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Ankara prévoit une opération contre les forces kurdes du YPG d’ici à une semaine

© REUTERS/ Umit Bektas

La Turquie pourrait lancer une opération dans les districts de Manbij et d’Afrine, en Syrie, contrôlés par les forces kurdes du YPG, a déclaré le Président turc Recep Tayyip Erdogan.

L’armée turque pourrait entamer dans le courant de la semaine prochaine une opération dans le district de Manbij et celui d’Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie, contrôlés par les forces kurdes du YPG, a affirmé le chef de l’État turc Recep Tayyip Erdogan.

«Si à Manbij les promesses qui nous ont été données [par les Américains sur le retrait des YPG, ndlr] ne sont pas tenues, nous allons agir. Ils vont voir ce que nous ferons dans une semaine», a indiqué le Président, en faisant samedi un discours dans la province d’Elazıg, retransmis par la chaîne turque NTV.

Selon lui, les États-Unis ont livré aux forces du YPG en Syrie 4.900 camions et quelque 2.000 avions chargés d’armements.

«Ce n’est pas le comportement d’un allié. Vous fournirez des armes aux YPG et parlerez de partenariat stratégique avec nous? Personne n’avalera cette couleuvre. Les États-Unis se bercent d’illusions, estimant que la collaboration avec les terroristes ne nuira pas à leurs intérêts nationaux. Celui qui a pris un serpent dans son lit en assumera les conséquences», a souligné Recep Tayyip Erdogan.

Ankara a plus d’une fois condamné Washington pour son soutien militaire des forces du YPG que la Turquie considère comme une organisation terroriste liée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) interdit dans le pays.

Entretemps, toujours selon la chaîne NTV, les forces armées turques ont ouvert le feu contre un secteur du district d’Afrine contrôlé par les YPG après que des tirs ont été dirigés depuis ce territoire contre la frontière turque.

Une dizaine de tirs d’artillerie ont été effectués contre le territoire syrien, a précisé la chaîne.

Source : Sputnik News – France

L’armée turque pilonne les positions des YPG à Afrin. ©Twitter

Moins d’une heure après les déclarations du président turc concernant les Kurdes dans le nord de la Syrie, l’armée de la Turquie a pilonné les positions des Unités de protection du peuple (YPG), la branche armée du Parti de l’union démocratique (PYD), dans la localité d’Afrin, au nord de la province d’Alep en Syrie.

À l’occasion d’un discours prononcé ce samedi 13 janvier, dans le chef-lieu de la province d’Elazig, Recep Tayyip Erdogan, président truc, a menacé les milices séparatistes kurdes en Syrie d’une intervention militaire.

Selon le rapport de la chaîne de télévision turque NTC, l’armée turque aurait mené ces attaques en représailles à des tirs d’obus de mortier en direction du sol turc dont se seraient rendues coupables les milices kurdes.

Des combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) se dirigent vers leur nouvelle base dans le nord de l’Irak, le 14 mai 2013. ©Reuters

Pour la Turquie, le Parti de l’union démocratique (PYD), les Forces démocratiques syriennes (FDS) et les Unités de protection du peuple (YPG) sont les branches syriennes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Hier, vendredi 12 janvier, des centaines d’habitants de la ville de Manbij dans le nord de la Syrie ont organisé des manifestations pour protester contre les actes de répression des PYD et leur demander de quitter cette ville.

Source: Press TV

Les forces turques dans la province d’Idlib, en Syrie. ©AFP

Selon l’éditorialiste du journal Rai al-Youm, la Turquie est en proie à un dilemme en Syrie, ce qui rend difficile pour Ankara de choisir une stratégie.

Abdel Bari Atwan s’est penché dans un article intitulé « À Idlib, pourquoi la Turquie se trouve confrontée à deux grandes puissances » sur la confusion de la Turquie concernant les opérations de l’armée syrienne et de ses alliés à Idlib, lesquelles n’étaient pas en faveur d’Ankara.

Atwan a écrit que l’avancée de l’armée syrienne, soutenue par les forces terrestres iraniennes et les forces aériennes russes, dans la province d’Idlib a été couronnée de succès, avec la prise de la ville de Sinjar et de dizaines d’autres villages dans le rif d’Idlib et la libération de la base aérienne d’Abu al-Duhur, dans le nord du pays.

Pour comprendre les aspects politiques et militaires des avancées majeures des troupes gouvernementales syriennes, il faut revenir en arrière et voir ce qui s’est passé les 5 et 6 janvier ; 13 drones ont attaqué les bases navales et aériennes de la Russie à Tartous et à Hmeimim, dans l’ouest de la Syrie, puis ces bases ont été visées par des tirs de roquettes et d’obus de mortier. L’attaque a entraîné la mort de deux soldats russes, sept soldats ont également été blessés à la suite de la frappe de mortiers, cependant les missiles ont été interceptés et les drones ont été abattus, bien que trois d’entre eux aient pris la fuite sans être endommagés.

Selon les sources russes, aucun avion de combat n’a été endommagé dans l’attaque, et les images qui ont été diffusées sur les réseaux sociaux de sept avions détruits sont des fake news.

Les enquêtes russes sur les drones et les conditions de leur envoi ont débouché sur des conclusions extrêmement graves qui ont été un choc pour les dirigeants russes :

  • Les deux gouvernements qui possèdent, produisent, contrôlent et envoient de tels drones sont les États-Unis et Israël, mais à ce stade de l’enquête, il est peu probable qu’Israël soit impliqué dans l’attaque parce que le régime israélien n’oserait jamais s’attirer l’hostilité et la colère de la Russie. Les experts estiment donc que Washington est impliqué dans ces attaques de drones.
  • Les drones ainsi que les roquettes ont été envoyés depuis la ville d’Idlib, où sont positionnés les terroristes du Front al-Nosra.
  • L’objectif de ces frappes sur la base russe de Hmeimim est de créer une enclave kurde autonome dans le nord de la Syrie, ce qui permettra une présence militaire américano-israélienne.
  • Les radars russes ont repéré un avion américain à une altitude de 7 000 mètres au-dessus des bases de Hmeimim et de Tartous lors de ces raids nocturnes.

La Turquie, d’une part, s’oppose au plan américain visant à créer une région kurde, et d’autre part, elle ne cache pas son mécontentement quant aux avancées des troupes syriennes soutenues par l’Iran et la Russie qui cherchent à reprendre le contrôle de la ville d’Idlib, où sont déployées les forces de l’armée turque et les terroristes du Front al-Nosra ainsi que les éléments de l’Armée syrienne libre (ASL). Si l’armée syrienne reprend le contrôle de la ville d’Idlib, la Turquie perdrait complètement son influence en Syrie.

Le ministère turc des Affaires étrangères a convoqué les ambassadeurs américain (mercredi), iranien et russe (mardi) pour protester contre les politiques de leurs gouvernements. Le chargé d’affaires des États-Unis a été convoqué pour protester contre les politiques de Washington vis-à-vis des Kurdes. Ankara a convoqué les ambassadeurs de l’Iran et de la Russie pour exprimer son opposition à l’avancée de l’armée syrienne vers Idlib, la qualifiant de violation des accords d’Astana.

La Turquie est peut-être la plus grande perdante des évolutions à Idlib. Si les troupes turques, en soutien aux groupes armés, entravent l’avancée des forces syriennes, cela signifierait qu’Ankara est entré en guerre contre la Russie, l’Iran et la Syrie. Et si la Turquie envisage une action militaire contre les Kurdes à Manbij et à Afrin pour empêcher la création d’une région kurde soutenue par les Américains, elle entrera dans une confrontation directe avec les États-Unis sans que la Russie et l’Iran la soutiennent.

La Turquie n’est pas en mesure de perdre le soutien de la Russie, et la question à laquelle le président russe cherche à répondre est de savoir si les drones qui ont attaqué la base aérienne de Hmeimim ont décollé d’Idlib avec le consentement de la Turquie, ou à son insu. Si la première option est correcte, les relations Ankara-Moscou se tendront de nouveau, comme lors de la crise survenue suite à la destruction par la Turquie d’un avion de chasse russe en Syrie.

Le président turc, Recep Tayyib Erdogan, est dans une impasse, et adopter une position tranchée pourrait aussi entraîner la perte de la plus grande partie de son influence dans la région, et en particulier en Syrie et en Irak.

Source: Press TV

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