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L’Arabie saoudite et les EAU avaient envisagé d’envahir le Qatar, selon un rapport

Une photo prise le 10 mars 2016 montre un hélicoptère Apache en train de tirer pendant les exercices militaires Northern Thunder à Hafr al-Batin, à 500 kilomètres au nord-est de la capitale saoudienne Riyad. (Photo par l’AFP)

L’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis avaient planifié d’attaquer le Qatar l’année dernière au début de la crise diplomatique qui conduisit au blocus de la nation du Golfe Persique.

Un rapport publié par The Intercept a révélé mercredi que le complot, largement conçu par l’Arabie saoudite et les princes héritiers des Emirats Arabes Unis, impliquait des troupes terrestres saoudiennes pénétrant au Qatar, et, avec le soutien de l’armée des EAU, s’avançant à 100 kilomètres à l’intérieur des terres et s’emparant de la capitale qatari.

Selon un responsable du renseignement des Etats-Unis d’Amérique, les agents du renseignement qatari à l’intérieur de l’Arabie saoudite ont eu vent du complot à l’été 2017. Plusieurs mois plus tard, les services de renseignement états-uniens d’Amérique et britanniques ont confirmé le complot.

Le président-directeur général de Crisis Group et l’un des principaux conseillers du président des Etats-Unis d’Amérique Barack Obama, Robert Malley, a déclaré que depuis l’été 2017, les responsables qataris lui avaient dit que leur pays était sous la menace d’une invasion.

« Il ne fait guère de doute que les hauts responsables qataris avec lesquels j’ai parlé étaient convaincus – ou du moins agissaient comme s’ils étaient convaincus – que l’Arabie saoudite et les EAU avaient planifié une attaque militaire contre leur pays qui a été stoppée à la suite de l’intervention des Etats-Unis d’Amérique », a déclaré Malley.

Le rapport souligne également la campagne en cours menée par les Emirats arabes unis pour essayer de provoquer le Qatar en prétexte pour une action militaire.

Le Qatar a, à plusieurs reprises, fait campagne contre des violations de son espace aérien par des avions des EAU, et a même envoyé une lettre à l’ONU plus tôt cette année.

Selon deux anciens responsables du Département d’État des États-Unis d’Amérique, le plan saoudien-émirien «aurait été probablement mis en œuvre en quelques semaines» lorsque l’ancien secrétaire d’Etat des Etats-Unis d’Amérique, Rex Tillerson, l’a stoppé.

« Tillerson a fait une série d’appels téléphoniques exhortant les responsables saoudiens à ne pas prendre d’action militaire contre le pays », a indiqué le reportage.

« Dans ces appels, Tillerson, qui a largement traité le gouvernement qatari comme le PDG d’Exxon Mobil, a exhorté le roi saoudien Salman, le vice-prince héritier Mohammed bin Salman et le ministre des Affaires étrangères Adel al-Jubeir à ne pas attaquer le Qatar ni à intensifier les hostilités, ont déclaré les sources à The Intercept. Tillerson a également encouragé le secrétaire à la Défense, Jim Mattis, à appeler ses homologues en Arabie saoudite pour leur expliquer les dangers d’une telle invasion », a-t-il ajouté.

L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte ont tous rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar l’année dernière, après l’avoir officiellement accusée de « parrainer le terrorisme ».

L’administration de l’ancien président yéménite Abd Rabbuh Mansour Hadi, de la Libye, des Maldives, de Djibouti, du Sénégal et des Comores a rejoint le camp pour mettre fin aux relations diplomatiques avec Doha. La Jordanie a également dégradé ses relations diplomatiques.

Par la suite, le ministère des Affaires étrangères du Qatar a annoncé que la décision de couper les relations diplomatiques était injustifiée et fondée sur de fausses affirmations et suppositions.

Le 9 juin 2017, le Qatar a fermement rejeté les allégations de soutien au terrorisme après que le régime saoudien et ses alliés ont mis sur la liste noire des douzaines de personnes et d’entités prétendument associées à Doha.

Plus tard ce mois-là, l’Arabie saoudite et ses alliés ont publié une liste de revendications en 13 points, incluant la fermeture du réseau de télévision Al Jazeera et la dégradation des relations avec l’Iran, en échange de la normalisation des relations diplomatiques avec Doha.

Le rapport note que le plan d’invasion soulève des questions sur les politiques interventionnistes de la part de deux des plus proches alliés des États-Unis d’Amérique et plus grands clients d’armes.

Ces dernières années, les deux pays ont montré leur volonté d’utiliser la force militaire pour changer la politique dans le golfe Persique, en intervenant à Bahreïn pour endiguer un soulèvement populaire qui a commencé en 2011, et en lançant une guerre de trois ans avec le Yémen.

Traduction : MIRASTNEWS

Source : Press TV

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