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Nissan en négociations pour racheter la participation de la France dans Renault en prélude de la fusion

Le PDG de Renault Carlos GHOSN. Image Wikipedia

Renault et le partenaire de l’alliance Nissan discutent de plans d’un rapprochement dans lequel le constructeur automobile japonais devrait acquérir la majeure partie des 15% du capital de l’Etat français dans Renault Holding, ont indiqué à Reuters des personnes proches du dossier.

Les constructeurs automobiles sont en pourparlers avec les responsables gouvernementaux sur les propositions du patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, qui verrait Paris abandonner l’influence chez Renault et le constructeur automobile français renoncerait au contrôle sur Nissan, selon trois sources.

Mais tout accord se heurte toujours à des obstacles importants – notamment son extrême sensibilité politique en France – et n’a pas encore obtenu l’approbation du gouvernement, ont-ils déclaré. Pour ce faire, il doit équilibrer les intérêts français et japonais, en évitant l’apparition d’une OPA.

« Toute discussion sur une transaction boursière impliquant Renault, Nissan ou l’Etat français est pure spéculation », a déclaré le porte-parole de Renault-Nissan, Jonathan Adashek. L’alliance « n’a pas l’intention de modifier le ratio d’actionnariat croisé de ses sociétés membres », a-t-il ajouté.

Un responsable du ministère français des Finances a déclaré que le gouvernement avait « totalement nié » être prêt à vendre ses actions Renault à Nissan.

Les sources ont indiqué que Renault était conseillé par BNP Paribas et Nissan par Nomura sur la vente de participation prévue, qui se produirait soit dans le cadre d’une combinaison plus large entre Renault et Nissan, soit comme un « tremplin » de l’un. Les banques n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.

Ghosn a également proposé une structure intérimaire qui verrait la direction de Renault, Nissan et Mitsubishi Motors supervisée par une fondation néerlandaise comme un prélude à leur intégration en tant que groupe automobile mondial basé à Amsterdam, selon des sources.

« Pour le gouvernement, une fondation néerlandaise n’est pas une option », a déclaré le responsable du ministère des Finances, qui a refusé d’être cité.

L’alliance Renault-Nissan, soutenue par des participations croisées, s’est effondrée par intermittence depuis sa création en 1999 avec des projets de fusion intégrale qui ont échoué sur les objections de la France, premier actionnaire de Renault.

Mais avec Ghosn, le principal architecte de l’alliance, qui entame maintenant son dernier mandat en tant que PDG de Renault, le gouvernement réclame un rapprochement pour sécuriser l’avenir de Renault-Nissan, le plus grand groupe automobile du monde l’année dernière.

Le gouvernement du président Emmanuel Macron a récemment déclaré aux représentants de Ghosn qu’il serait prêt à quitter ou à vendre sa participation dans Renault dans le cadre d’un accord de fusion garantissant les intérêts français, selon plusieurs sources proches des pourparlers.

Renault détient 43,4% de Nissan, mais a accepté de limiter le contrôle formel de son plus grand partenaire dans un pacte d’actionnaires de 2015 qui a désamorcé une confrontation avec le gouvernement français. Nissan détient actuellement une participation majoritaire de 34% dans Mitsubishi et de 15% dans Renault, mais aucun droit de vote.

Selon les règles du marché de Tokyo, Renault perdrait tout droit de vote sur sa participation dans Nissan si le constructeur automobile japonais portait sa participation Renault à 25% ou plus.

Toute tentative de la France de vendre la plupart ou la totalité de sa participation dans Renault pourrait s’avérer politiquement risquée pour Macron, déjà sous le feu des critiques pour laisser tomber des champions nationaux comme le constructeur de TGV Alstom dans des mains étrangères.

Au-delà de sa dilution et de sa perte d’influence, la France demeure préoccupée par l’impact sur les centres technologiques, les emplois industriels et les recettes fiscales d’un groupe mixte ayant son siège ailleurs, ont indiqué les sources.

Pour gagner l’acceptation, ont-ils ajouté, l’accord devrait inclure de puissantes concessions et garanties à la France, dans des domaines tels que l’emploi et l’investissement, la représentation au conseil et les droits de veto possibles sur les grandes décisions stratégiques.

Traduction : Jean de Dieu MOSSINGUE

MIRASTNEWS

Source : JAPAN TODAY

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