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Iran: La France perd des positions commerciales et des ressources financières – qui paye la facture?

Le siège du groupe automobile français PSA. ©AFP

Les ventes de PSA au Moyen-Orient ont baissé

Le constructeur automobile français PSA Peugeot Citroën vient d’annoncer qu’à cause de nouvelles sanctions américaines contre l’Iran, ses ventes du premier semestre au Moyen-Orient ont connu une baisse de 26 %.

Le groupe automobile français enregistre une hausse limitée de 1,9 % de ses ventes mondiales au premier semestre (+ 38 % avec Opel-Vauxhall).

Le groupe accuse le coup de la suspension de ses activités en Iran.

Selon Reuters, le groupe a vendu plus de 2 181 millions de véhicules dans le monde, un chiffre en hausse de 38,1 % par rapport au premier semestre 2017.

PSA a signé un record de ventes au premier semestre, avec 2 181 millions de véhicules écoulés (+ 38,1 %). Sans l’ajout des 571 832 véhicules Opel et Vauxhall, les volumes de Peugeot, Citroën et DS ressortent en croissance de 1,9 %. Mais les ventes au Moyen-Orient et en Afrique ont considérablement baissé à cause du retrait d’Iran rendu obligatoire par la décision unilatérale des États-Unis de casser l’accord nucléaire de 2015.

Iran Khodro a sauvé le constructeur automobile PSA. ©DR

Tandis qu’en Chine et en Europe les ventes de PSA ont baissé, elles ont légèrement progressé au premier semestre de l’année grâce au redémarrage de la production sous licence en Iran.

Heureusement qu’il y a l’Iran. Les ventes de PSA ont légèrement progressé au premier semestre de l’année grâce au redémarrage de sa production sous licence en Iran, qui a compensé l’effondrement des volumes en Chine. Le constructeur automobile français a vendu 1,58 million de véhicules dans le monde entre janvier et juin, contre un peu plus de 1,54 million à la même période en 2016. La marque Peugeot a enregistré une hausse de 15 % de ses ventes (grâce à l’Iran), tandis que Citroën recule de 12 % et DS de 46 %, a indiqué le journal Les Échos.

Le groupe automobile sauve toutefois la mise grâce aux véhicules utilitaires, qui confirment leur bonne dynamique, et surtout à la zone Moyen-Orient et Afrique, où ses ventes ont plus que triplé, à 277 931 unités (+217,93 %) — grâce aux 207 900 véhicules produits en Iran sous licence Peugeot chez Iran Khodro. Sans cela, PSA afficherait une baisse de plus de 10 % de ses ventes, a poursuivi ce quotidien français.

En Europe, de loin le premier marché du groupe, les ventes ont baissé de 2 %, avec 1,03 million d’unités écoulées.

Dans cette zone, les volumes sont en repli de 18,6 % à 226 000 unités, le groupe ne comptabilisant pas les ventes iraniennes depuis début mai. En 2017, l’Iran s’attribuait plus de 12 % de l’ensemble des ventes du constructeur français dans le monde.

Le groupe PSA continue de souffrir en Chine, mais surtout, l’Iran ampute une grande partie des volumes. Pour rappel, le groupe avait annoncé la suspension de ses activités le 1er mai dernier, à la suite du rétablissement de l’embargo imposé par l’administration américaine sur le pays. Le manque à gagner se comptera par centaines de milliers de voitures par an si la situation persiste.

PSA a toujours cherché à étendre ses marchés vers l’extérieur de l’Europe, mais la sortie du groupe de l’Iran à cause des sanctions américaines et le contrat du rachat de la marque Opel en août 2017 ont renforcé encore la dépendance de PSA envers le marché européen.

Source: Press TV

Le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, au château de Versailles, le 9 juillet 2018. ©AFP

La France affirme que les États-Unis ont rejeté sa demande d’exempter les entreprises françaises des sanctions que Washington prévoit d’imposer à l’Iran.

Selon les médias, le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a déclaré que le département du Trésor américain avait officiellement informé Paris qu’aucune dérogation ne serait accordée aux entreprises françaises pour travailler avec l’Iran une fois les sanctions rétablies.

« J’ai écrit au printemps à Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor américain, pour lui demander des exemptions pour les entreprises européennes installées légalement en Iran ou des délais supplémentaires dans l’application des sanctions. Nous venons de recevoir sa réponse : elle est négative », explique ce vendredi le ministre français cité par AFP.

Le Maire a déclaré que l’Europe devait réagir rapidement pour protéger sa souveraineté économique.

« L’Europe doit se doter d’instruments pour résister aux sanctions extraterritoriales », a-t-il déclaré.

Les ministres des Affaires étrangères et des Finances de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni ont écrit une lettre aux hauts fonctionnaires américains le mois dernier, soulignant les domaines clés qu’ils voulaient voir exemptés des sanctions américaines, à savoir les produits pharmaceutiques, les soins de santé, l’énergie, l’automobile, l’aviation civile, les infrastructures et les banques.

Les ministres ont jugé que les mesures américaines, y compris les sanctions secondaires qui pourraient empêcher l’Union européenne de continuer à soutenir l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran, nuiraient aux intérêts sécuritaires de l’Europe.

Plus tôt en juin, Le Maire a affirmé que l’Europe devait édifier des institutions financières indépendantes qui seraient à l’abri des sanctions américaines, ce qui, selon lui, rend déjà impossible aux entreprises européennes de faire des affaires avec l’Iran.

Certaines grandes entreprises françaises telles que le géant pétrolier Total et le constructeur automobile PSA ont déjà mis un terme à leurs activités en Iran, mais Renault a déclaré qu’il resterait sur ses positions.

L’Union européenne est actuellement en proie à un différend commercial avec les États-Unis.

En mai, le président américain Donald Trump a annoncé qu’il sortirait l’Amérique de l’accord nucléaire avec l’Iran et rétablirait les sanctions contre ce pays.

La première série de sanctions, qui entreront en vigueur en août, cibleront la Banque centrale d’Iran (CBI) ainsi que le secteur des métaux précieux du pays. Le prochain lot, qui sera mis en œuvre en novembre, concernera le secteur pétrolier et énergétique iranien.

L’Iran a fortement critiqué la décision de Trump de sortir l’Amérique de l’accord nucléaire, connu sous le nom du plan global d’action conjoint (PGAC). Il dit que cette mesure constitue une violation flagrante du PGAC, soulignant que d’autres signataires devraient fournir des garanties pour que l’Iran continue à bénéficier des avantages économiques prévus dans l’accord.

L’Europe a promis de mettre en place un paquet de mesures économiques à cette fin.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a toutefois déclaré que les Européens ne seraient pas en mesure d’indemniser complètement les compagnies quittant l’Iran en raison des sanctions américaines.

Source: Press TV

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