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Erdogan et Poutine disent que les Etats-Unis d’Amérique ont « tort » d’abandonner l’accord sur l’énergie nucléaire en Iran

Le président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue russe Vladimir Poutine ont convenu qu’il était « mauvais » pour les Etats-Unis d’Amérique de se retirer de l’accord nucléaire iranien, a déclaré jeudi soir une source présidentielle turque.

Le président des Etats-Unis d’Amérique Donald Trump a défié mardi les vœux des puissances mondiales lorsqu’il a annoncé que Washington se retirerait de l’accord nucléaire historique et imposerait de nouvelles sanctions à Téhéran.

Qualifiant la décision de Trump de « mauvaise », Erdogan et Poutine ont souligné que l’accord nucléaire « était un succès diplomatique qui devrait effectivement être protégé » lors d’une conversation téléphonique jeudi soir, a indiqué la source turque.

Le Kremlin a déclaré dans un communiqué que les deux hommes forts « ont souligné que la sauvegarde du JCPOA (l’abréviation formelle de l’accord) est très importante pour la sécurité internationale et régionale ainsi que le régime de non-prolifération nucléaire ».

Les deux dirigeants « ont confirmé leur détermination » de continuer à coopérer à cette fin avec les autres pays signataires de l’accord, a ajouté le Kremlin.

Erdogan a également félicité Poutine pour le début de son quatrième mandat en tant que président après l’investiture du leader russe lundi.

Ankara a travaillé étroitement avec Moscou et Téhéran au cours de l’année écoulée sur le processus de paix syrien, en dépit d’être sur les côtés opposés du conflit et ayant une relation parfois troublée avec l’Iran.

Selon le journal russe Kommersant, au cours de la dernière année du troisième mandat présidentiel de Poutine, il a parlé à Erdogan 20 fois, soit le double de celui des autres dirigeants du monde.

Les relations entre la Turquie et les États-Unis d’Amérique sont tendues sur de multiples questions, y compris le soutien de Washington à la milice kurde syrienne que la Turquie considère comme des terroristes et l’emprisonnement continu d’un pasteur américain en Turquie.

Traduction : MIRASTNEWS

Source : AFP via almanar

«Les USA et Israël ont déclenché de fait une guerre sur deux fronts contre l’Iran»

CC0 / Pixabay/3dman

L’escalade de tensions entre les États-Unis et Israël d’une part et l’Iran de l’autre suite aux déclarations de Donald Trump sur le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien a été commentée à Sputnik par des experts turcs.

Des experts turcs ont exprimé à Sputnik leur point de vue sur l’escalade des tensions entre les États-Unis et Israël d’une part et l’Iran de l’autre, ainsi que sur ses conséquences éventuelles pour la Turquie.

Le politologue Ozdemir Akbal estime que le «dégel» dans les relations entre les États-Unis et l’Iran pendant la lutte contre Daech* a pris fin et que les États-Unis, soutenus par leurs alliés anti-iraniens, Israël et l’Arabie saoudite, ont lancé une offensive contre Téhéran.

«…La diminution de la menace de Daech dans le nord de la Syrie a permis à l’Occident de remettre à l’ordre du jour la destitution d’el-Assad, ce qui était l’objectif initial des États-Unis. Dans ce contexte, les États-Unis, dont la coalition régionale est beaucoup moins influente que l’union entre la Russie et l’Iran, se sont vus obligés d’entreprendre des démarches énergiques pour renforcer leurs positions», a signalé M. Akbal.

Il a fait état de l’existence d’un conflit entre les intérêts des alliés traditionnels des États-Unis dans la région, à savoir Israël et l’Arabie saoudite, et l’idée de renforcement du pouvoir de (Bachar) el-Assad en Syrie et la reconnaissance de l’influence de l’Iran et de sa présence politique croissante en Méditerranée.

«Dans ces conditions, les États-Unis ont rendu publique leur décision sur le retrait de l’accord sur le nucléaire iranien», a conclu Ozdemir Akbal.

Un autre expert, le général de brigade de l’armée turque à la retraite, Naim Baburoglu, a déclaré à Sputnik que les actions de Washington et de Tel Aviv témoignaient que les États-Unis et Israël avaient commencé, de fait, une guerre contre l’Iran qui serait menée, à termes, sur deux fronts principaux: en Syrie et au Liban.

«Les États-Unis ont annoncé depuis longtemps leur intention de sortir de l’accord. La déclaration de Trump prévue pour le 12 mai a été faite un peu plus tôt. Lors de sa récente intervention, Donald Trump qui avait déjà désigné l’Iran comme la menace principale, l’a qualifié de pays accordant une assistance aux terroristes. De cette façon, les États-Unis ont déclenché de fait une guerre contre l’Iran. Ils se fixent pour objectif de provoquer des bouleversements sociaux en Iran en recourant à de dures sanctions économiques et à des restrictions dans d’autres domaines. En d’autres termes, les États-Unis tenteront d’affaiblir l’Iran de l’intérieur. Israël et les États-Unis n’attaqueront pas l’Iran de front, ils chercheront à affaiblir Téhéran en menant des frappes régulières contre les positions iraniennes en Syrie et contre le Hezbollah au Liban. Leur objectif sera de mettre fin à la présence iranienne en Syrie et en Irak», a fait savoir Naim Baburoglu.

Selon lui, un autre objectif des Américains consiste à couper les liens entre l’Iran et le Liban.

«Un autre objectif consiste à empêcher l’aide au Hezbollah qui a formé un ‘‘croissant chiite » de l’Iran jusqu’à l’Irak et du sud de la Syrie jusqu’au Liban. Cet objectif a été en partie atteint du fait que le territoire à l’est de l’Euphrate, soit environ 30% du territoire syrien, avait été placé sous le contrôle du Parti de l’union démocratique (PYD) kurde », a-t-il indiqué.

Le général à la retraite considère que l’escalade de tension entre les États-Unis, Israël et l’Iran menace également la Turquie.

«Ce processus causera un grave préjudice à la Syrie et à l’Irak et aura également des répercussions sur la Turquie. La Turquie a une frontière commune avec l’Iran sur laquelle la paix règne depuis plusieurs siècles. Les troubles autour de l’Iran et les bouleversements sociaux et conflits internes auront pour les voisins de l’Iran des conséquences beaucoup plus graves que les affrontements en Syrie… Le conflit autour de l’Iran pourrait provoquer une nouvelle vague de migrants, ce qui aura des conséquences négatives pour la Turquie sur le plan démographique, culturel, social et économique. Cette menace est d’autant plus sensible que la Turquie fait face à un cercle de feu sur sa frontière sud longue de 911 km», signale l’expert.

Naim Baburoglu a ajouté que la meilleure position pour la Turquie serait, en l’occurrence, de critiquer la décision américaine sur le retrait de l’accord nucléaire et de faire comprendre à l’UE, à l’Otan et aux organisations internationales qu’elle était erronée.

*Organisation terroriste interdite en Russie

Source: Sputnik News – France

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