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Armes chimiques: le plus dangereux, c’est Damas ou Daesh?

© Sputnik. Andrei Stenine

La Syrie est la priorité n° 1 de l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques depuis leur utilisation sur le terrain entre 2012, 2013 et 2017. Pourtant, le nouveau directeur général de l’agence estime que la principale menace que représentent ces armes de destruction massive pourrait bien se situer ailleurs. Explications.

L’agence onusienne de lutte contre les armes chimiques fête ses vingt ans en changeant de directeur. Dirigée depuis 2009 par Ahmet Uzumcu, ancien ambassadeur de Turquie à Damas, elle n’avait pas hésité à s’impliquer publiquement dans le dossier syrien. L’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC) avait d’ailleurs été récompensée d’un prix Nobel de la Paix pour son rôle dans le démantèlement de l’arsenal chimique syrien.

Dans un entretien avec nos confrères de El País, son remplaçant, l’espagnol Fernando Arias Gonzalez, s’est montré plus mesuré face au gouvernement de Bachar El-Assad. Interrogé sur les stocks d’armes chimiques en Syrie, il déclarait que «toutes les armes chimiques déclarées par Damas ont été détruites» même s’il a ensuite émis des réserves en ajoutant que «l’OIAC a pu confirmer l’existence de lacunes et de contradictions dans les déclarations des autorités syriennes».

Le nouveau directeur général, qui entrera en fonction en 2018, estime que le danger de ces armes ne se situe pas chez les pays qui ont ratifié la Convention sur l’interdiction des armes chimiques de 1993. Interrogé sur les garanties que ce genre d’armes ne soit pas employé dans d’autres conflits, il fait ressortir deux types de risques: les menaces provenant des «gouvernements qui ne respectent pas la convention», donc les États non-membres de l’OIAC et les risques liés au terrorisme et au crime organisé.

En identifiant comme menace les pays n’ayant pas ratifié la Convention de 1993, M. Arias Gonzalez cible trois pays: l’Égypte, Israël et la Corée du Nord. Plusieurs raisons expliquent la position du diplomate espagnol. Ces trois pays sont les seuls à ne pas avoir divulgué l’état de leur stock d’armes chimiques. N’étant soumis à aucun contrôle, contrairement au reste de la planète, ils sont en théorie capables de produire ces armes et sont, bien qu’il n’existe aucune preuve du fait de l’opacité des gouvernements, soupçonnés d’en posséder.

De plus, la situation géopolitique délicate tant au Moyen-Orient que dans la péninsule coréenne fait craindre l’usage de telles armes, même si leur rôle est avant tout dissuasif. Les joutes verbales opposant Donald Trump et Kim Jong-un sont une source de préoccupation majeure tandis que les récentes évolutions de la situation à Jérusalem ont fait resurgir le difficile voisinage entre Israël et ses voisins arabes.

«Il semble peu probable qu’Israël et l’Égypte renoncent à l’arsenal chimique qu’ils peuvent avoir. Il semble également peu probable qu’ils en fassent usage, à cause de leur impopularité».

Arias Gonzalez fait néanmoins la différence entre ces pays et les réseaux illégaux, qu’ils soient terroristes ou mafieux.

Car c’est bien là tout le problème que pointe le diplomate. Il est aujourd’hui beaucoup plus facile pour le terrorisme et le crime organisé d’acheter les matières premières nécessaires à la fabrication d’armes chimiques. Ces substances, comme le chlore ou l’ammoniaque, «peuvent provoquer de graves dégâts alors que leur usage est courant dans l’industrie».

Comme pour les armes nucléaires, on s’inquiète donc de plus en plus de la capacité des groupes non étatiques à mettre la main sur des armes chimiques, car la menace provenant d’un autre État, bien qu’existante, reste faible au vu des conséquences, tant en termes d’image sur la scène internationale que juridique, l’utilisation d’armes chimiques étant considéré comme un crime de guerre. Des préoccupations qui pèsent peu quand on s’appelle Daech…

Source : Sputnik News – France

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