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Est-ce une injustice anti-révolution introduite au Zimbabwe par le président Mnangagwa? + Notre Problématique

Le premier fermier blanc revient sur des terres déjà saisies sous le nouveau chef d’Etat du Zimbabwe

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Un fermier zimbabwéen blanc et sa famille, expulsés sous la menace par le gouvernement de Robert Mugabe il y a six mois, sont revenus dans sa communauté pour une réception joyeuse, devenant ainsi le premier fermier blanc à récupérer ses terres sous le nouveau gouvernement du président Emmerson Mnangagwa.

Robert Smart, un agriculteur de 71 ans, et sa famille sont retournés à la ferme de Lesbury, à environ 200 km de la capitale du Zimbabwe, Harare, jeudi, sous escorte militaire. Smart a été rencontré par les résidents locaux et des dizaines de ses anciens employés, qui l’ont salué avec des acclamations, des chants et de l’ululation et des poings levés dans les airs.

Les habitants jubilants ont presque renversé le fermier alors qu’il descendait d’une voiture sur sa terre. « Je suis en extase, les mots ne peuvent décrire le sentiment », a déclaré Darryn Smart, le fils du fermier, s’adressant à AP. « Revenir à la ferme a donné non seulement à nous, mais toute la communauté espère que c’est un nouveau Zimbabwe, un nouveau pays », a-t-il ajouté, selon Reuters.

Anna Matemani, 83 ans, dont la famille a grandi sur la ferme de Smart, a déclaré qu’elle était heureuse de voir la famille revenir. «Il nous a toujours aidés et la ferme fournit des emplois à beaucoup de nos jeunes», a-t-elle déclaré.

Smart et sa famille ont été forcés de quitter leur ferme sous la menace d’une arme en juin par la police anti-émeute armée de fusils d’assaut et de gaz lacrymogène. Les observateurs affirment que son retour, rendu possible grâce à l’initiative personnelle du nouveau président Mnangagwa, a suscité l’espoir que la politique d’éviction des fermiers blancs, une pratique courante sous le dirigeant zimbabwéen Robert Mugabe, a pris fin.

Les Zimbabwéens blancs représentent moins de 1% de la population du pays, mais pendant l’ère coloniale et ses conséquences immédiates, ils possédaient de vastes étendues de certaines terres les plus productives de la nation d’Afrique australe. Sous Mugabe, les fermiers blancs ont été expulsés, souvent violemment, à partir de 2000. En 2017, seulement quelques centaines des quelque 4 500 fermes appartenant à des Blancs sont restées. Les agriculteurs se plaignaient auparavant que les expulsions se poursuivaient même après que Mugabe ait indiqué que la politique de saisie des terres remonte à plus de quatre ans.

Mugabe a été contraint de démissionner le mois dernier par son propre parti au pouvoir et l’armée, Mnangagwa prenant la tête et promettant de corriger certaines des injustices commises sous son prédécesseur. Le nouveau président devrait mener des réformes agraires et mettre en œuvre d’autres politiques pour permettre le retour des investisseurs étrangers effrayés par Mugabe. Le nouveau gouvernement a ordonné à ceux qui occupaient les terres des fermiers blancs de partir.

Le pays est actuellement confronté à des problèmes économiques majeurs, notamment un chômage de masse, une flambée des prix et une pénurie de devises. Les observateurs estiment que le président Mnangagwa cherche à relancer l’économie dans la perspective des élections l’année prochaine. « Les choses ont changé, c’est une nouvelle ère », a-t-il déclaré jeudi lors d’une réunion avec les chefs d’entreprise de l’Afrique du Sud voisine.

Traduction :MIRASTNEWS

Source : Sputnik News

Notre problématique

Même si le souci de redynamiser l’économie est une préoccupation bien réelle, le nouveau chef d’Etat va-t-il institutionnaliser les pratiques de l’ère coloniale et reconnaitre ainsi les nombreuses injustices héritées ? Va-t-il passer l’éponge sur le fait que ce sont les partenaires étrangers puissants qui sont à l’origine d’une grande partie des difficultés que rencontre le Zimbabwe, en y instaurant des sanctions injustifiées contre la nation et le peuple zimbabwéens ? Va-t-il trahir l’esprit de la juste lutte contre les pratiques de l’ère coloniale ? Va-t-il oublier qu’en Afrique du Sud le fait de ne pas regarder la vérité en face en pointant les vrais maux, on a pris les étrangers africains comme les boucs émissaires des difficultés internes en les massacrant, ceux-là même dont les pays l’ont aidé à se libérer de l’emprise du système colonial et inhumain de l’Apartheid ? Pense-t-il que les conditions de partage équitable des ressources sont réellement réunies en Afrique du Sud pour que le Zimbabwe les reproduise dans son modèle de société ? Quel est donc le modèle de société que veulent construire les nouvelles autorités dans ce pays ? Pourraient-elles reproduire et injecter les tares de gestion et de développement économique de l’ancienne Rhodésie comme le souhaitent les pays Occidentaux ? Quelle place la très grande majorité noire (plus de 99% de la population) pourrait-elle occuper au sein du système économique national ? Quel poids réel occupera la minorité blanche dans l’économie du pays et en particulier dans l’occupation des terres et le développement de l’agriculture ?

Jean de Dieu MOSSINGUE

MIRASTNEWS

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