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Washington voit Daech comme un allié utilisé pour le changement de régime en Syrie – Lavrov

© AP Photo / Hammurabi’s Justice News

Un peu plus tôt, le représentant spécial des Etats-Unis d’Amérique pour l’engagement en Syrie, James Jeffrey, a déclaré que le gouvernement syrien était responsable de la création de Daesh (ISIS)*, qui, selon lui, tentait de « protéger la population … des démolitions du régime d’Assad ».

Les Etats-Unis d’Amérique utilisent Daech comme prétexte pour continuer leur présence illégale en Syrie et considèrent le groupe terroriste presque comme un allié pour mener à bien un changement de régime dans la République arabe, a déclaré samedi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

« Le département d’Etat des Etats-Unis d’Amérique a déclaré que Daesh n’était pas complètement défait et que la principale condition de sa défaite était un changement de régime en Syrie et le retrait de toute unité iranienne ou pro-iranienne du pays. Cela confirme ma théorie selon laquelle les Américains considèrent Daech comme une excuse pour leur présence en Syrie et presque comme un allié dans la lutte contre le régime syrien. En d’autres termes, la tâche principale est maintenant de changer le régime, pas de vaincre Daesh », a déclaré Lavrov, lors de sa rencontre à Lisbonne avec Homologue portugais Augusto Santos Silva.

En étayant cette évaluation, Lavrov a souligné que le principal foyer d’activité de Daech en Syrie se trouve maintenant dans des territoires « contrôlés par les États-Unis d’Amérique – sur la rive est de l’Euphrate ».

Cela comprend également la zone autour de la colonie de At-Tanf dans le sud de la Syrie, « où les États-Unis d’Amérique ont créé illégalement une zone qu’ils contrôlent dans un rayon de 55 km », a-t-il déclaré. « Dans cette zone se trouvent plusieurs milliers de bandits, que les Etats-Unis d’Amérique considèrent comme étant interdits, leur permettant de trouver des excuses pour leur présence, y compris sur ce territoire particulier. »

Commentant la récente déclaration du chef d’état-major britannique, Mark Carleton-Smith, selon laquelle la Russie représentait une « menace bien plus grande » pour la sécurité nationale britannique que Daesh ou Al-Qaeda, Lavrov a déclaré que la Russie ne pouvait « interdire à quiconque » de «démontrer ses capacités intellectuelles et politiques».

« J’ai entendu parler de cette déclaration et j’ai entendu de nombreuses déclarations de ce type de la part du ministre britannique de la Défense », a ajouté Lavrov, soulignant que la Russie ne pouvait influencer les décisions du gouvernement britannique « en ce qui concerne la confiance en ses forces pour diriger leurs forces armées ».

Vendredi, le représentant spécial des Etats-Unis d’Amérique pour l’engagement en Syrie, James Jeffrey a assuré aux médias russes que les États-Unis d’Amérique ne cherchaient pas à changer de régime en Syrie, mais a ajouté que Washington était « déterminé à changer le comportement du régime [d’Assad] ». Il a justifié la présence des forces des Etats-Unis d’Amérique en Syrie, affirmant que celles-ci « menaient des opérations antiterroristes » et que leur présence « n’indique aucun désir de séparer un pays ».

Dans le même temps, Jeffrey a souligné que les États-Unis d’Amérique utiliseraient des sanctions pour repousser la prétendue présence iranienne en Syrie, refuser l’aide à la reconstruction, utiliser ses ressources diplomatiques, « tout ce que nous pouvons pour essayer de mettre fin à ce conflit et rendre la Syrie à son peuple ». Le diplomate a indiqué que Washington s’attendrait à ce que l’ONU joue « un rôle beaucoup plus central » dans le règlement de la crise syrienne si les efforts actuellement déployés par l’envoyé spécial des Nations Unies Stepan de Mistura aux côtés de la Russie, de l’Iran, de la Turquie et du gouvernement syrien s’avéraient vains.

La coalition dirigée par les États-Unis d’Amérique a lancé une campagne de frappes aériennes ‘contre des cibles de Daesh’ en Syrie et en Irak en septembre 2014. Cette campagne, qui visait ostensiblement à lutter contre l’extrémisme djihadiste, n’a jamais été approuvée par le gouvernement syrien, qui l’a qualifié de violation de sa souveraineté. En outre, tout au long de ses opérations aériennes et terrestres dans l’est et le sud de la Syrie, les forces dirigées par les États-Unis d’Amérique et leurs alliés ont frappé à plusieurs reprises des cibles militaires syriennes, affirmant en général que ces frappes étaient accidentelles ou résultaient d’actions agressives du côté syrien. [En réalité plusieurs de ces frappes venaient au secours des terroristes en difficulté face à l’Armée arabe syrienne et étaient également destinées à détruire les infrastructures du pays et ciblaient des résidences individuelles (MIRASTNEWS)]. Les Etats-Unis d’Amérique maintiennent leur emprise autour de la ville d’at-Tanf, dans le sud de la Syrie, et dans le nord-est de la Syrie, à l’est de l’Euphrate, où les troupes des Etats-Unis d’Amérique sont intégrées aux côtés de ses alliés des Forces démocratiques syriennes à majorité kurde.

*Les groupes terroristes interdits en Russie et dans de nombreux autres pays.

Traduction : Jean de Dieu MOSSINGUE

MIRASTNEWS

Source : Sputnik News

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