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Diagnostic clair, net et limpide – La guerre en Syrie ne finira pas tant que les Etats-Unis d’Amérique y resteront – Lavrov aux médias français

Combattants kurdes de la milice YPG. © Goran Tomasevic / Reuters

La présence illégale des États-Unis d’Amérique en Syrie est l’une des raisons pour lesquelles la guerre dans ce pays ne peut pas prendre fin, d’autant plus que Washington tente apparemment de créer un quasi-État sur la rive orientale de l’Euphrate, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères.

La prédiction pessimiste sur l’avenir de la Syrie a été faite par Sergueï Lavrov dans une interview qu’il a donnée à RT France, Le Figaro et Paris Match. Interrogés sur un projet de désarmement des forces djihadistes dans le gouvernorat d’Idlib par la Turquie et sur le point de savoir s’il s’agirait de mettre fin à la guerre, qui dure depuis plus de sept ans, les responsables russes ont déclaré que le fait de résoudre la débâcle d’Idlib ne mettrait nullement fin à la crise.

«Cette histoire ne prendra fin que lorsque le peuple syrien retrouvera le contrôle de la Syrie et que toutes les personnes impliquées, en particulier celles qui y sont venues sans y être invitées, s’en vont», a déclaré Lavrov. Il a ajouté qu’Idlib n’était pas le dernier endroit problématique en Syrie.

«Il y a de grands territoires à l’est de l’Euphrate [fleuve] où des choses absolument inacceptables se produisent. Les Etats-Unis d’Amérique tentent de créer un quasi-État là-bas avec l’aide de leurs alliés, principalement des Kurdes», a-t-il déclaré.

Lavrov a déclaré que Washington contribuait à la création d’organes administratifs dans les zones sous son contrôle, fournissait une aide et les considérait même suffisamment bon pour encourager les réfugiés à rentrer chez eux. Cela contraste fortement avec la manière dont il traite les zones contrôlées par Damas, a-t-il déclaré.

«Je ne peux pas exclure que les États-Unis d’Amérique tentent de maintenir la situation dans la région pour que tout le monde soit au bord du gouffre. C’est plus facile pour eux d’attraper des poissons dans l’eau boueuse. De telles politiques ne se sont jamais bien terminées », a averti Lavrov.

Le ministre a également rejeté les accusations selon lesquelles la Russie se livrerait à toutes sortes de mauvaises activités, y compris des cyberattaques, des ingérences dans les élections et autres. Il a ajouté que la manière dont ces accusations sont publiées dans les médias implique que les accusateurs ne sont pas intéressés par la résolution de leurs préoccupations au sujet de la Russie.

«Si nos collègues occidentaux s’attendent réellement à nous déséquilibrer face à cette crise de nerfs, ils ne lisent pas les bons livres d’histoire. Si tout cela ne fait que s’agiter, cette crise de rabbins politiques passera naturellement. Une fois qu’ils auront évacué tout ce dont ils ont besoin, nous les attendrons pour une discussion professionnelle sérieuse dans un domaine juridique, et non pour un discours de propagande», a-t-il déclaré.

Lavrov a également critiqué les responsables des Etats-Unis d’Amérique pour avoir encouragé le patriarcat œcuménique de Constantinople à faire pression pour un schisme religieux en Ukraine, déclarant qu’il n’était pas normal que les autorités laïques s’impliquent dans les affaires de l’église.

Traduction : MIRASTNEWS

Source : RT

Ingérence russe, guerre en Syrie, schisme orthodoxe : Sergueï Lavrov répond à RT France (EXCLUSIF)

© RT France
Sergueï Lavrov interviewé par Yves Thréard, Xenia Federova et Régis Le Sommier le 12 octobre 2018 à Moscou.

RT France a interviewé en exclusivité avec Le Figaro et Paris Match le ministre russe des Affaires étrangères. Sergueï Lavrov est revenu sur plusieurs sujets d’actualités dont les accusations de cyberattaques dont la Russie est l’objet.

Le 12 octobre, le ministre russe des Affaires étrangères a été interrogé en exclusivité par trois médias français, dont RT France. A la question posée par Xenia Federova, présidente de RT France, sur les accusations portées contre la Russie et une éventuelle pression concertée de la part de pays et de médias occidentaux afin de pouvoir décréter de nouvelles sanctions, Sergueï Lavrov a appelé à se méfier de l’information livrée par les médias et souhaité que les accusateurs apportent davantage de preuves.

Les Occidentaux tentent-il de pousser les Russes à bout ?

Le chef de la diplomatie russe a ainsi pointé du doigt la surmédiatisation des accusations occidentales, qui pour lui relève de «l’hystérie» : «Si nos collègues occidentaux ont clairement l’intention de nous faire sortir de nos gonds en usant de cette hystérie, alors ça veut dire qu’ils lisent mal les livres d’Histoire», et Sergueï Lavrov d’ajouter : «Si ce n’est que de l’esbroufe, pour ainsi dire, une crise de rage politique, alors ça passera, naturellement.»

Lire aussi : Les cyberagressions russes… Un merveilleux outil de propagande occidental

Le danger d’un quasi-Etat sur le territoire syrien

La Syrie a été l’un des autres sujets d’actualité évoqués lors de l’interview, et plus particulièrement le cas d’Idleb. Le directeur adjoint de Paris Match, Régis Le Sommier, a invité le chef de la diplomatie russe à commenter l’impact de l’accord russo-turc sur le désarment des djihadistes de la région.

Pour Sergueï Lavrov, la situation que connaît la région d’Idleb est «temporaire» car cette «histoire prendra fin uniquement lorsque le pouvoir du peuple syrien sera rétabli en Syrie».

Il a également estimé qu’Idleb n’était pas la dernière région de Syrie en difficulté. Selon lui, il demeure «d’énormes étendues, à l’est de l’Euphrate, où se produisent des évènements complètement inacceptables».

Dans des eaux aussi troubles, il leur est beaucoup plus facile de pêcher pour trouver ce qu’ils cherchent. Cela n’a jamais mené à rien de bon.

De fait, Sergueï Lavrov a alerté sur l’influence des Etats-Unis dans ces régions qui, selon lui, présentent un danger. Il a également mis en garde contre les tentatives de Washington d’encourager la création d’un «quasi-Etat sur le territoire syrien» et notamment l’intention de mettre en place un Kurdistan syrien.

Pour Sergueï Lavrov, cette politique n’a d’ailleurs qu’un seul but : «Maintenir une situation tendue dans cette région, pour que personne ne puisse temporiser.» Le 10 octobre, Moscou et Ankara avaient confirmé le retrait d’un millier de djihadistes et d’armes lourdes de la future zone démilitarisée d’Idleb, dernier grand bastion rebelle en Syrie. Les deux pays se sont portés garants d’un accord convenu le 17 septembre.

Au cours son interview, Sergueï Lavrov a également fustigé l’attitude de l’Occident, des Etats-Unis et de la France concernant le retour des réfugiés en Syrie.

Il a jugé en effet qu’aucun des pays occidentaux, parties prenantes en Syrie, ne favorisait le retour des réfugiés, ainsi que leur réinstallation, dans les zones contrôlées par le gouvernement syrien.

Washington encourage-t-il le schisme au sein de l’Eglise orthodoxe ?

Parmi les trois journalistes, Yves Thréard du Figaro a souhaité quant à lui interroger le ministre russe des Affaires étrangères sur les derniers événements qui touchent les Ukrainiens orthodoxes.

Le Patriarcat de Constantinople, dont le patriarche est Bartholomée, a décidé le 11 octobre de reconnaître une Eglise orthodoxe indépendante en Ukraine, mettant fin à 332 années de tutelle religieuse russe dans le pays. Cette décision pose la question de l’avenir de millions de croyants dans ce pays, où l’Eglise orthodoxe russe jouit d’une influence encore conséquente.

En Ukraine, l’Eglise dépendante du Patriarcat de Moscou est la plus importante communauté religieuse par le nombre de paroisses, mais les Ukrainiens sont de plus en plus nombreux à rejoindre l’Eglise du Patriarcat de Kiev, autoproclamé après l’indépendance du pays en 1991.

Pour Sergueï Lavrov, «le patriarcat ukrainien n’a pas tourné le dos à l’Eglise orthodoxe russe car l’Eglise orthodoxe d’Ukraine du Patriarcat de Moscou s’oppose aux provocations du patriarche Bartholomée avec le soutien public de Washington». Il estime ainsi que la provocation provient du patriarche Bartholomée et y voit une ingérence étrangère, celle de Washington : «L’ingérence dans la vie de l’Eglise est interdite par la loi en Ukraine [..] Mais quand l’envoyé spécial américain pour les relations entre les Eglises salue ouvertement la décision de Bartholomée […] on voit le bout de la queue du diable.» Par voie de conséquence, Sergueï Lavrov accuse ici Washington d’encourager le schisme.

Vladimir Poutine participera-t-il au Centenaire de la Première Guerre mondiale ?

Concernant l’éventuelle participation du président russe, Vladimir Poutine, au Centenaire de la Première guerre mondiale qui se tiendra en France le 11 novembre, Sergueï Lavrov est resté évasif. Il a toutefois assuré que la Russie serait bien présente aux célébrations. «Nous avons reçu l’invitation et nous y participerons, c’est sûr», a-t-il affirmé.

La participation de Vladimir Poutine à la cérémonie du Centenaire a été évoquée plusieurs fois par Moscou et Paris, sans confirmation officielle jusqu’ici.

Retrouvez bientôt sur RT France l’intégralité de l’interview de Sergueï Lavrov.

Source: RT France

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