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Poutine s’est-il trop avancé en faisant confiance au processus de paix de Genève? « Moscou dénonce une «interaction directe» entre la coalition US et Daech en Syrie »

Char américain dans al ville syrienne de Qamishli/© Rodi Said Source: Reuters

Les Etats-Unis d’Amérique ne respectent jamais à la lettre leur parole donnée ni les accords signés. Pour qu’un processus international de négociation fonctionne correctement et aboutit à des résultats tangibles, il faut que toutes les parties utilisent les mêmes codes, règles et parlent le même langage diplomatique. C’est ce qui permet une sortie de crise par le haut.

L’action de Vladimir Poutine et la Russie est de faire en sorte que la communauté internationale aide les syriens à retrouver une véritable paix. Or les Etats-Unis d’Amérique aiment tellement leur système juridique et politique qu’ils n’appliquent que ce que ces derniers leur dictent. Et là-bas, il existe un système politique parallèle dont le Président Trump n’a aucune maîtrise, on le nomme l’Etat profond. C’est ce deuxième système de l’ombre qui écrit et dicte la loi.

Même si de bonne foi le président Donald Trump acceptait de résoudre pacifiquement le conflit syrien, l’Etat profond le rappellerait à l’ordre en faisant exactement le contraire de ce qu’il dit. Lui-même s’en est plaint, il dit que c’est des imbéciles et des haineux.

Ce n’est donc pas le moment d’ouvrir totalement les portes de la diplomatie, car l’Etat profond affectionne la force et doit être dans certains cas mis devant les faits accomplis. Il s’agit d’accepter d’aller jusqu’au bout de la bataille pour conquérir la souveraineté totale de la Syrie, sinon le Bashar doit partir reviendra sur toutes les lèvres à Genève.

Or seul le peuple syrien est souverain et peut décider de l’avenir de son pays. Il ne pourra le faire que dans les urnes comme les Etats-Unis aiment tant à la chanter partout dans le monde, même s’ils s’acoquinent avec ou imposent souvent de plus grandes dictatures lorsque cela les arrangent et sauvegardent leurs intérêts profonds. Le Business only !

Pourtant quelques jours seulement après les déclarations de bonnes intentions du Vietnam, la vérité refait surface, démontrant l’impossibilité de sauvegarder l’intégrité territoriale de la Syrie en dialoguant avec ceux qui le refusent et attisent le feu en y jetant du carburant hautement inflammable.

Selon Sputnik, le ministère russe de la Défense a présenté des preuves photographiques démontrant que des détachements de Daech fuyaient la ville syrienne d’Abou Kamal, considérée comme le dernier fief du groupe terroriste, se dirigeant vers le point de passage de Wadi al-Sawab à la frontière irakienne, pour ne pas être atteints par les frappes aériennes russes et syriennes. La ville a été reprise par l’Armée arabe syrienne et ses alliés la semaine dernière.

Il semble que la coalition sous commandement des Etats-Unis d’Amérique qui dit pourtant combattre le terrorisme a refusé de les bombarder comme cela a été déjà signalé auparavant par les forces militaires russes. Selon le ministère russe de la défense, les forces de la coalition dirigée par les Etats-Unis d’Amérique ont soutenu que les djihadistes « se constituent prisonniers devant eux » et se voient appliquer la convention de Genève sur les prisonniers de guerre».

Or ces mêmes djihadistes sont revenus en force en contre-attaquant pour essayer de reprendre la ville désormais aux mains des forces gouvernementales. Les combattants de Daech étaient dotés d’armements lourds et de véhicules de combats, se sont regroupés par la suite sur le territoire contrôlé par la coalition américaine pour revenir en force attaquer les forces gouvernementales.

La conclusion tirée est que les États-Unis d’Amérique qui se sont ingérés dans le conflit sans l’accord du gouvernement syrien, collaborent étroitement avec les combattants de Daech et leur apportent le soutien nécessaire à leur survie et peut être même pour leur éventuelle régénération, alors qu’ils disent combattre le terrorisme tant en Irak qu’en Syrie. Le ministère russe de la Défense soutient avoir des preuves irréfutables. Cette façon d’agir avait déjà été dénoncée par l’Armée russe lors de la conquête de plusieurs localités comme Raqqa en Syrie ou Mossoul en Irak.

Cela démontre l’impossibilité d’avancer vers l’avant si les coups fourrés continuent à pleuvoir sur le terrain militaire. Car Sergueï Lavrov l’affirme lui-même selon Sputnik que : « le plus grand danger [pour la Syrie, ndlr], ce sont des protégés des États-Unis, c’est-à-dire les terroristes étrangers, les combattants, qui se nichent dans les groupes de l’opposition armée soutenue par les États-Unis ».

Or officiellement les Etats-Unis d’Amérique disent qu’ils les combattent farouchement. Mais le ministère de défense russe déclare que l’aviation de la coalition dirigée par les Etats-Unis d’Amérique ont effectué des manœuvres visant à empêcher les forces aériennes russes de bombarder les terroristes et même d’opérer dans cette région. « Les avions de combat de la coalition américaine entraient dans l’espace aérien sur 15 km au-dessus de la zone autour d’Abou Kamal pour entraver le travail des avions de l’armée de l’air russe », rapporte Sputnik.

Il s’agit là d’un élément délibéré de la corbeille stratégique mis en place pour gagner du temps et attendre paisiblement un retournement de situation. D’ailleurs Washington annonce les couleurs en affirmant que la «progression» du processus de Genève est la seule condition qui ferait que ses forces quittent le territoire Syrien que ses forces armées violent copieusement. Cela prouve que les Etats-Unis d’Amérique qui sont intervenus en 2014 sans le consentement des autorités syriennes, ont des vues cachées sur les hydrocarbures et leurs voies d’acheminement en Syrie.

La difficulté de mettre en place le gazoduc Nabucco est l’élément déclencheur de la guerre. C’est la raison pour laquelle les forces kurdes qu’ils contrôlent ont foncé sur les champs d’hydrocarbures pour devancer les forces syriennes, poussées par le Pentagone, fer de lance du jeu géopolitique des Etats-Unis d’Amérique.

Washington compte se retirer du théâtre syrien si des forces qui lui sont favorables arrivent au pouvoir, cela signifie qu’un blocage réel sera opéré et que les forces militaires des Etats-Unis d’Amérique sont encore là pour longtemps, à moins que la Russie, la Syrie et leurs alliés révisent également continuellement le contenu de leur gibecière stratégique. Sans l’aval du gouvernement syrien, toute force militaire étrangère qui s’installerait par la force des armes est un élément hostile qui mène une agression contre la souveraineté syrienne et viole la charte et les principes de l’ONU qu’utilisent les négociateurs de Genève.

Jean de Dieu MOSSINGUE

MIRASTNEWS

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