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Commentaire: Les arrière-pensées de la cyber-alarmerie de Washington contre la Chine

PÉKIN, 15 octobre – La campagne de discrédit menée actuellement par les Etats-Unis d’Amérique contre la Chine est plutôt radicale, allant des fabrications du monde réel aux concoctions dans le cyberespace.

Dans une tirade inhabituellement féroce livrée plus tôt ce mois-ci à un groupe de réflexion conservateur à Washington, le vice-président des Etats-Unis d’Amérique Mike Pence a de nouveau dépeint la Chine comme une menace à la cybersécurité, accusant sans fondement Pékin de féroces attaques informatiques contre les États-Unis d’Amérique.

Ces dernières années, les États-Unis d’Amérique ont continué à accuser la Chine de telles accusations, malgré le fait qu’elle constitue une superpuissance cyber sans égale, abritant les fondateurs de l’Internet, la plupart des infrastructures de base et les principaux fournisseurs de technologies clés.

Plus ironiquement, ils possèdent la plus grande organisation de cyber-intelligence au monde et la première cyber-force institutionnalisée, et héberge ce que l’on pense généralement comme la plus grande forteresse de pirates informatiques.

Le Cyber Command, âgé de 9 ans, est l’un des 10 commandements de combat unifié du département des Etats-Unis d’Amérique de la Défense, armé de stratégies cyber offensives et dirigeant plus de 130 équipes de cyber-missions.

Pourtant, comme dans le monde réel, la superpuissance aime jouer aux victimes dans le cyberespace. Les Etats-Unis d’Amérique, un cyber-prédateur qui enfreint de manière notoire les intérêts et les droits d’autres pays, continuent [cyniquement (MIRASTNEWS)] d’affirmer qu’ils sont en proie aux cyberattaques lancées par d’autres pays.

Et il a une peau plutôt épaisse pour cela [espérant que la répétition en milliards de fois de faussetés, les transformeront en ‘vérités manipulées’ ingurgitées par les profanes. MIRASTNEWS]. Les révélations époustouflantes d’Edward Snowden sur le projet de bogue PRISM des Etats-Unis d’Amérique, qui visait les dirigeants d’alliés des Etats-Unis d’Amérique, WikiLeaks exposait les capacités de la Central Intelligence Agency à pirater des appareils intelligents dans le monde entier [ce qui vaut à Julian Assange des poursuites aux USA pour les avoir révéler et de s’être replié à l’ambassade de l’Équateur à Londres. MIRASTNEWS], et les ravages causés par le ransomware WannaCry, qui ont exploité les outils de piratage des Etats-Unis d’Amérique qui avaient fuité, ont tous échoué à faire honte à Washington pour mettre fin à son tour hypocrite.

Alors qu’est-ce que Washington prépare? Il n’est pas difficile de voir qu’il y a au moins deux arrière-pensées derrière l’obsession des États-Unis d’Amérique de diaboliser la Chine dans le cyber-espace.

Premièrement, en exaltant les soi-disant menaces de cybersécurité d’autres pays, Washington tente de détourner l’attention mondiale de sa propre cyber-capacité et de son histoire d’intimidation, et, plus important encore, de chercher des excuses pour une nouvelle accumulation militaire dans le cyberespace.

Deuxièmement, en calomniant les entreprises chinoises et leurs produits, tels que les téléphones intelligents Huawei et les drones DJI, Washington s’efforce de susciter la sinophobie dans d’autres pays afin de les intimider ou tromper dans le blocage des leurs concurrents chinois et de sauver le marché des entreprises des Etats-Unis d’Amérique.

Le cyberespace est extrêmement compliqué et comporte de nouveaux défis. Ainsi, toutes les parties doivent être responsables et constructives, et coordonner leurs efforts et leur gouvernance commune.

La Chine, elle-même victime de cyberattaques, a clairement énoncé sa position sur la cybersécurité. Le gouvernement chinois ne participe en aucune manière à un vol informatique de secrets commerciaux, il n’encourage ni ne soutient personne qui le fait. Et il est prêt à collaborer avec la communauté internationale pour lutter contre les attaques de piratage et autres activités criminelles dans le cyberespace.

De la coopération contre la cybercriminalité au partage d’informations, la Chine a fait preuve de beaucoup de bonne foi dans la promotion de la coopération en matière de cybersécurité avec les Etats-Unis d’Amérique. Pour le bien de tous les pays partageant le cyberespace, il est maintenant temps que Washington arrête de lancer de faux blâmes et commence à s’engager dans un véritable travail d’équipe.

Qu Junya

Traduction : MIRASTNEWS

Source : XINUHA


Dictat dans la pensée unique

Aucune œuvre humaine ne peut être décidée manu-militari par des humains comme étant définitivement parfaite ou détenant une vérité scientifique absolue et exclusive. Car ce qui paraît comme vérité à un instant donné en fonction des canons de compréhension du moment, peut être démontré comme imparfait ou erroné et dépassé en d’autres instants de la vie dans l’espace et le temps par des esprits humains illuminés, plus éclairés que d’autres. Seule la confrontation de la pensée à la réalité des faits est capable de certifier de la consistance scientifique et l’utilité des résultats issus des termes et hypothèses avancés, aux fins de permettre dans les actes économiques réalisés et le déroulement de la vie en société, l’amélioration globale des conditions de vie des populations et la mise en place des conditionnalités idéales à la pérennisation de l’existence de leur espèce et la conservation de leur environnement immédiat ou lointain.

Théorie générale de la relativité économique et sociétale.

Jean de Dieu MOSSINGUE


La fable du libéralisme qui sauve le monde

© Jason Lee Source: Reuters
Pour Bruno Guigue, les succès de la Chine ne sont pas liés à la doctrine libérale

Le chercheur en philosophie politique, Bruno Guigue, critique la sacralisation du libéralisme qui passe en Occident «pour une doctrine indépassable». Il remet ainsi en cause le succès présumé du libéralisme.

En Occident, le libéralisme passe pour une doctrine indépassable. Pur produit du génie européen, il serait à l’origine des merveilleuses prouesses dont se vantent les sociétés développées. Mais l’idéologie dominante ne se contente pas de lui attribuer toutes les vertus à domicile. Elle lui prête aussi un rayonnement sans frontières.

A croire ses adeptes les plus enthousiastes, les recettes libérales sauvent le monde ! Un éditorialiste français, par exemple, peut affirmer lors d’un débat télévisé – sans être contredit – que «le libéralisme a éradiqué la pauvreté en Chine». Devant une telle assurance, la raison défaille.

Comment convaincre des croyants aussi fanatisés qu’une doctrine prônant la libre concurrence et prohibant l’intervention de l’Etat dans l’économie, en Chine, est une denrée introuvable ? On y voit en revanche un Etat souverain dirigé par le Parti communiste et chargé de planifier le développement à long terme du pays. Un Etat fort qui s’appuie sur un secteur privé florissant, certes, mais aussi sur un puissant secteur public détenant 80% des actifs dans les industries-clé. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore remarqué, en Chine, l’Etat maîtrise la monnaie nationale, le système bancaire est contrôlé par l’Etat et les marchés financiers sont sous haute surveillance.

Dans les faits, la réussite économique de la Chine doit davantage à la main de fer de l’Etat

Il est clair que l’ouverture internationale engagée par le pouvoir communiste à partir des années 1980 a permis de capter de précieuses ressources et d’obtenir des transferts de technologie. Mais on ne discerne aucun rapport entre cette politique commerciale audacieuse et les dogmes libéraux, que ce soit l’auto-régulation du marché ou la concurrence pure et parfaite. Le libéralisme n’a pas inventé le commerce, qui existait bien avant que la moindre idée libérale ait germé dans le cerveau d’Adam Smith.

«Etat fort», «planification à long terme», «puissant secteur public» sont des formules qui ne fleurent guère le libéralisme ordinaire, et imputer à cette doctrine les progrès spectaculaires de l’économie chinoise n’a aucun sens. La pauvreté aurait été vaincue grâce aux recettes libérales ? Dans l’imagination des libéraux, certainement. Dans les faits, la réussite économique de la Chine doit davantage à la main de fer de l’Etat qu’à la main invisible du marché. Cette économie mixte pilotée par le Parti communiste chinois a porté ses fruits. En trente ans, le PIB a été multiplié par 17 et 700 millions de personnes ont été extraites de la pauvreté. Comme la réduction de la pauvreté dans le monde dans la même période est essentiellement due à la politique économique chinoise, on peut difficilement attribuer au libéralisme les progrès récemment enregistrés par l’humanité.

L’Inde et la Chine, deux pays aux destins différents

Du point de vue des rapports entre libéralisme et développement, la comparaison entre les deux géants asiatiques est également instructive. En 1950, l’Inde et la Chine se trouvaient dans un état de délabrement et de misère extrêmes. La Chine connaissait d’ailleurs une situation pire que celle de son voisin, avec un PIB par habitant inférieur à celui de l’Afrique sub-saharienne et une espérance de vie moyenne de 42 ans. Aujourd’hui, la Chine est la première puissance économique mondiale et son PIB représente 4,5 fois celui de l’Inde. Non que cette dernière n’ait accompli aucun progrès. Bien au contraire.

Après avoir jeté les bases d’une industrie moderne au lendemain de l’indépendance (1947), elle a connu depuis 20 ans un développement accéléré, et elle occupe une position de premier plan dans  l’informatique et la pharmacie. Mais elle a beau afficher des taux de croissance annuels insolents, elle charrie une pauvreté de masse dont la Chine, elle, a enfin réussi à se débarrasser. Auteurs du livre Splendeur de l’Inde ? Développement, démocratie et inégalités (2014), Jean Drèze et Amartya Sen résument la situation paradoxale du pays : «L’Inde a gravi l’échelle du revenu par habitant en même temps qu’elle a glissé au bas de la pente des indicateurs sociaux.»

En dépit de taux de croissance record, la situation sociale du pays, en effet, n’est pas brillante. Il vaut mieux naître en Chine qu’en Inde, où le taux de mortalité infantile est quatre fois plus élevé. L’espérance de vie des Indiens (67 ans) est nettement inférieure à celle des Chinois (76 ans). Un tiers des Indiens n’ont ni électricité ni installations sanitaires, et la malnutrition touche 30% de la population. Comment expliquer un tel décalage ? Pour Jean Drèze et Amartya Sen, «l’Inde est le seul pays des BRICS à n’avoir pas connu de phase d’expansion majeure de l’aide publique ou de la redistribution économique. La Chine a fait très tôt d’énormes progrès en matière d’accès universel à l’enseignement primaire, aux soins médicaux et à la protection sociale, et ce bien avant de se lancer dans des réformes économiques orientées vers le marché, en 1979».

Pour qu’un économiste indien (Prix Nobel d’économie 1998) dise que l’Inde aurait dû faire comme la Chine – sur le plan économique, s’entend – il faut qu’il ait de bonnes raisons de le penser. Et ce qu’il dit est extrêmement clair : l’Inde, contrairement à la Chine, a manqué d’un investissement massif de la puissance publique dans l’éducation et la santé. L’Inde n’a pas souffert d’un surplus, mais d’un déficit d’Etat.

Les élites dirigeantes de l’Inde nouvelle avaient beau se réclamer d’idéaux progressistes, elles n’ont pas misé sur l’élévation du niveau scolaire des masses indiennes

Mais pourquoi ? L’explication fournie par les deux économistes à propos de la politique éducative est particulièrement intéressante : «Les planificateurs indiens étaient à l’opposé de leurs homologues des pays communistes, à Moscou, Pékin et La Havane. Ces derniers faisaient grand cas de l’éducation scolaire universelle, considérée comme une exigence socialiste fondamentale, et aucun d’entre eux n’aurait permis que de fortes proportions d’enfants ne soient pas scolarisés». En Inde, en revanche, «la prévention des classes et des castes supérieures à l’encontre de l’éducation des masses» a freiné la généralisation de l’enseignement primaire, entraînant un retard considérable dans l’accès à l’éducation.

C’est l’orientation idéologique, et non une obscure fatalité, qui explique la différence des niveaux de développement éducatif entre les deux pays. Les élites dirigeantes de l’Inde nouvelle avaient beau se réclamer d’idéaux progressistes, elles n’ont pas misé sur l’élévation du niveau scolaire des masses indiennes, les «Intouchables» se trouvant relégués aux marges d’une société hiérarchisée, bien loin de l’égalitarisme – y compris entre les hommes et les femmes – prôné par l’idéologie maoïste de la Chine populaire.

Pour souligner un tel contraste, Amartya Sen cite un commentaire de l’écrivain indien Rabindranath Tagore formulé lors de son voyage en Union soviétique (1930) : «En posant le pied sur le sol de la Russie, la première chose qui attira mon attention fut que, en matière d’éducation en tout cas, la paysannerie et la classe ouvrière avaient fait de tels progrès en ces quelques années que rien de comparable n’était advenu même à nos classes supérieures en un siècle et demi.»

Les infrastructures publiques, la clé pour le développement d’un pays ?

On peut dire ce qu’on veut des régimes communistes, mais il est indéniable qu’ils ont misé sur l’éducation universelle, la santé pour tous et l’émancipation féminine. Les continuités historiques étant parfois saisissantes, on peut d’ailleurs rapprocher ce commentaire méconnu de Rabindranath Tagore sur l’URSS des années 1930 avec un autre document : le résultat de l’étude sur la lecture (PIRLS) conduite par l’Association internationale pour l’évaluation de la réussite éducative. Menée en 2016 sur 319 000 élèves de CM1 dans cinquante pays, cette étude compare les performances des élèves en matière de lecture et de compréhension d’un texte écrit. La Russie est arrivée en tête (à égalité avec Singapour). Mais c’est sans doute le hasard.

En tout cas, une chose est sûre : en Chine populaire comme en URSS, l’enseignement public – et notamment l’enseignement primaire : la lecture, l’écriture et le calcul – était prioritaire. Si la Chine a su résoudre des problèmes dans lesquels l’Inde se débat toujours (illettrisme, insalubrité, mortalité infantile), ce n’est certainement pas parce qu’elle est plus «libérale».

En fait, c’est exactement le contraire. En dotant le pays de solides infrastructures publiques, le socialisme chinois – en dépit de ses erreurs – a créé les conditions d’un développement du pays à long terme. Les dirigeants du Parti communiste ont beau faire l’éloge du libre-échange, ils savent bien que la cohésion de la société chinoise ne repose pas sur le commerce international. Avant d’ouvrir son économie, la Chine s’est dotée d’un système éducatif et sanitaire lui permettant d’affronter la compétition économique mondiale. Manifestement, elle cueille aujourd’hui le fruit de ses efforts.

Bien entendu, ce n’est pas davantage par libéralisme que Deng Xiao Ping a imposé la politique de l’enfant unique. En procédant à cette intrusion dans la sphère privée, Pékin a réussi le pari d’un contrôle des naissances indispensable au développement. Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour admettre que le jeu en valait la chandelle. Mais il est difficile d’imputer au libéralisme le succès d’une régulation drastique des naissances imposée par le parti communiste ! Sous un régime pluraliste, une telle politique ne serait même pas concevable.

La Chine s’est dotée d’un système éducatif et sanitaire lui permettant d’affronter la compétition économique mondiale

Ni pluraliste ni libéral, le régime chinois pouvait planifier le développement du pays en sacrifiant les intérêts privés sur l’autel de l’intérêt général. En attendant, les résultats parlent d’eux-mêmes. Et il est probable que les Chinois en comprennent d’autant mieux la nécessité que cette politique a été assouplie. En Inde, les tentatives d’Indira Gandhi n’ont pas eu le même succès, et l’hypothèque démographique continue de peser sur le développement du pays.

Mais l’exemple de la démographie, précisément, montre que la question du développement se pose sous un autre jour si l’on réexamine plus finement la situation indienne. «Les Etats indiens qui s’en sortent bien, affirment Jean Drèze et Amartya Sen, sont ceux qui avaient posé auparavant les solides bases d’un développement participatif et d’une aide sociale, et promu activement l’extension des capacités humaines, particulièrement dans les domaines de l’éducation et de la santé». Avec un indice de développement humain qui est de loin le plus élevé du pays, le Kérala (sud-ouest de l’Inde) fait figure de vitrine sociale du sous-continent. Il est aussi l’Etat de l’Inde où la transition démographique est la plus achevée, ce qui contribue à l’évolution positive de la condition féminine.

Or la baisse du taux de natalité est directement corrélée à l’élévation du niveau d’éducation. Très pauvre au moment de l’indépendance (1947), le Kérala a engagé un programme ambitieux de développement éducatif et sanitaire, créant les conditions d’un développement économique dont il perçoit aujourd’hui le bénéfice. Avec un revenu par tête qui est le plus élevé de l’Union (70% de plus que la moyenne indienne), un taux de scolarisation de 98%, un taux de mortalité infantile cinq fois moins élevé que la moyenne des Etats indiens, cet Etat de 34 millions d’habitants dont la presse occidentale ne parle jamais a aussi pour caractéristique de favoriser le rôle politique et social des femmes.

Mais ces succès ne datent pas d’hier, ils sont le fruit d’une politique de longue haleine. Comme en Chine, le développement du pays va de pair avec le souci du long terme. «Le Kérala continue de progresser rapidement sur divers fronts et son avance par rapport aux autres Etats ne semble nullement se réduire avec le temps», indiquent Jean Drèze et Amartya Sen. Et de poursuivre : «Depuis les années 1980, le développement du Kérala a régulièrement été dénoncé par des commentateurs méfiants envers l’intervention de l’Etat, qui le jugeaient insoutenable ou trompeur, voire susceptible de conduire à la débâcle. Il est cependant apparu que l’amélioration des conditions de vie dans cet Etat s’est non seulement poursuivie mais accélérée, avec l’aide d’une croissance économique rapide, favorisée à son tour par l’attention accordée à l’instruction primaire et aux capacités humaines.» Cette avance du Kérala par rapport aux autres Etats indiens n’est pas un héritage de la période antérieure à l’indépendance : en 1947, le Kérala était extrêmement pauvre.

Ce progrès est le fruit d’un combat politique dont le moment-clé se situe en 1957, lorsque le Kérala est le premier Etat à élire une coalition dirigée par les communistes. Depuis cette date, ils exercent le pouvoir local en alternance avec une coalition de centre gauche dirigée par le parti du Congrès. En tout cas, il ne semble pas que les communistes du Communist Party of India-Marxist (CPI-M) et leurs alliés – qui exercent à nouveau le pouvoir depuis 2016 après avoir fait du Kérala l’Etat le plus développé de l’Inde – aient puisé leur inspiration dans les doctrines libérales.

Bref, pour continuer à sauver le monde, le libéralisme va devoir faire la preuve qu’il a quelque chose de neuf à apporter aux deux Etats les plus peuplés de la planète. Que la Chine communiste soit responsable de l’essentiel de l’effort accompli pour éradiquer la pauvreté dans le monde, et que cet événement passe inaperçu de l’opinion occidentale, en dit long sur l’aveuglement idéologique ambiant.

Cuba bat les Etats-Unis sur l’espérance de vie

On pourrait poursuivre l’analyse en montrant qu’un petit Etat des Caraïbes soumis à un blocus illégal a tout de même réussi à bâtir un système éducatif et sanitaire sans équivalent parmi les pays en développement. Avec un taux de scolarisation de 100% et un système de santé récompensé par l’Organisation mondiale de la santé, Cuba a récemment accompli la prouesse d’offrir à sa population une espérance de vie supérieure à celle des USA et un taux de mortalité infantile équivalent à celui des pays développés.

Les méthodes pour y parvenir n’ont rien de libéral, mais chacun a sa conception des droits de l’homme : en ramenant le taux de mortalité infantile de 79 pour 1000 (1959) à 4,3 pour 1000 (2016), le socialisme cubain sauve des milliers d’enfants par an. Pour contempler les effets mirifiques du libéralisme, il suffit de regarder ce qui se passe dans la région. Du côté d’Haïti, par exemple, ce protectorat américain où l’espérance de vie est de 63 ans (contre 80 pour Cuba), ou du côté de la République dominicaine – un peu mieux lotie – où l’espérance de vie est de 73 ans et la mortalité infantile est cinq fois celle de  Cuba.

Si la société était ce que les libéraux en disent, elle serait réglée comme le mouvement des planètes

Mais ces broutilles n’intéressent guère les adeptes du libéralisme. Ils voient cette doctrine comme un chevalier blanc – c’est le cas de le dire – répandant ses bienfaits depuis cet Occident qui a tout compris et veut en communiquer le bénéfice à des populations confites d’émotion devant tant de bonté et prêtes à embrasser sa foi dans l’homo œconomicus, la loi du marché et la libre concurrence. Prenant le fruit de leur imagination pour le monde réel, ils confondent l’initiative privée – qui existe à des degrés divers dans tous les systèmes sociaux – et le libéralisme – une idéologie hors sol qui n’existe que dans l’esprit des libéraux pour justifier leurs pratiques. Si la société était ce que les libéraux en disent, elle serait réglée comme le mouvement des planètes. Les lois du marché seraient aussi inflexibles que les lois de la nature. Tel un chef d’orchestre, le marché harmoniserait les intérêts divergents et distribuerait équitablement les ressources. Toute intervention publique serait nocive, puisque le marché génère spontanément la paix et la concorde.

La force du libéralisme, c’est que cette croyance légitime la loi du plus fort et sacralise l’appropriation du bien commun. C’est pourquoi il est l’idéologie spontanée des oligarchies assoiffées d’argent, des bourgeoisies cupides. Le drame du libéralisme, en revanche, c’est qu’il est rangé au magasin des accessoires chaque fois qu’une société privilégie le bien-être de tous et fait passer l’intérêt commun avant les intérêts particuliers.

Lire aussi : Interdit d’interdire : l’économie européenne est-elle trop libérale ou pas assez ?

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Source: RT France

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