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La Turquie vise Manbij, mais les forces des Etats-Unis d’Amérique ne partent pas en dépit des avertissements turcs

Des véhicules de l’armée des USA circulent au nord de la ville de Manbij, dans le gouvernorat d’Alep, en Syrie, le 9 mars 2017. © Rodi Said / Reuters

Les troupes des USA ne se retireront pas de la ville de Manbij, dans le nord de la Syrie, a déclaré le général Joseph Votel, chef du commandement central des forces des Etats-Unis d’Amérique (CENTCOM), repoussant les demandes d’Ankara de se retirer de la ville et risquant une confrontation potentielle entre les deux alliés de l’OTAN, même si la probabilité pour l’heure reste faible du fait de la présence de la Turquie au sein de l’OTAN.

Le général Joseph Votel a déclaré dimanche à CNN que le retrait des forces des USA de la ville stratégiquement importante « n’est pas quelque chose que nous examinons ». Sa déclaration intervient juste un jour après que le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a exigé que les Etats-Unis d’Amérique se retirent de Manbij et cessent d’armer les combattants des Unités de protection du peuple (YPG), un groupe kurde lié au terrorisme.

Les troupes turques sont entrées en Syrie la semaine dernière pour tenter de chasser les Kurdes soutenus par les Etats-Unis d’Amérique d’Afrin, elles l’ont déjà fait par le passé pour chasser les groupes terroristes. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a averti que l’offensive, baptisée « Operation Olive Branch« , pourrait bientôt cibler des « terroristes » à Manbij, à 100 km à l’est d’Afrin.

« Avec l’opération « Olive Branch », nous avons encore une fois contrecarré le jeu de ces forces sournoises dont les intérêts dans la région sont différents », a déclaré M. Erdogan dans un discours aux dirigeants provinciaux à Ankara la semaine dernière. « A partir de Manbij, nous continuerons à contrecarrer leur jeu. »

Les autorités turques envisagent donc d’étendre leur action vers la ville voisine de Manbij, où les Etats-Unis d’Amérique ont déployé quelque 2 000 militaires et entretiennent des groupes armés. Le colonel Ryan Dillon, porte-parole de la coalition dirigée par les Etats-Unis d’Amérique, a déclaré aux médias kurdes dimanche que les forces des USA continueraient à soutenir leurs alliés kurdes – malgré les menaces d’Erdogan.

«La Turquie sait où sont nos forces à Manbij, et ce qu’elles font là-bas, et pourquoi elles sont là-bas pour empêcher toute escalade entre les groupes qui se trouvent dans cette zone », a déclaré Dillon à Rudaw TV. « La Coalition continuera à soutenir nos forces démocratiques syriennes dans la lutte contre ISIS [État islamique/EI]. Nous l’avons dit tout le temps, et nous l’avons dit avec les éléments kurdes des SDF. Nous leur fournirons l’équipement nécessaire pour vaincre Daesh [EI, IS]», a-t-il ajouté.

Cependant, le conseiller à la sécurité nationale des USA, H.R. McMaster, a déclaré un jour plus tôt que les Etats-Unis d’Amérique ne fourniraient plus d’armes aux combattants YPG ou au Parti de l’Union démocratique (PYD) – envoyant des messages contradictoires sur les relations de Washington avec les Kurdes.

L’offensive turque a encore tendu la relation déjà litigieuse entre Washington et Ankara. Un porte-parole de la Maison Blanche a fait remarquer la semaine dernière que l’opération « risque le conflit entre les forces turques et des USA » en Syrie.

Selon le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, les villes de Manbij et Raqqa ne sont pas gouvernées par les conseils locaux après leur libération du groupe terroriste Daech, elles se trouvent de facto sous le contrôle du Parti de l’Union démocratique du Kurdistan (PYD), un groupe considéré par Ankara comme un affilié du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), ce dernier désigné par la Turquie comme étant une organisation terroriste.

La campagne d’Afrine suit le vœu d’Erdogan d’étrangler la nouvelle Force de sécurité frontalière (FBS) en Syrie en menant des actions « préventives » contre les YPG. La coalition dirigée par les États-Unis d’Amérique a annoncé en janvier qu’elle aiderait à créer le FBS, fort de 30 000 hommes, dont la moitié serait composée du SDF dominé par les Kurdes.

Cela ne peut être possible pour la Turquie que si le président turc Erdogan porte les gants d’une véritable paix, en établissant des contacts directs et en engageant comme le veut l’opposition turque un dialogue direct avec les autorités légales de la Syrie pour les rassurer de la sauvegarde de l’intégrité territoriale de leur nation, et le refus définitif de la Turquie de travailler pour le retour des terroristes dans la région.

Cela est nécessaire, car les résultats finaux seraient de compliquer la situation sécuritaire dans la région et de mettre en danger sur le moyen et long terme la sécurité du peuple turc, de sa nation et de la région. Les kurdes doivent reconnaitre une bonne fois pour toute qu’ils appartiennent à la nation syrienne et arrêter d’agir contre les intérêts de celle-ci en portant l’étendard d’autrui et le feu contre les autorités légales, comme le souhaitent les Etats-Unis d’Amérique.

Les autorités turques souhaitent sans doute protéger les frontières de leur pays contre les combattants kurdes. Le gouvernement turc a déclaré avoir informé Damas et Moscou, son co-garant dans le processus de paix syrien, de son fonctionnement, et a pris en compte la position de Téhéran, le troisième Etat garant. L’opération «Rameau d’olivier», a déclaré la Turquie, vise uniquement les «terroristes». Cependant les autorités syriennes ne sont pas encore convaincues de leur bonne foi.

Profitant de la situation chaotique en Syrie depuis 2011, la Turquie et les États-Unis d’Amérique ont déployé leurs troupes en Syrie en 2014 sans obtenir de mandat de l’ONU ou des autorités légales de la Syrie. Damas a à plusieurs reprises appelé les deux pays à retirer définitivement leurs troupes du territoire syrien, sans succès.

Le but réel de la présence militaire des USA en Syrie est non seulement de réaliser par tous les moyens la balkanisation du Moyen-Orient, un plan prévu de longue date par Oded Yinon et autres penseurs piloté par l’État d’Israël, selon des experts, mais aussi de permettre aux Etats-Unis d’Amérique de déployer leur stratégie dans cette région pour sauvegarder leurs intérêts, en particulier le contrôle de l’énergie et leurs voies d’acheminement.

Jean de Dieu MOSSINGUE

Source : MIRASTNEWS, RT

Vidéo Press TV: ‘Les Etats-Unis d’Amérique cherchent la balkanisation au Moyen-Orient à travers la guerre en Syrie’

 

Un commentateur politique croit que la raison pour laquelle les Etats-Unis d’Amérique maintiennent leur présence militaire en Syrie est de mettre en œuvre le plan d’Israël pour la balkanisation du Moyen-Orient.

« Eh bien, la guerre en Syrie est plus une invasion. Pour la mettre en perspective, vous devez regarder Israël, vous devez regarder le Plan d’Oded Yinon pour le Moyen-Orient (le plan pour balkaniser le Moyen-Orient) et mettre la Syrie en contexte avec ce plan … et vous devez regarder vers qui contrôle la politique étrangère des USA. Tous les politiciens des Etats-Unis d’Amérique suivent les règles de l’AIPAC et ils soutiennent tous l’Etat d’Israël et vraiment quand vous regardez ce qui se passe en Syrie, ils soutiennent les intérêts de l’Etat d’Israël plus que tout autre Etat », a déclaré Max Igan à PressTV lors d’une interview lundi.

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