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Eni, la femme de Descalzi, a une compagnie avec la fille du dictateur du Congo – complément d’info

Une enquête en France crée le chaos en Italie. Après la publication de notre article, le ministre Luigi Di Maio a promis des informations supplémentaires.

Par Paolo Biondani et Stefano Vergine

Lorsque la police française a perquisitionné cette villa spectaculaire avec piscine et parc privé sur la Côte d’Azur l’année dernière, elle cherchait des preuves de la énième histoire de maxi-corruption internationale: un président-dictateur africain qui a pillé les ressources de son pays, gagne beaucoup d’argent auprès des multinationales, accumule des richesses énormes et les cache à l’étranger pour acheter des produits de luxe, dirigés vers un cercle d’or composé de membres de la famille et de candidats (complices).

Dans la villa du présumé trésorier-recycleur du régime accusé d’avoir réinvesti en France des centaines de millions volés à la population pauvre de la République du Congo, les gendarmes de Paris ont saisi des archives très confidentielles: comptes étrangers, biens immobiliers, archives de sociétés offshore. Et dans ces journaux, ils ont également trouvé un nom qui remet en question l’Italie: Marie Madeleine Ingoba Descalzi, épouse du PDG d’ENI. La plus grande entreprise publique italienne, qui a de forts intérêts dans les gisements de pétrole et de gaz de l’ancienne colonie française, avec sa capitale Brazzaville, où l’ancien général Denis Sassou Nguesso, arrivé au pouvoir en 1979, est président à vie.

Monsieur Blanchiment, Miss Congo et Madame Eni. Parmi les enquêteurs, ce sont les trois prétendus propriétaires d’une mystérieuse entreprise de l’île Maurice qui ont émergé avec la perquisition ordonnée par les juges d’instruction de Paris. La société s’appelle African Beer Investment Ltd et est une société offshore à part entière: elle peut gérer des activités partout dans le monde (« entreprise mondiale »), mais est basée dans cet archipel de l’océan Indien où, comme l’écrivent les professionnels locaux «la taxe maximale est de trois pour cent». Un paradis fiscal. L’autre avantage est l’anonymat: les noms des actionnaires ne sont pas publics, ni les budgets. Les actes enregistrés indiquent seulement qu’il s’agit d’une entreprise créée en juillet 2012 dans un gratte-ciel d’Ebene, la ville la plus moderne du pays, et qui est toujours active. Les noms des présumés propriétaires ne proviennent que de l’enquête de la police française qui les a identifiés comme suit: Julienne Sassou Nguesso, fille préférée du président maître du Congo; Hubert Pendino, un homme d’affaires très riche et un responsable suspect des trésors du dictateur; et Mme Ingoba Descalzi, citoyenne congolaise et qui a rencontré son mari lorsque le directeur italien a dirigé la succursale Eni dans cette nation africaine.

À Paris, la magistrature enquête sur des centaines de millions de dollars provenant des caisses de l’État congolais et réinvestis en France pour acheter des dizaines de villas, appartements et hôtels de luxe. La maxi-enquête, appelée « Biens mal acquis » (biens achetés illicitement), concerne le cercle du président. En juin 2017, l’enquête concernait également sa fille, Julienne Sassou Nguesso, 50 ans, et son mari, Guy Johnson, accusés de recyclage et de soustraction de fonds publics pour des dizaines de millions de personnes transférées en Europe par l’intermédiaire de sociétés offshore basées à Hong Kong, aux Seychelles et à Maurice. En République du Congo (anciennement le Congo français), selon l’ONU, la moitié de la population vit avec un euro par jour.

Hubert Pendino est un ami proche du président Sassou Nguesso et est le plus riche de ses prétendus « nominés », comme l’appellent les juges français. Dans l’ex-Congo français, il contrôle officiellement Socofran, une grande entreprise qui a réalisé d’importants travaux publics, sous concession de l’État, et a récemment obtenu des contrats privés, également de sociétés appartenant à Eni, comme les travaux de construction d’un budget de 40 millions de dollars d’une mégacentrale électrique (Cec). En plus de Socofran, Pendino au Congo possède un empire immobilier et est également actionnaire et président d’une banque. Selon les juges, les documents de l’enquête française révèlent que son rôle secret en tant que responsable de douzaines de sociétés offshore achetait de riches actifs immobiliers pour sa fille et les autres membres de la famille du président.

Au cours de ces semaines, les enquêtes ont enregistré des développements dramatiques. En septembre, deux anciens agents des services secrets français étrangers (Dsge) ont été inculpés de tentative d’assassinat d’un chef de l’opposition congolaise, l’ancien général Ferdinand Mbaou, exilé en France depuis des années où il dirige un comité contre la dictature qui a également dénoncé la corruption du régime de Sassou Nguesso, mettant en marche l’enquête «Bien acquis». Les deux ex-007 français sont maintenant accusés d’association de malfaiteurs et de détention d’explosifs.

Eni est depuis des années la multinationale la plus importante du Congo français: le groupe italien extrait environ un tiers de tout le pétrole local et contrôle de nombreux gisements de gaz. Le directeur général Claudio Descalzi a commencé sa carrière ici, devenant en 1994 le directeur d’Eni Congo. Nommé à la tête du groupe des États en 2014 par le gouvernement Renzi, il obtient le soutien de la Ligue après les élections.

Contrairement à son prédécesseur, Paolo Scaroni, désigné par Berlusconi, Descalzi a toujours travaillé pour Eni en tant que technicien et n’a jamais été reconnu coupable de corruption. C’est aujourd’hui l’un des dirigeants accusés à Milan d’avoir autorisé un prétendu maxi-pot-de-vin au Nigéria, qui remonte à 2011, alors que le groupe était toujours dirigé par Scaroni. Récemment, le parquet de Milan a également ouvert une enquête sur le Congo, faisant l’hypothèse qu’un autre haut responsable d’ENI, Roberto Casula, aurait enregistré des millions d’un dépôt (via une autre société offshore) auprès d’un de ses amis et de prétendus personnages. Descalzi n’a jamais été accusé de percevoir personnellement de l’argent.

La société anonyme mauricienne qui aurait, selon les enquêteurs français, réuni l’épouse du numéro un d’Eni avec la fille et le trésorier du président congolais n’a jamais fait l’objet d’une enquête italienne. African Beer semble gérer des activités en accord avec son nom: les brasseries. Les cartes saisies à Pendino contiennent également des demandes d’achat de machines pour les brasseries.

Le même trésorier présumé du régime, toujours selon les enquêtes françaises, aurait également géré à l’étranger des contrats importants avec Eni. Le groupe italien indique notamment dans ses états financiers qu’il avait acheté une partie d’un gisement au Congo, en 2009, à une société appelée Courrat, sans plus de précisions. Le nom complet est Courrat Assets Incorporated: il s’agit d’une offshore du Panama. Les papiers du studio Mossack Fonseca, publiés par le consortium de journalistes Icij, montrent que le propriétaire a prétendu rester anonyme même au Panama. Maintenant, les actes saisis sur la Côte d’Azur ont convaincu les enquêteurs français que le dominus du Courrat était précisément Pendino.

Eni au Congo a obtenu des actions d’un autre bloc pétrolier avec une transaction différente, c’est-à-dire l’achat de la société qui en est propriétaire: une société offshore des Bahamas, appelée Zetah Kouilou Ltd. Un achat régulièrement mentionné dans les états financiers italiens. Avant de passer sous Eni, la société des Bahamas était également gérée par le studio Mossack Fonseca au Panama. Et même dans ce cas, le propriétaire n’avait pas été identifié. Dans les courriels de Panama Papers, toutefois, la Zetah Kouilou est toujours associée à une deuxième carte offshore, qui a au moins enregistré le nom de l’administrateur unique: Humbert, puis corrigée dans Hubert, Pendino. Encore lui: le trésorier présumé du président.

[Quelle est la face cachée de l’iceberg ? Les dettes de la République du Congo doivent être revues, corrigées et annulées ! Les multinationales, les paradis fiscaux, le clan Sassou et candidats associés doivent rembourser les dettes du pays et renflouer ses caisses. JDDM – MIRASTNEWS]

Traduction : MIRASTNEWS

Source : L’Espresso

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