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Les procureurs confirment que le président de Nissan, Carlos Ghosn, a été retenu pour non-déclaration de revenus

Carlos Ghosn fait des gestes lors d’une conférence de presse à Yokohama, préfecture de Kanagawa, au Japon, en mai 2016.PHOTO: Bloomberg

TOKYO (AFP, REUTERS) – Les procureurs de Tokyo ont confirmé mardi dernier qu’ils avaient arrêté le titan de l’industrie automobile, Carlos Ghosn, sur des accusations selon lesquelles il aurait sous-déclaré son revenu pendant plusieurs années.

Dans un communiqué, les procureurs ont déclaré que M. Ghosn, âgé de 64 ans, avait déclaré un revenu de 4,9 milliards de yens (70,6 millions de dollars singapouriens) sur cinq ans, alors que ses revenus réels pour cette période étaient de près de 10 milliards de yens.

Les actions de Nissan Motor Co ont chuté de 6% tôt mardi, un jour après l’arrestation de Ghosn, qui a envoyé une onde de choc dans le monde des affaires et a mis en doute l’avenir du constructeur n° 2 du Japon et son alliance mondiale avec Mitsubishi et Renault.

Les irrégularités présumées de Ghosn soulèvent également des questions sur la gouvernance de l’alliance dans laquelle les conseils d’administration des trois partenaires sont tous présidés par un seul exécutif.

La nouvelle de l’arrestation de Ghosn a suscité l’inquiétude en France, où l’État détient une participation de 15% dans Renault.

Le président Emmanuel Macron a déclaré que Paris serait « extrêmement vigilant » quant à la stabilité de la société et à ses liens à trois.

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a déclaré que le gouvernement « ferait tout son possible en tant qu’actionnaire représenté au conseil d’administration de Renault pour assurer la continuité de ses opérations et une gouvernance stable chez Renault ».

Mardi, il restait encore de nombreuses questions sans réponse sur les accusations portées contre un homme reconnu depuis longtemps pour sa capacité presque magique à redresser la situation des constructeurs automobiles en difficulté.

Le choc de son arrestation a été aggravé par le discours dur démolissant contre lui par le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, qui a accusé lundi M. Ghosn d’avoir accumulé trop de pouvoir lors d’une conférence de presse.

« Trop de pouvoir a été donné à une personne en termes de gouvernance », a-t-il déclaré à la presse au siège de Nissan à Yokohama.

« Je dois dire que c’est un côté sombre de l’ère Ghosn qui a duré longtemps. » Saikawa a déclaré qu’il réfléchissait toujours à savoir si Ghosn était « une figure charismatique ou un tyran ».

Le long mandat de M. Ghosn semble avoir eu un «impact négatif» sur les activités quotidiennes, a expliqué Saikawa, ajoutant que la société devait améliorer sa gouvernance d’entreprise.

Suite à un reportage de Bloomberg News en mars selon lequel Renault et Nissan étaient sur le point de fusionner sous une même action, Saikawa a déclaré au Nikkei en avril qu’il ne voyait «aucun intérêt» à combiner les deux sociétés, ajoutant qu’une telle décision aurait des effets secondaires.

Bloomberg News a de nouveau indiqué que le constructeur japonais résistait à une combinaison des deux systèmes, à moins de pouvoir gagner en influence dans des domaines clés, les principaux responsables estimant que Nissan disposait de meilleures capacités d’ingénierie pour diriger des opérations cruciales telles que le développement de produits.

La tâche la plus importante était de faire en sorte que l’alliance dure pendant des générations, a déclaré Saikawa en mai.

Le directeur général de Nissan a également annoncé lundi qu’une enquête longue de plusieurs mois menée par un lanceur d’alerte avait mis au jour des années de faute financière, y compris une sous-déclaration du salaire de M. Ghosn et une utilisation abusive des actifs de l’entreprise.

Les procureurs ont déclaré dans une déclaration que M. Ghosn et son représentant, Greg Kelly, avaient conspiré pour sous-estimer la rémunération de M. Ghosn sur cinq ans à compter de l’exercice 2010, soit environ la moitié de la somme réelle de 9,998 milliards de yens (88,9 millions de dollars des EUA).

Le journal Asahi, cité par des sources anonymes, aurait déclaré qu’un employé de la société avait fourni aux procureurs des informations sur Ghosn en échange d’un traitement allégé, le deuxième cas de transaction de plaidoyer au Japon – un système introduit en juin.

Ghosn et Kelly n’ont fait aucun commentaire sur les allégations et Reuters n’a pas pu les contacter pour commenter.

Malgré sa renommée internationale et son statut de rock star, notamment au Japon, où Ghosn était un rare dirigeant né à l’étranger, l’homme âgé de 64 ans n’était pas sans détracteurs.

Il a gagné l’admiration mais aussi la colère pour sa restructuration impitoyable dans des entreprises comme Nissan, et a été surnommé « Le Coupeur de coûts (Cost Cutter) » en France.

Et son paquet de paie a régulièrement fait l’objet de critiques, notamment chez Renault, où il a suscité un débat animé avec les actionnaires.

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Source : THE STRAITS TIMES

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