sénégal pour «menace grave à l’ordre public» + Notre commentaire

Kémi Séba/© FRANCK FIFE / AFP

L’entourage de l’activiste de la cause noire Kémi Séba a fait savoir que ce dernier était en voie d’expulsion vers la France. Il a été arrêté au Sénégal, où il avait déjà été interpellé puis relaxé après avoir brûlé un billet lors d’une protestation.

«Le gouvernement de la République du Sénégal a prononcé une mesure d’expulsion du territoire national sénégalais à l’encontre du ressortissant franco-béninois Stélio Gilles Robert Capo Chichi, alias Kémi Séba [dont] la présence sur le territoire national constitue une menace grave pour l’ordre public», a fait savoir le ministère sénégalais de l’Intérieur dans un communiqué du 6 août cité par l’AFP.

Le 25 août, le militant panafricaniste avait été placé en détention préventive pour avoir brûlé un billet de 5 000 francs CFA (7,6 euros) lors d’une manifestation contre la «Françafrique» le 19 août. Poursuivi par la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), il avait finalement été relaxé le 29 août.

«Son expulsion a été prononcée pour devenir immédiatement exécutoire. [Il] sera mis en route, ce jour, vers son lieu de provenance», peut-on encore lire, sans pour autant savoir de quel pays il s’agit.

Le ministère a jugé que l’activiste s’était fait remarquer par des «propos désobligeants» visant des chefs d’Etat et des dirigeants africains et a pris cette décision afin d’éviter que la présence sur le sol sénégalais de Kémi Séba n’occasionne «des actions préjudiciables à l’ordre public en appelant à des rassemblements intempestifs sur la voie publique».

«La déportation ne restera pas impunie»

L’un des avocats du militant, Khouraissi Bâ, a confirmé à l’AFP qu’il avait été renvoyé vers la France. Il a dénoncé une «expulsion illégale» et annoncé un recours contre cette décision.

Selon un communiqué publié sur la page Facebook de l’activiste de la cause noire, Kémi Séba aurait été arrêté en début d’après-midi à son domicile de Dakar et se serait vu notifier une expulsion du territoire sénégalais vers la France.

Le communiqué promet, sur un ton menaçant, que la «déportation de Kémi Seba sous l’injonction de la France ne restera pas impunie».

En France, Kémi Séba avait été le dirigeant de la Tribu Ka, un groupuscule dissout en 2006 pour antisémitisme et incitation à la haine raciale.

Source: RT France

Notre commentaire

Le président Macky Sall comme d’autres défenseurs de la cause du franc CFA ne supportent plus que cette monnaie qui porte les stigmates de la colonisation, puisse être vilipendée par ceux qui se sentent meurtris dans leur chair par la période coloniale et esclavagiste. En effet, CFA a été un jeu de mots pour tromper les esprits les plus faibles. Car CFA signifiait à l’origine Colonie Française d’Afrique, puis aux indépendances datant des années 1960, les esprits malins colons tant africains que français l’ont tourné à leur avantage en l’appelant abusivement Communauté financière africaine. En réalité la monnaie est restée dans sa forme de départ scellant dans l’immobilisme à jamais les économies des pays qui y sont liés. La lutte dans ce sens est symbolique pour que la fausse mutation du Franc CFA de l’époque colonial en Franc CFA des indépendances acquises, laisse la place à une monnaie détachée de toute forme de domination, comme l’Afro en comparaison à l’Euro qui a fait disparaître le Franc français. Le Franc CFA est perçu comme l’instrument d’enrichissement des françafricains et de l’appauvrissement des populations. Le gouvernement de Macky Sall et la BCEAO aiment tellement cette monnaie que les populations africaines ne veulent plus, sont dans un premier temps passés par la justice sénégalaise dans l’espoir de l’envoyer en prison pour un certain temps, afin de faire taire le mouvement revendicatif. C’est mal connaître la détermination des panafricanistes qui sont déterminés à faire disparaître cette monnaie qui déshonore l’Afrique et les Africains. La justice sénégalaise l’ayant relâché purement et simplement, Kémi Seba n’a pas abandonné la lutte, au contraire un autre rendez-vous est pris pour la deuxième quinzaine de septembre, ce qui a suscité le courroux des autorités sénégalaises, s’accrochant sur quelques éléments des critiques portées par Semi Keba contre certains des dirigeants africains à l’instar de Alassane Dramane Ouattara de Côte d’Ivoire qui continuent contre vents et marées à vanter les mérites de cette monnaie, alors qu’en Côte d’Ivoire par exemple, le taux de chômage réel est très élevé (en 2015 le gouvernement ivoirien reconnaissait qu’il était de 25%, d’autres parlent de 42% de la population active) et des actions impopulaires sont prises contre la plus grande masse des populations. Il faut dire que seules quelques élites dans cette partie d’Afrique et quelques minorités profitent depuis les indépendances de la monnaie franc CFA, n’offrant aucun espoir à leurs populations d’être massivement et directement les acteurs essentiels d’un développement économique, scientifique, technologique et financier auto-entretenu dans le temps et leurs espaces.

MIRASTNEWS

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :