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Comment Moscou pourrait sauver la journée si le sommet de Kim-Trump s’effondre

© Sputnik / Evgeniya Novozhenova

La grande peur des armes nucléaires de la Corée du Nord pousse les Etats-Unis d’Amérique à réclamer d’abord le désarmement total, pour ensuite imposer des conditions irréalisables et insupportables

Les pourparlers entre les Etats-Unis d’Amérique et la Corée du Nord sont en suspens suite aux menaces de Pyongyang d’annuler la réunion du 12 juin sur les remarques du modèle de la Libye du conseiller à la sécurité nationale John Bolton. Les analystes ont expliqué à Sputnik comment la Russie pourrait sauver la transaction et la transformer en un accord multilatéral.

Les conseillers de Donald Trump torpillent délibérément le sommet États-Unis d’Amérique-Corée du Nord du 12 juin, ont déclaré les analystes à Sputnik, suggérant que la Russie pourrait profiter de la situation.

« Si la République populaire démocratique de Corée (RPDC) abandonne ses armes nucléaires, un certain nombre de projets des USA dans la région du Pacifique perdront de leur importance », a estimé Dmitry Abzalov, président du Centre pour les communications stratégiques. « D’abord, le système de missiles anti-balistiques (ABM) au Japon et en Corée du Sud [deviendra inutile] .Ces systèmes de défense coûtent des milliards de dollars et leur acquisition est justifiée par la menace de Pyongyang. Ce qui est en jeu, c’est le bénéfice financier des hommes d’affaires états-uniens d’Amérique, les sponsors du Parti républicain. »

Selon le savant, il y a une confrontation entre le secrétaire d’État Mike Pompeo qui soutient l’idée des négociations entre les Etats-Unis d’Amérique et la RPDC et le faucon nord-coréen John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump.

« Il appartient au leader des Etats-Unis d’Amérique de décider quel camp prendre et quels sont les intérêts à prendre en compte – soit stratégiques à long terme, soit dictés par les exigences du lobby états-unien d’Amérique de la défense », a suggéré M. Abzalov.

Le 16 mai, le premier vice-ministre des Affaires étrangères de la RPDC, Kim Kye Gwan, a sorti un communiqué que Pyongyang pourrait reconsidérer sa prochaine rencontre avec le président Trump au sujet des déclarations provocantes de hauts responsables états-uniens d’Amérique, plus particulièrement John Bolton, qui a proposé le plan «d’abandonner les armes nucléaires d’abord, en compensant ensuite» dans les pourparlers avec la Corée du Nord. En outre, le conseiller à la sécurité nationale a cité le mode d’abandon nucléaire libyen comme exemple d’une feuille de route pour la dénucléarisation de Pyongyang.

Apparemment, la référence à la Libye était la dernière goutte d’eau pour le leadership de la RPDC: « Le monde sait trop bien que notre pays n’est ni la Libye ni l’Irak qui ont connu un destin misérable », indique le communiqué.

Commentant le problème, Alexander Vorontsov, chef du département des études coréennes et mongoles et de l’Institut des études orientales de l’Académie des sciences de Russie (RAS) a noté que Washington veut désarmer la Corée du Nord, puis examiner ce qu’il offre en échange.

« La Corée du Nord veut des garanties de sécurité et estime que l’abandon de son programme nucléaire coûte beaucoup », a souligné l’universitaire. « Un simple désarmement ne fonctionne pas pour Pyongyang, Kim Jong-un et son entourage se souviennent du sort de [Mouammar] Kadhafi, qui a abandonné le programme nucléaire [de la Libye] Personne en Corée du Nord ne veut répéter son destin ».

Selon Vorontsov, Pyongyang considère toujours les Etats-Unis d’Amérique comme une menace de sécurité substantielle. Se référant aux exercices militaires conjoints USA-Corée-du-Sud qui ont débuté le 14 mai, l’universitaire a souligné que plus de 300 000 militaires sont impliqués dans les manœuvres.

Il a noté que d’une manière ou d’une autre les médias traditionnels occidentaux ne considèrent pas ces exercices comme une menace pour la stabilité de la région et les efforts diplomatiques en cours pour apaiser les tensions sur la péninsule. En revanche, les Médias mainstream occidentaux ont donné l’alerte sur les exercices de combat de la Russie en Biélorussie, qui réunissaient dix fois moins d’hommes militaires.

Comment la Russie pourrait entrer dans le processus de dénucléarisation

Abzalov a supposé que si le scepticisme à l’égard des intentions de Washington prévalait à Pyongyang, le rôle des États-Unis d’Amérique dans les pourparlers ultérieurs sur la dénucléarisation de la péninsule diminuerait considérablement.

Dans ces circonstances, la Russie pourrait servir d’intermédiaire avec la Corée du Sud, le Japon et la Chine, tandis que les négociations entre les États-Unis d’Amérique et la Corée du Nord se traduiraient par des négociations multilatérales.

Ce serait une situation parfaite pour la Russie si la Corée du Nord négocie sa dénucléarisation non seulement avec Washington, mais avec Pékin, Séoul et Moscou, selon le chercheur. Sinon, a-t-il poursuivi, les pourparlers entre Washington et Pyongyang risquent d’aboutir à un accord bilatéral en coulisse. En cas d’échec de la politique de Trump, la Russie pourrait intervenir et changer le statu quo existant, a présumé l’universitaire.

Après l’emportement passager de la Corée du Nord, le ministère chinois des Affaires étrangères a publié une déclaration disant que Pékin espère que Washington et Pyongyang « continuera à construire la confiance mutuelle, et à conjuguer leurs efforts pour réaliser la dénucléarisation de la péninsule coréenne et la paix et la stabilité durables dans la région ».

En outre, la Chine a salué les récents efforts de dénucléarisation qui ont poussé la RPDC à appeler la communauté internationale à faire preuve d’empathie envers Pyongyang.

Plus tôt, le groupe de surveillance 38 Nord a rapporté que l’imagerie satellite du 7 mai confirme que la Corée du Nord est en train de démanteler son site d’essais nucléaires.

Parallèlement, le journal japonais Mainichi Shimbun a rapporté que le président chinois Xi Jinping pourrait également se rendre à Singapour pour participer à la réunion historique, ajoutant que le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, avait refusé de commenter ce voyage.

Les points de vue des contributeurs ne reflètent pas nécessairement ceux de Sputnik.

Traduction : MIRASTNEWS

Source : Sputniknews

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