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Macron envisage des sanctions financières pour les pays de l’UE revendiquant «leur égoïsme national»

© Handout Source: Reuters
Des migrants sur le bateau Lifeline, sur la mer Méditerranée, le 21 juin 2018

Le président français Emmanuel Macron, lors d’une conférence avec le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, a déclaré souhaiter des sanctions financières envers les pays de l’UE qui refusent d’accueillir les migrants.

Lors d’une conférence de presse avec le nouveau Premier ministre espagnol Pedro Sanchez le 23 juin, le président français Emmanuel Macron s’est déclaré favorable à la prise de sanctions financières contre les pays de l’Union européenne (UE) qui refuseraient d’accueillir des migrants : «On ne peut avoir des pays qui bénéficient massivement de la solidarité de l’UE et qui revendiquent massivement leur égoïsme national quand il s’agit de sujets migratoires.»

«Je suis favorable à ce qu’il y ait des sanctions qui existent en cas de non solidarité […] à ce que des conditions sur ce sujet soient mises au financement d’aides structurelles», a-t-il ajouté. «Je suis résolument favorable à ce qu’il y ait des mécanismes qui prennent en compte cela. C’est un débat qui viendra en temps voulu.»

Pour la mise en place de centres fermés sur le sol européen

Sur la question migratoire, Pedro Sanchez et Emmanuel Macron se sont tous deux prononcés pour la création de centres d’accueil fermés dans les pays européens d’arrivée des migrants. «Une fois débarqués sur le sol européen, nous sommes favorables à mettre en place des centres fermés conformément au HCR, avec des moyens européens qui permettent […] une solidarité financière immédiate, une instruction rapide des dossiers, une solidarité européenne pour que chaque pays prenne de manière organisée les personnes qui ont droit à l’asile», a expliqué le président français.

Ces centres devront permettre d’étudier les dossiers des migrants au cas par cas, afin de déterminer ceux à qui l’asile pourrait être accordé et ceux qui devront être raccompagnés dans leur pays d’origine.

Rares sont les centres fermés accueillant les migrants à leur arrivée aujourd’hui en Europe. Seules l’Italie et la Grèce en abritent quelques uns, tous géré par le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

La question de l’accueil des migrants sera au centre d’un mini-sommet le 24 juin à Bruxelles. Destiné à préparer le Conseil européen des 28 et 29 juin, il sera boycotté par les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie), partisans d’une ligne dure sur l’immigration.

Lire aussi : Migrants : vers des «hotspots» en dehors de l’Union européenne afin d’étudier les demandes d’asile ?

Source: RT France

Deuxième anniversaire du Brexit : Emmanuel Macron incarne-t-il le leadership Union-européiste ?

© Stephane Mahe Source: Reuters
Emmanuel Macron est déterminé à devenir le patron des union-européistes

Le 23 juin 2016, les Britanniques ont voté pour le retrait du Royaume-uni de l’Union européenne. Et depuis deux ans, l’euroscepticisme gagne du terrain partout en Europe. La France, par la voix d’Emmanuel Macron, veut contrecarrer cette influence.

Deux ans après le vote sur le Brexit, le 23 juin 2016 et la volonté du peuple britannique de  sortir de l’UE, les puissances économiques européennes cherchent à relancer la machine bruxelloise. Une machine largement enrayée depuis plus de deux ans. D’abord, on pourrait évoquer la fronde du groupe de Visegrad en 2015 (Hongrie, République tchèque, Slovaquie, Pologne) contre les quotas d’accueil de migrants dans leur pays. Ensuite, l’UE a fait les frais des différentes élections qui se sont enchaînées, et notamment des législatives : la victoire du nationaliste anti-immigration Viktor Orban en Hongrie en avril 2018, le succès des conservateurs et des nationalistes en Autriche en 2017, le plébiscite en Italie pour des partis eurosceptiques et anti-immigration en mars 2018, etc.

Cette contagion eurosceptique souvent décrite comme populiste est une crainte pour les europhiles, auxquels appartient Emmanuel Macron. Le président de la République française a d’ailleurs évoqué le 21 juin à Quimper la «lèpre qui monte» en Europe, «le nationalisme qui renaît, la frontière fermée que certains proposent», critiquant, par cette posture, les choix démocratiques des peuples.

Emmanuel Macron

@EmmanuelMacron

LIVE | Faire de la France une chance pour chacun c’est permettre à chaque territoire de se développer et d’innover. Pour en savoir plus, écoutez mon discours à Quimper. https://www.pscp.tv/w/1YqKDQvvgwDGV 

La France a peur. Le Brexit a fait naître des angoisses économiques et politiques. La diminution du budget européen à cause de la sortie du Royaume-uni pourrait en effet désagréger la politique agricole commune (PAC), dont la France est la première bénéficiaire, avec près de neuf milliards d’euros d’aides par an. La Commission a effectivement proposé début mai une baisse de 5% du budget dédié à la PAC pour la période 2021-2027 afin de compenser le départ du Royaume-uni, avec une enveloppe totale de 365 milliards d’euros, mais certains craignent déjà des coupes encore plus sévères. Emmanuel Macron a rappelé dans le même discours de Quimper : «Ce qui est proposé aujourd’hui est inacceptable. Cela revient à dire que le coût du Brexit sera payé par les paysans européens. Nous ne l’accepterons pas.»

Emmanuel Macron

@EmmanuelMacron

Sur la Politique Agricole Commune en Europe, ce qui est proposé aujourd’hui est inacceptable. Cela revient à dire que le coût du Brexit sera payé par les paysans européens. Nous ne l’accepterons pas.

La menace d’un choix démocratique par lequel les nations françaises ou allemandes exigeraient la sortie de l’UE est une peur patente pour leurs dirigeants. Si l’apocalypse annoncée par certains éditorialistes, experts et personnalités politiques après le Brexit en 2016 n’a pas eu lieu, l’avenir économique du Royaume-uni reste incertain. Airbus, par exemple, menace de quitter le pays et fait planer le doute sur le sort des 15 000 personnes employées par le géant de l’aéronautique sur plus de 25 sites dans le pays, où il fabrique les ailes de ses avions civils et militaires. Airbus fait aussi travailler indirectement plus de 100 000 personnes, à travers un réseau de 4 000 fournisseurs et contribue à hauteur d’environ 9 milliards d’euros à l’activité économique britannique. La France comme l’Allemagne redoutent les conséquences négatives d’un tel scénario pour leur économie, qui remettraient certes en cause leur attractivité, mais aussi les traités de libre-échange, les accords commerciaux, le marché intérieur dit «unique», l’euro et finalement le projet européen.

L’UE cherche son leader

Face à ce marasme, qui peut prétendre à la place de leader de l’Union européenne et faire se lever une vague europhile ? Depuis les années 1990, l’Allemagne paraît être la place forte de l’intégration européenne et la locomotive de la construction européenne.

Mais la politique migratoire très ouverte d’Angela Merkel en 2015 et 2016 a fortement affaibli la chancelière, même dans son propre camp. Les événements de Cologne et les agressions sexuelles dans d’autres villes commises par des étrangers ou des migrants, les attaques terroristes et la montée du salafisme ont nourri cette critique. Ainsi, Angela Merkel semble d’abord préoccupée par la gestion d’une crise gouvernementale interne et la stabilité politique de l’Allemagne. De plus, depuis la crise grecque, Berlin a une attitude contestée pour sa mainmise sur les orientations économiques de l’UE, ce qui n’aide pas à rendre l’Allemagne populaire.

Après le Brexit, Matteo Renzi, le président centre-gauche du Conseil des ministres d’Italie (troisième puissance économique de l’UE), pouvait incarner un européisme jeune, moderne et progressiste. Sauf que les Italiens lui ont infligé plusieurs camouflets dans les urnes avec, par exemple, la percée eurosceptique du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue lors des élections générales de mars 2018. Exit donc Matteo Renzi.

Les regards fédéralistes se tournent donc vers Emmanuel Macron, nouveau président français depuis mai 2017, régulièrement comparé à… Matteo Renzi. Mais ses projets fédéralistes tâtonnent, notamment la création d’un budget de la zone euro confronté au scepticisme des Pays-Bas et de pays hors-zone euro comme le Danemark et la Suède. Sur le plan intérieur, si Emmanuel Macron semble – comme en son temps Matteo Renzi en Italie – le plus européistedes responsables politiques européens, il doit aussi faire face à un euroscepticisme ambiant. Le dernier référendum, en 2005, avait vu 54,68% des Français refuser le traité constitutionnel européen. 13 ans après, aucun dirigeant français pro-UE n’a osé interroger la nation sur la question européenne. Par ailleurs, invité à réagir sur le Brexit, le président Emmanuel Macron confessait à la BBC, le 20 janvier 2018, que les Français choisiraient «probablement» la même voie que les Britanniques, si référendum il y avait.

Lire aussi : Les quatre points clé de la négociation franco-allemande sur la réforme de l’euro

Source: RT France

Le milliardaire François Pinault tacle Emmanuel Macron : «Macron ne comprend pas les petites gens»

© Charles Platiau Source: Reuters
François Pinault est très critique sur le président français

Interrogé par Le Monde, le businessman François Pinault, ex-soutien de Jacques Chirac et de François Hollande, n’a pas hésité à égratigner la politique d’Emmanuel Macron : «J’ai peur qu’il mène la France vers un système qui oublie les plus modestes.»

Président des riches, Emmanuel Macron ? Certainement, d’après de nombreux points de vue. Une position partagée par ses opposants politiques, surtout à gauche, mais aussi de façon plus surprenante par l’homme d’affaire et milliardaire François Pinault. .

Pour Le Monde, le 22 juin, celui qui est aussi collectionneur d’art confie en effet penser que «Macron ne comprend pas les petites gens». «J’ai peur qu’il mène la France vers un système qui oublie les plus modestes…», ajoute-t-il.

Des paroles qui ont suscité l’exaspération du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, sur Europe 1 le lendemain : «De la part de quelqu’un qui, pendant longtemps, n’a pas payé d’impôts, je ne suis pas certain qu’il comprenne lui-même les petites gens.»

En effet, en 1999, le Canard enchaîné avait révélé que François Pinault avait échappé à l’impôt sur la fortune en 1997 via un système de déductions. En 2002, le milliardaire avait versé 450 millions d’euros au fisc pour apurer un certain nombre de montages financiers litigieux, dans le cadre de la donation partage de son groupe à ses enfants.

Lire aussi : Avec Bernard Arnault et François Pinault, les milliardaires connaissent une année faste en France

Source: RT France

12 pays européens s’opposent à un futur budget de la zone euro

© Kai Pfaffenbach Source: Reuters
L’Eurozone aura bientôt son propre budget ?

Le projet franco-allemand d’un budget de la zone euro a déjà du plomb dans l’aile. Plusieurs pays dont les Pays-Bas, la Belgique ou le Luxembourg ont adressé un courrier le 22 juin au président de l’Eurogroupe pour dénoncer cette idée.

Emmanuel Macron a encore du travail avant de pouvoir prétendre être le leader de la construction européenne. Alors qu‘il a négocié avec Angela Merkel le 19 juin pour la constitution d’un budget de la zone euro (l’une de ses promesses de campagne en 2017), certains pays de l’Union européenne ont d’ores et déjà montré leur scepticisme. En effet, le ministre des Finances néerlandais Wopke Hoekstra a envoyé un courrier le 22 juin au président de l’Eurozone Mario Centeno pour afficher publiquement sa désapprobation.

Une lettre qui a été signée par onze autres pays selon le média néerlandais NOS : la Belgique, le Luxembourg, l’Autriche, le Danemark, la Suède, l’Irlande, Malte, la Finlande, l’Estonie, la Lituanie et la Lettonie.

Parmi leurs objections figure le financement du projet, selon NOS qui a révélé l’information. D’après le média néerlandais, des dizaines de milliards d’euros devraient effectivement être engagées pour stimuler l’investissement dans la zone euro. Une réunion de l’Eurogroupe le 21 juin devait acter la mise en place d’une taxe sur les transactions financières pour subventionner le plan, sauf que de nombreux pays se sont opposés à cette taxe. Les Pays-Bas ont été contre un tel budget dès le début.

Pour les Néerlandais, chaque pays devrait s’assurer qu’il peut se débrouiller seul financièrement. De fait, les pays du Nord craignent des risques de dérives budgétaires. «En ce qui concerne une capacité fiscale ou un budget pour la zone euro, une question se pose : quel genre de problème cela résout-il ? Ça n’est pas clair pour nous et nous n’y sommes pas favorables», avait confié Wopke Hoekstra à l’AFP le 21 juin.

Bruno le Maire veut «convaincre»

Toujours selon l’agence de presse française, Bruno Le Maire, ministre français de l’Economie et des Finances, a tenu, de son côté, à être rassurant. Il a certes convenu que «des doutes s’étaient exprimés sur le budget de la zone euro», lors de la discussion des 27 ministres des Finances de l’UE (le Royaume Uni n’était pas présent en raison du Brexit). Toutefois, il a ajouté que «chacun connaissait les positions des Etats membres de la zone euro sur ce sujet, à nous de convaincre». Lors d’un point presse, il a également assuré que l’accord avec l’Allemagne pour la formation d’un budget de l’Eurozone était «historique» et permettrait «d’avoir une monnaie forte mais aussi une économie forte et plus d’emplois».

La France dans l’UE

@RPFranceUE

« Accord historique : C’est la 1ère fois que la France et l’Allemagne se mettent d’accord sur cette idée qu’ est le budget de la zone euro. Cela permettra à tous les citoyens de la zone euro, d’avoir une monnaie forte mais aussi une économie forte et plus d’emplois »-@BrunoLeMaire

Une argumentation qui rappelle celle d’économistes et de personnalités politiques pour la promotion de l’euro. Avant le référendum de Maastricht, l’ancien Premier ministre Michel Rocard expliquait dans Ouest-France, le 27 août 1992: «La monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité.» En 1996, trois ans avant l’introduction de l’euro, Jacques Attali attestait également : «Lorsque [le Traité de Maastricht] sera appliqué, il est évident qu’il y aura une très forte croissance qui en découlera car nous aurons un grand espace économique avec une monnaie unique.»

Un budget de l’eurozone pour 2021 ?

L’idée est de mettre en place ce budget spécifique à la zone euro à partir de 2021, a priori dans le cadre du plan pluriannuel pour l’ensemble de l’UE. Sa création doit être approuvée par les 27 pays de l’Union à l’unanimité.

Dans la déclaration franco-allemande présentée le 19 juin, aucune mention n’avait été faite du montant du budget, renvoyant cette épineuse question à plus tard. Initialement, la France espérait plusieurs centaines de milliards d’euros, mais il ne devrait n’y en avoir que quelques dizaines.

Lire aussi : Deuxième anniversaire du Brexit : Emmanuel Macron incarne-t-il le leadership Union-européiste ?

Source: RT France

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