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Kossatchev voit l’empreinte d’une implication étrangère dans les récents événements en Iran

La télévision iranienne (IRIB) confirme la mort de dix personnes au cours des quatre jours de protestations consécutifs. ©STR/AFP

Le président du comité des Affaires étrangères du Conseil de la Fédération (la chambre haute du parlement russe), Konstantin Kossatchev, a déclaré que les États-Unis guettaient toutes les occasions de déstabiliser la situation en Iran et qu’ils n’étaient pas innocents dans les récents troubles.

Dans une interview avec RIA Novosti, Kossatchev a rappelé que des éléments étrangers étaient à l’origine des débordements de ces derniers jours en Iran. « Dans les derniers événements en Iran, l’empreinte d’une influence étrangère est indubitable. Je ne veux pas dire que les États-Unis ont une grande influence sur les affaires internes de l’Iran, mais dans la conjoncture actuelle, la République islamique d’Iran semble être une option appropriée à l’ingérence étrangère », a-t-il précisé.

Suivant toujours de près les événements en Iran, les États-Unis se sont rapidement positionnés pour dénoncer les vagues d’arrestations. La République islamique étant l’une de ses bêtes noires, Donald Trump lui-même a réagi. Même en étant en congé dans sa résidence de Floride, le président américain ne pouvait pas cacher sa satisfaction de voir des manifestants contester le gouvernement de Téhéran, rapportait Reuters. Or, ces réactions provocatrices ont mis le feu aux poudres des manifestations.

« Sans aucun doute, Washington cherche la moindre occasion, le moindre déclic, pour jouer la carte de la déstabilisation et présenter l’Iran comme l’ennemi numéro un de sa sécurité nationale », a indiqué le parlementaire russe.

Faisant allusion à un accord stratégique signé le 29 décembre dernier entre les USA et Israël « visant à développer leur coopération dans le domaine de la lutte contre la menace nucléaire iranienne et contre les ambitions croissantes de Téhéran dans la région », il a déclaré que « c’est une bonne raison de croire en l’ingérence d’éléments étrangers dans les manifestations en Iran, mais rien n’est encore élucidé ».

« Je doute néanmoins que ces protestations menacent la sécurité et la stabilité en Iran », a-t-il ajouté.

La télévision iranienne (IRIB) a annoncé que dix personnes avaient été tuées au cours des quatre jours de protestations consécutifs. Selon les responsables de la sécurité nationale, elles auraient été la cible de tirs suspects.

Les forces de l’ordre avaient été strictement sommées de ne pas tirer sur les manifestants. Les autorités privilégient la piste de fauteurs de troubles ou de contre-révolutionnaires armés.

Source: Press TV

Le ministre iranien de la Défense voit la main des «ennemis» derrière les manifestations

© AP Photo/ Vahid Salemi

Commentant les manifestations qui secouent depuis plusieurs jours des villes d’Iran, le ministre iranien de la Défense a estimé que des «ennemis de son pays» cherchaient à semer l’instabilité.

Le ministre iranien de la Défense, le général de brigade Amir Hatami, a fustigé les tentatives des «ennemis» de provoquer des rassemblements en Iran, avertissant qu’ils cherchaient à installer l’insécurité dans le pays, signale l’agence Fars.

«Dans les conditions actuelles, tous les ennemis acharnés de la République islamique d’Iran font de leur mieux pour inciter les gens à organiser des rassemblements et à susciter des troubles», a déclaré le général Hatami, s’adressant aux responsables du ministère de la Défense à Téhéran.

«L’arrogance mondiale [des États-Unis et de leurs alliés, ndlr] et les ennemis de notre pays réfléchissent aux moyens de faire de l’Iran un pays instable», a-t-il ajouté.

Plusieurs villes iraniennes ont connu, au cours de ces derniers jours, des mouvements de protestation. Certains meetings ont dégénéré faisant quatre victimes, selon les médias locaux. Commentant dimanche la situation dans le pays, le Président Hassan Rohani avait souligné que manifester était un droit constitutionnel du peuple, mais a mis en garde contre les violences. Lundi, il a en outre indiqué que les manifestations étaient aussi bien provoquées de l’extérieur que par des problèmes internes.

Source : Sputnik News – France

Iran : 10 morts dans des manifestations, un responsable dénonce l’implication d’«agents étrangers»

© Social media Source: Reuters

Manifestations du 30 décembre à Téhéran, illustration

Tandis que les Etats-Unis ont affiché leur soutien aux manifestations antigouvernementales qui sévissent depuis plusieurs jours, la tension monte en Iran. Alors qu’Hassan Rohani oscille entre appels au calme et à la fermeté, 10 personnes sont mortes.

«Au cours des événements qui ont agité la nuit, 10 personnes ont malheureusement été tuées à travers plusieurs villes du pays», a annoncé la télévision iranienne, citée par Reuters, au matin du 1er janvier.

Le 31 décembre, pour la quatrième nuit consécutive, les Iraniens sont descendus dans les rues de plusieurs villes du pays, dont la capitale Téhéran, pour protester contre le pouvoir en place et les difficultés économiques. Des manifestations de soutien au gouvernement ont également eu lieu dans plusieurs villes, selon la télévision d’Etat.

Auteur: RT France

Des vidéos mises en ligne sur les réseaux sociaux montrent des manifestants en train d’attaquer et parfois incendier des bâtiments publics, des centres religieux, des banques ou des sièges du Bassidj (la milice islamique du gouvernement).

Les manifestants ont également mis le feu à des voitures de police.

Téhéran dénonce la présence d’«agents étrangers»

Un responsable iranien a pour sa part dénoncé la présence d’«agents étrangers» dans ces manifestations. Cité par Reuters, Habibollah Khojastehpour, gouverneur adjoint de la province de Lorestan, réagissant à l’annonce de la mort de deux manifestants dans la ville de Doroud le 30 décembre, a déclaré au micro de la télévision nationale : «Les forces de sécurité et la police n’ont pas tiré un seul coup de feu. Nous avons trouvé des preuves de la présence d’ennemis de la révolution, de groupes Takfiri [terme désignant les extrémistes islamistes sunnites, comme par exemple Daesh] et d’agents étrangers lors de ces affrontements.»

Le président iranien Hassan Rohani s’est quant à lui adressé à son gouvernement le 31 décembre, dans un discours cité par le média iranien Press TV. Au sujet du soutien affiché par Washington aux manifestations, il a déclaré : «Cet homme d’Amérique, qui veut aujourd’hui sympathiser avec notre peuple, a oublié qu’il qualifiait la nation iranienne de terroriste il y a quelques mois.» Et d’ajouter : «Cette personne qui, de pied en cap, se dresse contre la nation iranienne n’a aucun droit de se sentir désolé pour le peuple iranien.»

Le ministre des Affaires étrangères iranien Bahram Qassemi a également dénoncé le 30 décembre le soutien de Washington, qu’il a taxé de «duplicité» et d’«opportunisme».

En Israël et aux Etats-Unis, des voix s’élèvent

Le président américain Donald Trump a réitéré le 30 décembre ses avertissements en direction du pouvoir iranien, déclarant que «les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais». IL a à cela ajouté dans un tweet reprenant des éléments de son discours du 19 septembre à l’ONU : «Le monde entier comprend que le bon peuple d’Iran veut un changement, et qu’à part le vaste pouvoir militaire des Etats-Unis, le peuple iranien est ce que ses dirigeants craignent le plus.»

Il a ensuite précisé, toujours sur Twitter : «Les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais, et un jour viendra où le peuple iranien sera confronté à un choix», avant de conclure : «Le monde entier vous regarde !»

Le 1er janvier, le dirigeant étasunien a encore affirmé, toujours sur le réseau social : «La richesse de l’Iran est confisquée, comme les droits de l’Homme. Il est temps que ça change.»

Une autre déclaration de soutien aux manifestants s’est fait entendre du côté d’Israël, grand rival régional de Téhéran qui n’a de cesse de brandir la soi-disant menace iranienne. Cité par l’agence de presse Reuters, le ministre des Renseignements de l’Etat hébreu, Yisrael Katz a déclaré sur la radio de l’Armée israélienne le 1er janvier : «Je ne peux que souhaiter la réussite au peuple iranien dans sa lutte pour la liberté et la démocratie», précisant toutefois : «Israël a décidé de ne pas se mêler de cette affaire interne.»

Le ministre israélien a par ailleurs démenti les affirmations faisant état de la présence d’«agents étrangers» dans les manifestations, assurant que ces allégations provenaient d’un «régime menteur et de propagande».

Rohani entre calme et fermeté

Cité par Press TV, le président Hassan Rohani a appelé au calme et affirmé que les manifestants étaient dans leur droit en s’exprimant.

«Nous sommes une nation libre, qui s’appuie sur une Constitution et des droits ditoyens, le peuple est absolument libre d’exprimer toute critique et même de protester», a-t-il déclaré lors de son allocution au gouvernement iranien le 31 décembre.

Il a ensuite ajouté : «Nous pensons que le gouvernement et le pays appartiennent à la population. Cette dernière doit exprimer correctement ce qu’elle désire.»

Dans une autre déclaration rapportée par l’AFP, le président iranien s’est toutefois montré ferme au sujet des individus responsables de débordements. «Le peuple iranien répondra aux fauteurs de troubles», a-t-il promis, tout en précisant qu’il s’agissait selon lui d’une «petite minorité».

Cité par Reuters, le ministre de l’Intérieur iranien a pour sa part prévenu le 31 décembre que «la violence, la peur et la terreur» seraient combattues. «Ceux qui saccagent les biens publics, contreviennent à l’ordre public et violent la loi doivent être tenus pour responsables de leurs agissements et en payer le prix», a-t-il poursuivi.

2009 dans le rétroviseur

Inédites par leur ampleur depuis le mouvement de contestation contre la réélection de l’ex-président conservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2009, les manifestations ont été émaillées depuis le 28 décembre de violences entre manifestants et forces de l’ordre, ainsi que d’attaques contre les biens publics.

A Téhéran, la police a notamment fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau pour disperser les manifestants qui scandaient des slogans hostiles au pouvoir dans le quartier de l’université.

Source: RT France

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