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Combien d’années de suppressions de postes faudrait-il en France pour que les décideurs enclenchent une croissance économique d’au moins 4,5 pour cent ?

© Eric Feferberg Source: AFP
Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer arrivant à l’Elysée en juillet 2018 (illustration).

Suppression de postes dans l’éducation nationale : Blanquer à la manœuvre comme sous Sarkozy ?

Le ministre de l’Education nationale a annoncé la suppression de 1 800 postes dans le second degré et l’administratif. Numéro 2 du ministère sous Nicolas Sarkozy, Jean-Michel Blanquer supervisait déjà la suppression de postes.

Dans un entretien accordé à France Inter le 17 septembre et dans les colonnes du quotidien Le Figaro la veille, l’homme fort de la rue de Grenelle, Jean-Michel Blanquer, a annoncé la suppression de 1 800 postes dans l’enseignement secondaire et l’administratif. Cette nouvelle fait écho à la suppression de 80 000 postes dans l’Education nationale en 2008, voulue par Nicolas Sarkozy et opérée par Jean-Michel Blanquer.

Jean-Michel Blanquer

@jmblanquer

Une augmentation du budget de 800 millions d’euros, des créations de postes dans le premier degré, des suppressions dans l’administration et dans le second degré: des marges de manœuvre pour une approche qualitative des progrès de notre école.

France Inter

@franceinter

.@jmblanquer : « On devrait arriver à avoir, pendant le quinquennat, 1000 euros de plus par an pour un #prof en début de carrière » #supression #postes #educationnationale #le79Inter @LeaSalame

Sur France Inter, Jean-Michel Blanquer a précisé la répartition des postes supprimés dans l’Education nationale : «Il y a au moins 400 postes administratifs en moins, et probablement davantage, c’est des choses qui doivent s’affiner avec le temps et même avec la discussion budgétaire.» Le ministre a ajouté : «Il y a aussi les suppressions que nous ferons dans l’enseignement privé, 20% […] cela touche dans cette proportion-là l’enseignement privé.»

Pour combler ce nouveau déficit d’enseignants amorcé par la droite dès 2004, le ministre a annoncé que les chefs d’établissement pourraient imposer une deuxième heure supplémentaire aux enseignants, qui sera exemptée de cotisations sociales.

Il y a au moins 400 postes administratifs en moins

Les syndicats ont immédiatement accueilli la nouvelle avec colère, comme Valérie Sipahimalani, secrétaire générale adjointe du Syndicat national des enseignements de second degré (SNES), qui s’est exprimée sur Europe 1 : «On ne peut pas bien réagir à cette annonce, puisque dans les collèges l’année prochaine, il y aura 32 000 élèves de plus.»

Le ministre a tenté de tempérer cette nouvelle avec une promesse de hausse de budget de 1,7%, équivalent à 850 millions d’euros pour 2019 et la confirmation de la revalorisation du salaire des professeurs. Jean-Michel Blanquer a annoncé ainsi «1 000 euros de plus sur une année en début de carrière».

Il a par ailleurs confirmé la mise en place d’une des idées phares de la campagne d’Emmanuel Macron consistant à dédoubler les classes de CP et CE1. Il a même précisé que «les taux d’encadrement dans tous les départements de France, ruraux et urbains [allaient] s’améliorer à l’école primaire», induisant «moins d’élèves par classe dans toutes les écoles primaires de France au cours des années qui viennent». Mais ces mathématiques et cette inflation d’horaires cadrent mal avec ces ambitions qui nécessiteraient d’embaucher un grand nombre de professeurs. Le ministre a tenté de relativiser le vide occasionné par les suppressions de postes : «Il ne faut pas qu’on se focalise sur les moyens, il faut qu’on se focalise sur les fins.»

Des mesures d’austérité déjà éprouvées sous Nicolas Sarkozy

Cette réduction entre dans le cadre d’un plan global de suppression de 120 000 postes dans la fonction publique au cours du quinquennat d’Emmanuel Macron. Le Premier ministre Edouard Philippe avait annoncé en août que 4 500 premiers postes seraient supprimés en 2019, suivis par 10 000 en 2020. L’Education nationale, qui concentre la moitié des emplois de la fonction publique, ne pouvait être épargnée par ces coupes budgétaires.

Jean-Michel Blanquer est un ministre aux penchants libéraux, plutôt classé à droite même s’il ne s’inscrit dans aucun parti. L’ancien directeur de l’Essec, habitué des ministères, a principalement œuvré sous le quinquennat de Jacques Chirac, officiant en 2006 en tant que directeur adjoint du cabinet de Gilles de Robien, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et sous celui de Nicolas Sarkozy en tant que directeur général de l’enseignement scolaire (DGESCO) en 2009.

Si l’air du «travailler plus pour gagner plus», antienne de Nicolas Sarkozy, se rejoue dans le jeu comptable d’heures supplémentaires annoncé par Jean-Michel Blanquer, le scénario global rappelle la politique de constriction massive des finances publiques opérée par l’ancien président UMP entre 2008 et 2012. Lors de l’opération de suppression de 80 000 postes dans l’Education nationale entre 2008 et 2012, Jean-Michel Blanquer était déjà à la manœuvre sous les ordres de Luc Châtel, à la tête du ministère de la rue de Grenelle. Il avait notamment été chargé de faire appliquer le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite.

A la suite de cette réforme controversée décriée par les syndicats et le corps enseignant, François Hollande s’était employé à restituer plus de 40 000 postes au cours de son mandat. Jean-Michel Blanquer semble aujourd’hui reprendre les rênes du grand nettoyage opéré quelques années plus tôt.

Titre 1 : MIRASTNEWS

Lire aussi : Des RH dans les écoles pour recruter les professeurs ? La privatisation de l’école en marche

Source: RT France

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