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Le Maroc participe à la réunion de l’OTAN pour quel rôle assigné?

Le Général Knud Bartels, président du Comité militaire de l’OTAN (D) et le Représentant militaire du Maroc au sein de l’Alliance atlantique. ©Royal Moroccan Armed Forces

Le cheval de Troie? Quel rôle joue le Maroc dans l’Union africaine, une mission lui est-il assignée? Que recherche-t-il? Auparavant, il voulait faire partie de l’Union européenne sous le roi Hassan 2.

Alors que le commandant en chef de l’AFRICOM, le général Thomas Wadhausser s’est rendu, il y a quelques jours en Algérie pour demander à Alger d’ouvrir ses portes à l’OTAN, recevant une fin de non recevoir catégorique de la part des autorités d’Alger, le Maroc participe, ce mardi 29 mai, à l’Assemblée parlementaire du Traité de l’Alliance atlantique nord, OTAN.

Le Maroc a rompu, le 1er mai, ses relations diplomatiques avec l’Iran en accusant l’Iran et le Hezbollah et partant l’Algérie d’avoir soutenu le Front Polisario et en avoir armé et formé les éléments.

LIRE AUSSI: Le message de l’AFRICOM à Alger

Le Hezbollah libanais a rejeté catégoriquement les allégations du ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita selon lesquelles le mouvement de la Résistance libanaise aurait soutenu le Front Polisario et formé ses éléments. Le secrétaire général du Hezbollah a été très clair la-dessus :  » C’est à l’impulsion des israéliens que Rabat accuse le Hezbollah dans un dossier qui lui est parfaitement étranger ».

En établissant un lien militaire entre le Front Polisario et l’Iran, le Maroc, estime de son côté Alger, cherche aussi à s’attaquer à l’Algérie et qui entretient de bonnes relations avec l’Iran et rejette catégoriquement une adhésion à l’OTAN.

Le Hezbollah libanais a publié, mardi soir 1er mai, un communiqué dans lequel il rejette catégoriquement les allégations du ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita selon lesquelles le mouvement de la Résistance libanaise aurait soutenu le Front Polisario et formé ses éléments.

Le Hezbollah libanais a déploré le fait que le Maroc ait recours à de telles accusations, sous pression des États-Unis, d’Israël et de l’Arabie saoudite.

Le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita à Rabat, le 8 décembre 2017. ©AFP

« Il aurait fallu que le ministère marocain des Affaires étrangères trouve un prétexte plus convaincant pour la rupture de ses relations avec l’Iran qui, au lieu de recourir à de vaines allégations, se met aux côtés du peuple palestinien et soutient ses idéaux », affirme le Hezbollah dans son communiqué.

Les encouragements en direction de Rabat venus des monarchies du golfe Persique n’ont pas tardé. Suite à l’annonce du gel des relations entre le Maroc et l’Iran, le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a salué la décision de Rabat et a de nouveau accusé l’Iran d’« ingérence dans les affaires intérieures des autres pays ». Il a prétendu que l’Iran formait les effectifs du Front Polisario par le biais du Hezbollah libanais et que cela constituait un autre exemple de son ingérence dans les affaires internes d’autres pays.

Dans des propos dépourvus de tout fondement juridique, le chef de la diplomatie marocaine a annoncé, mardi, lors d’une conférence de presse que « le Maroc a rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran qui est accusé d’avoir facilité la livraison d’armes au Front Polisario par l’intermédiaire de son allié, le Hezbollah libanais ».

Réaction sahraoui? 

En réaction à la décision inattendue de Rabat, le Front Polisario a qualifié ces accusations anti-iraniennes de « fausses et mensongères », soulignant qu’il ne coopérait pas avec l’Iran.

En effet, sous pression de Riyad et de ses alliés qui ne ménagent aucun effort pour affaiblir le Hezbollah libanais, certains pays arabes dont Djibouti ont déjà rompu leurs relations avec l’Iran.

L’Iran et la Résistance libanaise jouent un rôle primordial dans la neutralisation des complots et des agissements du triangle USA/Arabie/Israël.

Étendue désertique de 266.000 kilomètres carrés, le Sahara occidental, seul territoire du continent africain dont le statut post-colonial n’est pas réglé, est revendiqué par le Maroc – qui en contrôle la majeure partie – et par le Front Polisario, qui réclame un référendum d’autodétermination.

Le Maroc rejette toute solution autre qu’une autonomie sous sa souveraineté. Un cessez-le-feu est intervenu en 1991 après des années de conflit.

Un marché Rabat-Washington? 

La décision de Rabat intervient quelques jours après le renouvellement assez pénible de la mission onusienne au Sahara occidental. Or le vote n’aurait pas pu avoir lieu sans l’appui décisif des Américains à Rabat, alors que les États-Unis sont engagés dans un bras de fer total contre l’Iran et qu’ils s’apprêtent à se retirer de l’accord nucléaire qu’ils ont signé avec Téhéran en 2015.

Les accusations infondées de Rabat contre le Hezbollah comme quoi le mouvement serait impliqué dans « le trafic de missiles au Sahara occidental » et formerait les membres du Front Polisario serviront par ailleurs la cause anti-Résistance des Etats-Unis qui multiplient des mesures restrictives à l’encontre de la Résistance. Il semblerait que le royaume marocain ait cédé à un grotesque marchandage avec Américains et Israéliens. Mais pourquoi maintenant? La décision radicale de Rabat intervient à quelques jours d’une élection cruciale au Liban dont l’issue verrait sauf surprise la large victoire du Hezbollah. Or aussi bien Israël que les Etats-Unis craignent la perspective d’un Liban où le Hezbollah puisse peser à titre d’une force politique à part entière.

En 2016, le Maroc a rejoint la plateforme d’interopérabilité de l’OTAN pour promouvoir une interopérabilité accrue entre l’OTAN et ses partenaires dans les opérations et missions dirigées par l’OTAN, et en 2017, le Maroc et l’OTAN ont conclu un accord pour renforcer la cybersécurité.

Depuis 1994, le Maroc a également participé au dialogue méditerranéen de l’OTAN. Dans ce contexte, le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques et à la politique de sécurité de l’OTAN, l’Ambassadeur Alejandro Alvargonzález, s’est rendu au Maroc du 21 au 23 mai pour discuter de la coopération OTAN-Maroc et d’un nouveau programme de partenariat et de coopération. Les États-Unis et l’OTAN cherchent depuis des années à avoir une solide assise dans la région ultra-stratégique du nord de l’Afrique et en Méditerranée. Le Maroc semble leur offrir, rien que par ses relations avec le camp atlantiste, une porte d’entrée dans cette région.

Source: Press TV

Deraa : ce qui inquiète les Américains?

Des éléments de l’ASL dans la banlieue de Quneitra, en Syrie, le 24 août 2017. ©Reuters

Dans un article diffusé sur son blog, l’analyste et journaliste libanais des questions syriennes, Elijah J.Magnier tente de déchiffrer les pourquoi de l’opposition américaine à une offensive d’envergure de l’armée syrienne dans la province de Deraa. 

 Elijah J.Magnier s’arrête sur la mise en garde lancée par les États-Unis à l’armée syrienne, si « celle-ci décidait de s’attaquer aux terroristes opérant à Deraa ».

Les forces de l’armée syrienne à Deir ez-Zor. ©Al-Manar

Après plus de sept ans de guerre dans les régions du Sud contre l’État et l’armée de la Syrie par terroristes interposés, Israël est contraint à se rendre à l’évidence : Deraa risque de revenir à l’État syrien sans combat. Les terroristes qu’il a financés et soutenus lui tournent le dos.

Le chargé d’affaires de l’ambassade syrienne en poste à Amman a en effet annoncé qu’il se peut que Damas n’ait à mener aucune opération militaire dans le Sud.

« Alors que l’armée syrienne continue inlassablement sa lutte sur tous les fronts, Washington accuse l’État syrien d’avoir violé le cessez-le-feu et la menace de prendre des mesures fermes et appropriées. Dans leur communiqué plein de menaces, les Américains rappellent d’ailleurs qu’ils sont avec la Russie et la Jordanie des garants du cessez-le-feu en vigueur dans le sud et que toute violation à cette trêve, serait ripostée par des mesures fermes et appropriées ». Le Département d’État va même jusqu’à accuser, comble d’ironie, l’armée syrienne de chercher à attiser le feu du conflit, accordant quasi directement la légitimité des terroristes takfiristes qui agissent dans le sud syrien. En effet, la seule raison de l’opposition américaine à la sécurisation de Deraa et de Quneitra consiste à protéger les terroristes d’Al-Nosra et de Daech qui ont fusionné dans cette région et portent désormais le nom de Jaïch al-Khalid al-Walid ».

En évoquant les tractations intenses qui se déroulent en ce moment entre la Russie d’une part et la Jordanie et les Etats-Unis de l’autre, l’analyste souligne :  » Il est mille fois vrai que les Américains et les Jordaniens agissent dans le sens des intérêts d’Israël. Ils ne veulent pas que les terroristes takfiristes soient démantelées dans le triangle frontalier. C’est un rempart pour Israël mais aussi une source qui justifie les ingérences américaines et l’expansionnisme israélien. Or compte tenu de la situation actuelle, il ne reste qu’une seule solution. L’État syrien devra engager au plus vite un dialogue et établir un triple lien entre  » armée-peuple-Résistance » tout en s’appuyant sur la résistance armée des habitants du sud. Après tout, la zone de désescalade au sud sur quoi Poutine et Trump se sont accordés ne pourra être frappée et si elle l’est, il y a la puissante DCA syrienne pour la défendre ».

Source: Press TV

Syrie: qui attaque réellement l’armée régulière et les forces russes?

Deir ez-Zor est une zone stratégique qui fut l’objet de nombreux combats. Tenue par les forces américaines, les tentatives de l’armée syrienne de reprendre le contrôle de ce territoire au sous-sol particulièrement riche se sont toujours terminées par une attaque frontale de la « coalition » américaine. Il y a quelques jours encore, l’armée régulière syrienne, aidée par la Russie, s’est fait attaquer. Quatre militaires russes sont morts. Il semblerait pourtant que Daesh ait bon dos, certains parlent de l’implication de « l’opposition modérée », celle formée par les Etats-Unis. Au-delà des discours sur les plateformes internationales parlant d’un règlement commun du conflit en Syrie, il est évident que les intérêts en présence sont trop divergents.

Deir ez-Zor est l’objet de combats récurrents, à l’occasion desquels l’armée américaine et leurs alliés de »l’opposition démocratique » (démocratique puisque d’opposition, logique) attaquent l’armée syrienne, pourtant armée d’Etat combattant sur son territoire (voir notre texte ici). Ce qui finalement correspond plus au mode d’action d’un pays instaurant un régime d’occupation d’un territoire étranger, que de mécanismes de lutte contre le terrorisme.

Il semblerait pourtant que les attaques soient également dirigées contre la Russie, en tant qu’elle soutienne l’armée syrienne et empêche ainsi la victoire des « terroristes modérés », soutenus par l’Occident. Terroristes formés et armés par eux. Notamment sur la base américaine, non autorisée par le gouvernement syrien, qui se trouve à al-Tanaf. Cette base militaire, aménagée par le Pentagone en 2014, qui sert notamment à l’entraînement des groupes radicaux. La Russie a plusieurs fois demandé la fermeture de cette base, illégale, qui bloque aussi l’accès de l’aide humanitaire au camp de réfugiés qui avait été installé dans la région et compte plus de 50 000 personnes, femmes et enfants, placés sous le joug de groupes extrémistes, qui l’ont divisé en plusieurs secteurs. Sans que cela ne dérange nullement la très démocratique coalition américaine, ni que la presse ne s’indigne.

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre l’attaque subie par les forces syriennes la semaine dernière. Dès le 21 mai, une nouvelle, la troisième, attaque de drones militaires sur la base russe de Lattakié est repoussée. Cela se passe sur fond de libération totale de Damas des groupes extrémistes. Donc de défaite des groupes pro-américains, soutenus par la coalition.

Dimanche, le ministère russe de la défense annonce qu’une attaque a été perpétrée contre l’armée syrienne dans la région de Deir ez-Zor, en résultat de quoi 4 militaires russes sont morts, dont deux conseillers en artillerie, et trois sont blessés. Si les regards sont évidemment tournés vers les groupes extrémistes de l’état islamique, le journal libéral Kommersant avance la possibilité d’une autre voie examinée par la Russie, à savoir celle de la participation de cette incontournable « opposition modérée » pro-américaine.

Selon une source militaire, les combats ont eu lieu en milieu de semaine dernière. Quelques jours auparavant, des militaires russes sont arrivés dans la région pour coordonner l’artillerie syrienne et former les Syriens à leur utilisation. Dans la nuit du 23 mai, une attaque violente, par des forces extrêmement bien formées, a duré plus d’une heure. 43 extrémistes ont été tués et plusieurs véhicules militaires détruits. La Russie enquête pour savoir ce qui s’est passé et qui est intervenu. En dehors de l’état islamique, il semblerait que des membres de l’Armée libre syrienne (dont les accointances avec Al Nosra sont depuis longtemps révélées) soient présents sur la base américaine d’al-Tanaf et formés avec d’autres groupes de « l’opposition modérée » par la coalition américaine. Sauf que ces groupes « d’opposition » ne se battent manifestement pas contre les groupes radicaux, mais avec les groupes radicaux contre l’armée syrienne régulière et ceux qui la soutiennent. Nous sommes assez loin de la lutte contre le terrorisme.

S’il s’agit bien de défendre bec et ongles une région riche et stratégique, que les Etats-Unis n’ont absolument ni l’intention, ni l’intérêt de rendre à la Syrie, cette attaque montre que finalement cette « coalition démocratique » est prête à aller très loin, voire attaquer les militaires russes sur place, soit directement, soit en lançant des groupes plus ou moins officiellement radicalisés.

Par Karine Bechet-Golovko: journaliste franco-russe

Source : Russie politics via Almanar

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