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Des documents modifiés font monter la température sur Abe

Un manifestant écrit un slogan sur un tableau lors d’un rassemblement sur un soupçon de dissimulation d’un scandale de copinage devant la résidence officielle du Premier ministre japonais Shinzo Abe à Tokyo lundi soir. Plus de 1 000 personnes se sont rassemblées pour le rassemblement, appelant à la démission d’Abe et à celle du ministre des Finances, Taro Aso. Photo: REUTERS / Kim Kyung-Hoon

TOKYO – Le Premier ministre japonais Shinzo Abe fait l’objet d’un examen approfondi après que des documents modifiés publiés lundi concernant une vente de terrain à un exploitant scolaire ayant des liens avec son épouse aient soulevé la possibilité d’une dissimulation dans un scandale de favoritisme.

Les questions sur la vente de terres – vendues à un prix très bas que les fonctionnaires ont déclaré être pour les coûts de nettoyage – ont attiré l’attention d’Abe depuis qu’elle est devenue publique l’an dernier.

Abe a nié que lui ou son épouse aient fait des faveurs à l’opérateur de l’école, Moritomo Gakuen, qui promeut un programme d’éducation nationaliste. Abe a dit qu’il démissionnerait si des preuves étaient trouvées.

La controverse s’est estompée mais a de nouveau éclaté lorsque les médias ont rapporté que les documents officiels concernant l’accord avaient été modifiés, ce qui a incité le ministère des Finances à rendre au parlement 14 documents qui montraient divers changements.

Un manifestant brandit des pancartes dénonçant le Premier ministre japonais Shinzo Abe lors d’un rassemblement pour dissimulation présumée d’un scandale de copinage devant la résidence officielle d’Abe à Tokyo, lundi soir. Photo: REUTERS / Kim Kyung-Hoon

POURQUOI CES MODIFICATIONS SONT-ELLES IMPORTANTES?

Les versions avant et après des documents, vus par Reuters, ne semblent pas correspondre à un «fusil fumant» montrant une intervention directe dans la vente des terres par Abe ou son épouse, Akie.

Les changements comprennent la suppression d’une référence à une visite à l’école par l’épouse d’Abe et aux liens qu’Abe et le ministre des Finances Taro Aso ont eu avec un groupe de pression conservateur, Nippon Kaigi – les deux faits bien connus.

Les enregistrements comprennent un commentaire de Yasunori Kagoike, l’ancien chef de Moritomo Gakuen, citant Akie Abe comme lui disant: « C’est une bonne terre alors s’il vous plaît continuez. »

Aso a déclaré lors d’une conférence de presse lundi que les responsables du ministère avaient modifié les documents afin de les rendre conformes aux déclarations du chef d’une division du ministère, Nobuhisa Sagawa, qui a démissionné brusquement la semaine dernière.

Mais les altérations alimentent la suspicion d’une dissimulation, qui pourrait être plus dommageable pour Abe et Aso que la vente des terres elle-même.

Si le scandale éclate, avec des preuves que Abe est effectivement impliqué, ou que ses taux d’approbation publique raisonnablement forts chutent, il pourrait finalement démissionner, bien qu’il soit trop tôt pour le prévoir maintenant.

QUE SE PASSE-T-IL POUR ASO?

Aso a dit lundi qu’il ne démissionnerait pas, mais la pression sur lui pour qu’il démissionne est susceptible de croître – au moins de prendre la responsabilité de la mauvaise surveillance de son ministère.

Abe devrait essayer de garder Aso, qui occupe le poste de vice-premier ministre, dans son important poste financier. Mais l’arrestation de tout fonctionnaire sur l’altération des documents publics aggraverait la position d’Aso et rendrait encore plus difficile de rester.

Déjà la colère publique grandit. Un sondage du journal Sankei au cours du week-end a révélé que 71% des personnes interrogées ont déclaré qu’Aso devrait partir.

QUOI ENSUITE?

Abe et Aso vont essayer de contenir les dégâts jusqu’à ce que la fureur disparaisse. La première ligne de défense d’Aso est de dire qu’il doit rester pour assurer une enquête approfondie sur l’affaire à son ministère.

Mais même certains membres du Parti libéral-démocrate au pouvoir ont déclaré que blâmer les bureaucrates n’était pas faisable.

L’ancien ministre de la Défense, Shigeru Ishiba, n’a pas caché son désir de se présenter aux élections législatives de septembre, au cours desquelles Abe espère remporter un troisième mandat, et Shinjiro Koizumi, fils populaire de l’ancien Premier ministre Junichiro Koizumi. .

La réponse des principaux législateurs du PLD, tels que le secrétaire général du parti, Toshihiro Nikai, sera déterminante pour tout effort visant à protéger Aso, ainsi que pour contenir les retombées pour Abe. De même que la réponse du partenaire de la coalition junior du LDP, le parti Komeito.

QUE FAIRE SI ASO QUITTE?

Perdre Aso serait un coup dur pour Abe politiquement, mais les implications politiques directes seraient probablement limitées.

Aso est vital pour la stabilité de son administration et la clé de son offre pour un troisième mandat en tant que président du PLD lors des élections du parti en septembre, ce qui lui permettrait de paver la voie pour qu’il soit le Premier ministre le plus ancien du Japon.

Les manœuvres de faction pour remplacer Abe – soit avant les élections de septembre, soit à ce moment-là – allaient sûrement commencer si Aso démissionnait.

QUELLES SONT LES IMPLICATIONS PLUS LARGES?

Certains acteurs des marchés financiers s’inquiètent de l’impact sur les politiques «abénomiques» d’une politique monétaire hyper-facile, de dépenses budgétaires et de réformes structurelles. D’éventuels successeurs d’Abe, y compris l’ancien ministre des Affaires étrangères Fumio Kishida, ainsi qu’Ishiba, ont parlé de la nécessité de rééquilibrer la dette du Japon avec la consolidation fiscale.

Une plus grande préoccupation est que le scandale pourrait déclencher une période d’instabilité politique. Abe est maintenant dans sa sixième année au pouvoir, une longévité rare dans un pays qui a vu une série de dirigeants de porte tournante avant son entrée en fonction.

Le Japon est également confronté aux inquiétudes sécuritaires liées au missile nord-coréen et à la menace nucléaire. Sur le plan commercial, il doit faire face à la politique protectionniste du président des Etats-Unis d’Amérique Donald Trump.

Les liens chaleureux d’Abe avec Trump et sa connaissance des autres leaders mondiaux ont été perçus comme un atout diplomatique, donc un changement de leadership pourrait être un coup dur.

Linda Sieg

Traduction : Jean de Dieu MOSSINGUE

MIRASTNEWS

Source : JAPAN TODAY

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