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Poutine réaffirme à Assad le soutien russe à la souveraineté syrienne – quelle stratégie poursuit Erdogan?

© Sputnik Photo Agency
Le président russe Vladimir Poutine et son homologue syrien Bachar el-Assad, à Sotchi, le 20 novembre 2017

Pour ses vœux de Nouvel An, Poutine réaffirme à Assad le soutien russe à la souveraineté syrienne

Alors que les Russes ont entamé le retrait de leurs forces déployées pour lutter contre les djihadistes en Syrie, Vladimir Poutine a assuré le président syrien de son soutien, dans la défense de sa souveraineté nationale.

Selon l’agence Reuters, dans les vœux qu’a adressés Vladimir Poutine au président syrien Bachar el-Assad pour le Nouvel An, le 30 décembre, le maître du Kremlin a confié à son homologue : «[La Russie] continuera à apporter toute aide à la Syrie pour protéger sa souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale de l’Etat, pour promouvoir un processus d’accord politique et pour restaurer l’économie nationale.»

Dans le courant du mois de décembre, le président russe avait annoncé le retrait de l’essentiel des troupes russes déployées sur le sol syrien pour lutter contre les djihadistes, jugeant leur mission accomplie. Le 12 décembre, un premier groupe d’avions militaires russes avait quitté la Syrie. Six jours plus tôt, le chef de l’état-major des armées russes, Valery Gerasimov, avait déclaré que la Syrie était libérée de l’Etat islamique, évoquant la destruction de «toutes les unités terroristes de combat associées à Daesh».

Pour autant, les autorités russes ont annoncé qu’elles conserveraient en Syrie leur base aérienne de Hmeymim dans la province syrienne de Latakia, ainsi que leurs installations navale dans le port de Tartous. La chambre basse du Parlement russe, la Douma, a d’ailleurs ratifié le 21 décembre un accord passé avec Damas, autorisant l’extension de la base navale dont la Russie disposait déjà à Tartous.

Si Moscou a souligné que Daesh était vaincu en Syrie, Damas n’a encore pas retrouvé le plein contrôle de son territoire national : des forces militaires étrangères déployées sur le sol syrien sans l’autorisation des autorités nationales, restent en effet présentes. Le 22 décembre, l’ambassadeur de Syrie auprès des Nations unies, Bachar al-Jaafari, avait enjoint les troupes américaines et turques à quitter le pays au plus vite. Or, en novembre, les Etats-Unis avaient fait savoir, par la voie du secrétaire américain à la Défense, James Mattis, qu’il n’était pas prévu que les troupes américaines partent pour l’instant.

Source: RT France

Pourquoi Erdogan a-t-il traité à nouveau Assad de terroriste ?

Des hommes armés pro-Turquie combattent dans la ville d’al-Bab dans la province septentrionale d’Alep et à 25 kilomètres au sud de la frontière turque, le 22 février 2017. ©AFP

Dans un tout récent article, Abdel Bari Atwan, l’éditorialiste du journal panarabe basé à Londres Rai al-Youm revient sur la toute dernière sortie anti-Assad du président turc qui rappelle les pires moments des ingérences d’Ankara aux côtés des terroristes en Syrie. L’article s’interroge sur les raisons de cette colère soudaine du président turc et de ses impacts sur les retrouvailles turco-russes. 

« Le président turc est de loin l’un des dirigeants les plus impétueux et les plus volatiles du Moyen-Orient et de ceci, on a l’habitude. Mais sa sortie particulièrement virulente contre le président Assad, lors d’un point de presse conjoint avec son homologue tunisien, survient à peine un mois après l’annonce de l’ouverture de canaux de dialogue avec le président syrien à bord d’un avion qui le ramenait de Sotchi. Recep Tayyip Erdogan avait dit alors : “En politique, les portes restent ouvertes jusqu’à la dernière minute.”

Mais quelle mouche a donc piqué le président turc pour qu’il se mette à nouveau à accuser Assad de terrorisme ? En réponse, ce dernier n’a pas mâché ses mots, dénonçant la Turquie pour ses crimes commis contre le peuple syrien, crimes dont elle devra un jour ou l’autre répondre.

Abdel Bari Atwan évoque plusieurs raisons à la colère d’Ankara :

1- L’insistance de Moscou pour impliquer les Kurdes de Syrie (YPG) dans les pourparlers de Sotchi. C’est une demande à laquelle s’oppose farouchement Erdogan. Cette opposition se manifeste à travers un communiqué signé par 40 groupes armés qui ont boycotté la conférence de Sotchi.

2- Mais l’offensive conjointe Syrie/Russie contre Idlib a aussi mis en colère Ankara. La reprise d’Idlib par l’armée syrienne signifie la fin totale de la présence militaire turque en Syrie, avec en toile de fond le retour de milliers d’hommes armés vers la Turquie, d’où ils étaient d’ailleurs venus pour combattre l’armée syrienne dès 2011.

3- Et puis, les propos de Lavrov sur la fin imminente du Front al-Nosra ne sont pas pour apaiser la colère d’Erdogan. La Russie s’est fixé l’élimination d’al-Nosra comme prochaine étape de sa mission en Syrie. Cette opération a d’ailleurs commencé avec l’offensive contre les poches du groupe terroriste dans la Ghouta occidentale. La dernière étape de cette opération consistera sans doute à éliminer al-Nosra à Idlib.

4- Des informations faisant état des plans syro-russes destinés à supprimer physiquement le chef d’al-Nosra, Abou Mohammad al-Julani, seraient aussi à l’origine de la colère d’Erdogan, car le personnage serait trop proche d’Erdogan pour que ce dernier puisse tolérer son élimination physique.

5- Mais l’information la plus désagréable pour le président turc porterait sur des contacts supposés entre Damas et les Kurdes de Syrie, Kurdes qui résident dans la ville d’Afrin. Or, cette ville du nord de la Syrie constitue une ligne rouge pour Erdogan et rien ne pourrait le mettre plus en colère que de savoir les Kurdes et les tribus sunnites d’Afrin être rangés aux côtés d’Assad.

Mais Erdogan ira-t-il jusqu’à revenir sur son alliance avec la Russie et l’Iran ? Cette semaine, il a envoyé son Premier ministre à Riyad comme pour appeler à Moscou et à Téhéran qu’il est prêt à tout moment de “basculer dans le camp adverse”. Mais le camp adverse est-il prêt à assurer à l’homme fort d’Ankara – ne serait-ce que de façon bien limitée – ses intérêts ? Pas si sûr. À Moscou, on dit être déterminé à faire impliquer les Kurdes dans les pourparlers de Sotchi. Après tout, les Iraniens et les Russes ont l’habitude de voir Erdogan “girouetter” et ils savent comment le calmer.

Source: Press TV

Erdogan voudrait-il acquérir le matériel militaire de la Russie, pour l’exploiter contre Moscou et ses alliés?

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