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Des chars ont afflué dans la capitale du Zimbabwe et « transition sans effusion de sang » après que le chef militaire ait menacé d’intervenir

Un convoi de véhicules militaires dont des blindés de transport de troupes et de chars zimbabwéens a été vu roulant mardi 14 novembre vers la capitale Harare. Les actions militaires mystérieuses surviennent juste un jour après que le chef militaire de la nation ait déclaré qu’il était prêt à « intervenir » contre la purge des partisans du vice-président déchu Emmerson Mnangagwa.

Reuters a rapporté que plusieurs véhicules blindés ont été vus à seulement 14 miles des limites de la ville de Harare, venant apparemment de la ville voisine de Chinhoyi. « Il y avait environ quatre chars et ils ont tourné juste ici, vous pouvez voir des marques sur la route », a déclaré un témoin à Reuters par la route menant à l’enceinte de la Garde présidentielle qui abrite le bataillon de garde du président Robert Mugabe.

chers militaires Zimbabwe

Des soldats se tiennent à côté de véhicules militaires juste à l’extérieur de Harare, au Zimbabwe, le 14 novembre 2017. REUTERS / Philimon Bulawayo

L’Associated Press parle lui de trois véhicules blindés de transport de troupes ayant à bord plusieurs soldats formant un convoi sur une route menant à une caserne près de la capitale, Harare. C’est pour la première fois qu’une rupture ouverte se produit entre l’armée et le président Robert Mugabe, âgé de 93 ans.

L’armée ayant toujours été un pilier essentiel du pouvoir du président Robert Mugabe depuis l’indépendance arrachée à la minorité blanche en 1980. Une vendeuse de fruits anonyme près du centre commercial Westgate a déclaré à l’AFP avoir vu le convoi de véhicule militaires à environ 10 km du centre de la capitale.

Pendant ce temps, dans la ville elle-même, les affaires ont continué comme d’habitude. Les médias d’État n’ont pas signalé les chars et les représentants du gouvernement n’ont pas commenté. Mugabe, le président de la nation depuis 1987, a présidé une réunion ordinaire du cabinet hebdomadaire. Sur Twitter, le parti de Mugabe, l’Union nationale africaine du Zimbabwe – Front patriotique (ZANU-PF), a démenti les rumeurs de coup d’Etat militaire.

Le 6 novembre, Emmerson Mnangagwa a été dépouillé de la vice-présidence par Mugabe, limogé pour avoir prétendument affiché « des traits de déloyauté, d’irrespect, de tromperie et de manque de fiabilité ». Il est accusé d’avoir comploté pour prendre le pouvoir par diverses pratiques dont la sorcellerie.

Mnangagwa, qui s’est battu pour l’indépendance du Zimbabwe dans les années 1970 et a occupé divers postes au sein du gouvernement depuis l’indépendance de la Rhodésie en 1980, était considéré comme le successeur le plus probable de Mugabe, âgé de 93 ans. Il a fui le pays et a déclaré que sa famille et lui étaient menacés.

La presse parle de plus d’une centaine de hauts responsables le soutiennent, mais auraient été sanctionnés par une faction associée à l’épouse du président Mugabe, Grace Mugabe. C’est semble-t-il tous ces éléments réunis qui auraient poussé lundi, le commandant de l’armée, chef d’Etat-major de l’armée Constantino Chiwenga, à publier une déclaration cinglante appelant à cesser immédiatement les purges contre les hauts responsables du parti ZANU-PF au pouvoir qui ont participé à la guerre de libération nationale des années 1970.

Il était ministre du gouvernement depuis des décennies. Mais avec Mnangagwa à l’écart, l’épouse de Mugabe, Grace Mugabe, âgée de 52 ans, devint le successeur le plus probable de la présidence. Beaucoup plus jeune que la plupart des grands ministres du Zimbabwe, qui ont été au pouvoir depuis l’indépendance, Grace a développé un fort suivi auprès de la Ligue de la jeunesse (Youth League) de la ZANU-PF.

Mugabe et Grace Mugabe

Le président zimbabwéen Robert Mugabe le 8 novembre 2017 (Par AFP)

Depuis son mariage avec Robert en 1996, Grace a lentement commencé à éliminer progressivement les ministres et les hauts fonctionnaires du gouvernement, tels que l’ancien vice-président Joice Mujuru, en faveur des plus jeunes qui lui sont fidèles. Elle a également acquis une réputation de prodigalité et de corruption, avec WikiLeaks alléguant en 2010 qu’elle avait personnellement profité de l’industrie minière du diamant du pays.

Chiwenga chef d Etat major de l Armée Zimbabwe

Le général de l’armée du Zimbabwe Constantino Chiwenga, commandant des Forces de défense du Zimbabwe, s’adresse à une conférence de presse tenue au siège de l’armée zimbabwéenne le 13 novembre 2017 à Harare. Crédit: AFP

En comparaison, Constantino Chiwenga, commandant des forces de défense du Zimbabwe, a généralement gardé un profil bas dans la politique zimbabwéenne. Cependant, il a publiquement menacé d’intervenir après le retrait de Mnangagwa, qui est populaire auprès des militaires et des personnalités de l’ère de l’indépendance.

« Nous devons rappeler à ceux qui sont derrière les manigances perfides actuelles que, lorsqu’il s’agit de protéger notre révolution, les militaires n’hésiteront pas à intervenir », a déclaré Chiwenga à la presse lundi. Des sources indiquent que l’armée craint que Mugabe ait été séquestré par sa femme et certaines personnes.

Le président Mugabe est resté silencieux face à cette sortie du commandant de l’armée. Le porte-parole du gouvernement Simon Khaya Moyo a déclaré que seul le président pouvait répondre.

Les médias d’Etat n’ont pas publié la déclaration de Chiwenga. Des journaux indépendants tels que The Herald en ont parlé dans une certaine mesure, mais ils ont supprimé leurs tweets le concernant lundi.

« Défendre la révolution et notre leader et président est un idéal pour lequel nous vivons et, si besoin est, c’est un principe pour lequel nous sommes prêts à mourir », a déclaré Kudzai Chipanga, qui dirige la Ligue de la jeunesse de la ZANU-PF. Il a ajouté que la menace de Chiwenga a subverti la constitution.

Grace Mugabe

« En tant que jeunes, nous ne croyons pas au patriarcat, les femmes peuvent aussi être des leaders. Nous voulons [Grace] Mugabe comme vice-présidente parce qu’elle peut bien travailler avec le président et elle peut l’aider à diriger la nation », a déclaré Chipanga.

Mugabe, qui a facilement remporté toutes les élections présidentielles depuis 1990 (au milieu des accusations de fraude électorale et d’intimidation), a annoncé qu’il se présenterait de nouveau à l’élection présidentielle de 2018. S’il gagne et démissionne ou meurt par la suite, il aura le pouvoir de désigner unilatéralement un successeur.

Des échanges de tirs et des explosions ont été entendus dans la nuit de mardi à mercredi aux environs de deux heures du matin, pendant trois à quatre minutes, à proximité de la résidence privée du président Mugabe à Harare, dans le quartier de Borrowdal. Cependant, des officiers ont démenti qu’un coup d’État militaire était en exécution au Zimbabwe et assuré que le président Robert Mugabe et sa famille étaient sains et saufs, leur sécurité étant garantie.

Capture coup militaire Zimbabwe

Le porte-parole de l’armée lisant à la télévision le message de l’armée/Capture d’écran Youtube

D’autres source signalent qu’en réalité, l’armée du ZIMBABWE a pris le pouvoir à Harare et a placé le président Robert Mugabe en résidence surveillée et parle de «transition sans effusion de sang», dans quelle mesure cette affirmation serait-elle conforme à la réalité sur le terrain ? Certains rapports mentionnent que Grace Mugabe pourrait quitter le Zimbabwe et que le président Mugabe se prépare à démissionner.

Des sources déclarent que la ZANU-PF affirme que le pouvoir serait confié à l’ancien vice-président Emmerson Mnangagwa qui dirigerait le parti pendant une période intérimaire. La presse indique que le général Constantino Chiwenga a rencontré vendredi dernier le ministre chinois de la Défense Chang Wanquan vendredi à Pékin.

Capture Vice président limogé Zimbabwe

Emmerson Mnangagwa (photographié en janvier avec sa femme Auxilia), est vétéran des guerres de libération des années 1970 au Zimbabwe, il a été limogé par Mugabe de son poste de vice-président au début du mois et est rentré d’exil. Est-il l’initiateur de ce coup de force avec l’armée ?

D’autres sources relèvent que le président Mugabe et sa femme coopèrent étroitement avec l’armée. Cela pourrait faire qu’un compromis soit trouvé repositionnant le président à sa place dans un retour au respect de l’ordre constitutionnel jusqu’au prochaines élections présidentielles, où Mr Emmerson Mnangagwa serait confirmé comme successeur de Mr Robert Mugabe. Le vrai problème dans cette affaire ne serait pas le président de la République, plutôt l’entourage.

Des véhicules militaires dont des chars et des camions, bloquent les rues. Les soldats et des véhicules blindés ont bloqué les routes vers les principaux bureaux gouvernementaux, le parlement et les tribunaux du centre de Harare. Les soldats chargeaient des munitions dans des camions. Une colonne de chars est entrée dans le quartier des affaires de la capitale. La panique pousse les populations du Zimbabwe à se précipiter vers les banques pour retirer des fonds. Une queue se formait par exemple devant la banque CBZ à Harare.

La division de la jeunesse du parti au pouvoir au Zimbabwe a tweeté: « Contrairement aux rapports internationaux, la vaillante armée zimbabwéenne n’a pas organisé de COUP.  « Il n’y a pas de COUP au Zimbabwe. Il n’y a pas non plus de crise. « L’armée est simplement en train d’effectuer un projet national démocratique et elle le fait avec aplomb pacifique. »

Ceux qui sont visés par les militaires selon leurs affirmations, sont les « criminels » de l’entourage du héros de l’indépendance Robert Mugabe « commettant des crimes qui causent des souffrances sociales et économiques dans le pays », « dans le but de les traduire devant la justice », selon le major-général de l’armée zimbabwéenne SB Moyo, chef d’état-major logistique.

Les soldats zimbabwéens se sont emparés du siège social du radiodiffuseur d’État de Zimbabwe Broadcasting Corporation (ZBC) pour « protéger » le site, selon leur dire aux employés qui se trouvaient sur place et se plaignant quand même d’avoir été malmenés. Le secrétaire national aux affaires de la Ligue de la jeunesse, Mr K Chipanga nommé par Mugabe en septembre 2016 aurait été arrêté, ainsi que le ministre des Finances Ignatius Chombo qui soutenait Grace Mugabe.

Ce dernier avec Mr Jonathan Moyo appartenaient au groupe G40, une faction minoritaire politique de la ZANU-PF qui n’aurait pas de lien avec la lutte de libération nationale, ayant en quelque sorte démythifié la légende de la lutte de libération  du pays. Pour l’armée, une telle activité est criminelle, car selon elle Mugabe était entrain de de perdre le contrôle du parti du fait que ce qui se fait est de moins en moins lié à la lutte de libération nationale.

Sources : MIRASTNEWS avec Sputniknews, Press TV

Récemment le président Mugabe a vendu une grande partie de son cheptel animal et a offert les recettes d’un milliard de dollars à l’Union africaine. Quelques dates du long règne du président Robert MUGABE du Zimbabwe en un coup d’œil:

1980: Mugabe est nommé Premier ministre après les élections d’indépendance

1982: Après avoir conquis l’indépendance dans une âpre lutte, une action militaire a été menée dans le Matabeleland contre un soulèvement en gestation; le gouvernement est accusé par les occidentaux hostiles d’avoir tué des milliers de civils dans son pays, ce que le gouvernement conteste.

1987: Mugabe change de constitution et devient président

1994: Mugabe reçoit la chevalerie britannique honoraire

2000: Les blancs très minoritaires détiennent la plus grande partie des terres fermes et refusent le partage équitable avec la majorité noire, le gouvernement les fait saisir; Les donateurs occidentaux en profitent pour couper l’aide.

2005: Les Etats-Unis d’Amérique appellent le Zimbabwe un «avant-poste de la tyrannie», pourtant ils coopèrent étroitement avec des pays comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar qui ne sont pas démocratiques

2008: Mugabe et le candidat de l’opposition Morgan Tsvangirayi acceptent de partager le pouvoir après des élections contestées; La reine Elizabeth II d’Angleterre annule la chevalerie honorifique de Mugabe

2011: Le Premier ministre Tsvangirayi déclare que le partage du pouvoir est un échec au milieu de la violence

2013: Mugabe gagne son septième mandat présidentiel comme le permet la constitution; l’opposition frustrée allègue la fraude électorale, pourtant le président reste très populaire dans le pays

2016: (Hash) Ce mouvement de protestation Flags surgit; les anciens combattants de l’indépendance se tournent vers Mugabe, l’appelant «dictatorial»

2017: Mugabe commence à faire campagne pour les élections de 2018

6 novembre: Mugabe vire le député Emmerson Mnangagwa, qui semble placer la première dame Grace Mugabe au poste de vice-président

15 novembre: L’armée annonce que Mugabe et sa femme sont en garde à vue alors que les militaires semblent prendre le contrôle

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