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L’Occident crée des guerres un peu partout, mais l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie veulent mettre en place un «axe» contre l’immigration illégale

Migrants de l’Aquarius, le 12 juin 2018, photo ©SOS Méditerranée/Reuters

« L’Occident encourage l’instauration des dictatures, la pratique de la prédation et de la corruption massive, et engage des guerres un peu partout dans le monde, mais »:

L’Allemagne, l’Autriche et l’Italie veulent créer un «axe» contre l’immigration illégale, selon Kurz

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a annoncé l’intention des ministres autrichien, allemand et italien de l’Intérieur de créer un «axe» pour lutter contre l’immigration clandestine, alors que les Européens se déchirent sur la question.

Le fossé entre une partie de l’Union européenne (UE) et une autre est-il en train de se creuser sur le dossier de la crise migratoire ? «Je suis heureux de la bonne coopération que nous voulons bâtir entre Rome, Vienne et Berlin» dans ce domaine, a déclaré le chancelier autrichien Sebastian Kurz, ce 13 juin à l’issue d’une rencontre avec le ministre allemand de l’Intérieur, Horst Seehofer. «A notre avis il faut un axe des volontaires dans la lutte contre l’immigration illégale», a ajouté Sebastian Kurz.

Des efforts sont en cours pour créer en dehors de l’Europe des centres de protection où nous pourrons héberger les réfugiés

Celui-ci a également évoqué la veille, à l’antenne de la télévision publique autrichienne ORF, la piste de la création de centres d’accueil pour les migrants situés à l’extérieur de l’UE. «Des efforts sont en cours pour créer en dehors de l’Europe des centres de protection où nous pourrons héberger les réfugiés, offrir une protection mais pas une vie meilleure en Europe centrale», a-t-il fait savoir. «C’est un projet sur lequel nous travaillons avec un petit nombre d’Etats de façon très confidentielle […] pour en accroître la faisabilité», a-t-il précisé.

Lire aussi : 1 200 demandes d’asile validées sans vérification : Angela Merkel était-elle au courant ?

Pour autant, côté allemand, la chancelière Angela Merkel approuvera-t-elle l’adhésion à ce projet de son ministre de l’Intérieur ? L’Allemand Horst Seehofer a fait part de son opposition à la politique migratoire menée jusqu’alors par la chancelière. En signe de protestation, Horst Seehofer a annulé le 12 juin sa participation à une réunion sur l’intégration des migrants prévue pour ce 13 juin. La question migratoire a coûté très cher aux partis traditionnels lors des élections législatives fédérales allemandes en septembre 2017… et divisé jusque dans les rangs mêmes de la formation politique d’Angela Merkel, l’Union chrétienne démocrate (CDU).

Cristallisation de la crise migratoire sur le déroutage de l’Aquarius

Cette annonce intervient alors que la tension monte entre Paris et Rome, après que le navire de sauvetage de migrants de l’ONG SOS Méditerranée Aquarius, chargé de quelque 629 migrants s’est vu refuser l’accès aux ports italiens.

A la suite des sévères critiques formulées par Emmanuel Macron sur la décision italienne et, plus globalement, sur la gestion de l’accueil des migrants, l’Italie a sommé ce 13 juin la France de s’excuser officiellement sous peine d’annuler la rencontre prévue le 15 juin à Paris entre Giuseppe Conte et Emmanuel Macron. «Si les excuses officielles n’arrivent pas, le Premier ministre Conte fera une bonne chose en ne se rendant pas en France», a ainsi précisé le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini devant des journalistes.

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Source: RT France

Crise de l’Aquarius : Rome convoque l’ambassadeur français, Conte pourrait annuler sa visite à Paris

Le président français Emmanuel Macron et le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte (montage/© PHILIPPE WOJAZER / AFP ; Alessandro Bianchi/REUTERS

L’affaire du navire de sauvetage de migrants Aquarius a ouvert une brèche entre l’Italie et la France. Après les remontrances françaises sur le sujet, le chef du gouvernement italien pourrait annuler sa visite du 15 juin en France.

La tension monte entre la France et l’Italie. En marge des sévères critiques formulées par Emmanuel Macron sur la décision italienne de ne pas laisser accoster le bateau de sauvetage de migrants Aquarius, et, plus globalement, sur la gestion de l’accueil des migrants, le ministre italien de l’Economie Giovanni Tria a annulé sa rencontre avec son homologue français Bruno le Maire, qui était prévue ce 13 juin. à Paris

L’Italie a en outre sommé ce même 13 juin la France de s’excuser officiellement sous peine d’annuler la rencontre prévue le 15 juin à Paris entre Giuseppe Conte et Emmanuel Macron. «Si les excuses officielles n’arrivent pas, le Premier ministre Conte fera une bonne chose en n’allant pas en France», a ainsi précisé le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini devant des journalistes. L’ambassadeur de France en Italie, Christian Masset, a auparavant été convoqué à Rome, illustrant les dissensions qui existent en Europe sur la gestion de la crise migratoire. Le ministre italien des Affaires étrangères lui a fait savoir que les critiques françaises envers la politique migratoire italienne étaient «injustifiées» et compromettaient les relations entre la France et l’Italie.

Si les excuses officielles n’arrivent pas, le Premier ministre Conte fera une bonne chose en n’allant pas en France

Christian Masset avait déjà été convoqué le 30 mars dernier, là encore pour un incident lié à la question migratoire. L’Italie avait considéré comme un «acte grave» un contrôle opéré par des douaniers français en territoire italien à la gare de Bardonecchia près de la frontière entre les deux pays.

Après le refus ce 10 juin du ministre de l’Intérieur Matteo Salvini d’accueillir dans un port italien le bateau de l’ONG SOS Méditerranée avec à son bord plus de 600 migrants, le président français avait vivement critiqué la décision du gouvernement italien. Selon le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, le locataire de l’Elysée avait dénoncé le 12 juin en Conseil des ministres «la part de cynisme et d’irresponsabilité du gouvernement italien». Le porte-parole du parti présidentiel, Gabriel Attal, avait même renchéri sur Public Sénat le même jour, en estimant que «la position, la ligne du gouvernement italien» était «à vomir». La réponse transalpine ne s’était pas fait attendre. Le Premier ministre, le ministre de l’Economie et le ministre de l’Intérieur italien s’étaient montrés virulents en retour à l’égard de la France. Fustigeant les «leçons» données par la France, la présidence du Conseil avait également diffusé une note résumant les griefs italiens envers son voisin.

La France pointée du doigt pour sa politique migratoire

«Les déclarations concernant l’affaire de l’Aquarius venant de la France sont surprenantes et démontrent un sérieux manque d’informations sur le contexte réel. L’Italie ne peut accepter de leçons hypocrites de pays», a ainsi expliqué le chef du gouvernement Giuseppe Conte le 12 juin.

Au président français je dis, «Emmanuel, si tu as le cœur aussi gros que tu le dis, demain nous te donnerons les 9 000 migrants que tu t’étais engagé à prendre»

Les deux leaders des partis vainqueurs des dernières élections italiennes, désormais ministres, ont également réagi aux critiques du président français le même jour. «La France et l’Espagne ont fermé leurs ports depuis longtemps […] Il est embarrassant que des représentants de ces pays viennent faire la morale seulement parce que nous demandons à nos partenaires européens de partager avec l’Italie les droits, les devoirs et la solidarité», avait pour sa part estimé Luigi Di Maio (Mouvement 5 étoiles). «Le pays le plus en tort par rapport à nous, c’est la France, qui n’a pris jusqu’à présent que 640 migrants quand elle s’était engagée pour 9 610 personnes», a-t-il encore affirmé lors d’une émission de télévision. Sur Facebook, il a en outre accusé la France de «repousser quotidiennement les migrants à Vintimille».

Agence France-Presse

@afpfr

« La France et l’Espagne ont fermé leurs ports depuis longtemps (…) Il est embarrassant que des représentants de ces pays viennent faire la morale », a fait valoir @luigidimaio, vice-Premier ministre italien

Le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini (Ligue), en première ligne dans la crise migratoire et dont il a fait de sa jugulation une promesse de campagne, a, lui, directement tancé Emmanuel Macron : «Au président français je dis, « Emmanuel, si tu as le cœur aussi gros que tu le dis, demain nous te donnerons les 9 000 migrants que tu t’étais engagé à prendre »».

Agence France-Presse

@afpfr

Rome refuse de recevoir des « leçons hypocrites » de Paris sur la question migratoire http://u.afp.com/oQnL 

Emmanuel Macron a rencontré Giuseppe Conte le 8 juin au Canada dans le cadre du G7. Dix jours plus tôt, il avait félicité le président italien Sergio Mattarella pour avoir refusé de valider le premier gouvernement Conte car devait s’y trouver un ministre ouvertement eurosceptique.

Source: RT France

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