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Une nouvelle étude montre les conséquences économiques et fiscales de l’accord sur le Brexit

Une nouvelle étude réalisée par des experts du Centre for Economic Performance de la London School of Economics, du King’s College de Londres et de l’Institute for Fiscal Studies a permis de modéliser les conséquences économiques et fiscales du Brexit.

Ils estiment que l’accord sur le Brexit négocié par le Premier ministre pourrait réduire le PIB britannique par habitant, dix ans après le Brexit, de 1,9% à 5,5%, par rapport au fait de rester dans l’UE. Le coût pour les finances publiques se situerait entre 0,4% et 1,8% du PIB sur la même période. Les chiffres correspondants pour un Brexit sans transaction seraient de 1% à 3,1%.

Le rapport, Les conséquences économiques de l’accord sur le Brexit, publié par le groupe de réflexion universitaire Le Royaume-Uni dans un changement en Europe, examine l’impact économique de l’accord de retrait et de la déclaration politique convenus entre le gouvernement britannique et la Commission européenne.

Le rapport envisage trois scénarios: rester dans l’UE (la «base»), l’accord et l’absence d’accord – c’est-à-dire une situation dans laquelle il n’y a pas d’accord entre le Royaume-Uni et l’UE et donc, à long terme, nous commerçons avec l’UE en tant que pays tiers sans accord de libre-échange.

Commerce

La modélisation économique présentée dans le rapport couvre le commerce et les migrations. Pour le commerce, les chercheurs du Center for Economic Performance de LSE ont utilisé un modèle de commerce mondial à la pointe de la technologie. Ils ont supposé que l’accord signifiait que le Royaume-Uni restait dans une union douanière avec l’UE, tout en laissant le marché unique (conformément à l’accord de soutien), entraînant une augmentation des obstacles réglementaires au commerce des biens et des services. Dans un scénario de non-accord, ces obstacles seraient considérablement plus élevés.

Immigration

Pour l’immigration, l’accord (ou même l’absence d’accord) signifie la fin de la libre circulation. Le professeur Jonathan Portes, du King’s College de Londres, a fourni des estimations indicatives de l’impact sur l’immigration qualifiée et non qualifiée, en provenance et à destination de l’UE.

Dans l’ensemble, les estimations impliquent qu’aucun accord n’entraînerait, à long terme (en ignorant les effets des perturbations à court terme), une réduction du PIB par habitant du Royaume-Uni, par rapport à la « base » de rester membre de l’UE, de 3,5% à 8,7% – la large gamme reflétant les très importantes incertitudes impliquées. L’effet négatif de l’accord proposé serait moindre, mais néanmoins important, et représenterait entre 1,9% et 5,5% du PIB par habitant.

Finances publiques

Un tel impact économique aurait également des conséquences majeures sur les finances publiques. Celles-ci dépasseraient de loin les gains résultant d’une réduction des contributions de l’UE. The Institute for Fiscal Studies a estimé que, si les incidences sur le PIB étaient conformes aux estimations ci-dessus, le coût pour les finances publiques se situerait entre 1% et 3,1% du PIB et entre 0,4% et 1,8%, si l’accord a été mis en œuvre. C’est même après la prise en compte des économies à long terme sur les contributions nettes du Royaume-Uni à l’UE de 0,4% du PIB.

Ces résultats, à la fois pour les impacts économiques et fiscaux, sont résumés dans le tableau ci-dessous. Les impacts du PIB par habitant indiqués résument les effets à la fois d’une réduction des échanges commerciaux et d’une baisse de la migration.

                                               PIB par habitant (%)   Impact fiscal (% du PIB)

Aucune hypothèse

de productivité

Offre proposée                         -1,9%                            -0,4%

OMC                                            -3,5%                           -1%

Avec hypothèse

de productivité

Offre proposée                          -5,5%                            -1,8%

OMC                                             -8,7%                            -3,1%

Le professeur Anand Menon, directeur du Royaume-Uni dans un changement en Europe, a déclaré: «Malgré toute la vigueur et la fureur suscitées par la politique du Brexit, les implications économiques ont été quelque peu perdues de vue. De toute évidence, ce type de modélisation économique doit être traité avec la prudence appropriée. Cependant, nos estimations fournissent une indication claire de l’ampleur de l’impact de l’accord négocié par le Premier ministre.»

Le professeur Jonathan Portes, senior fellow du Royaume-Uni dans un changement en Europe, a déclaré: «L’accord sur le Brexit nous laisserait dans une union douanière avec l’UE pour un avenir indéfini – mais il est loin d’un commerce sans friction.

Les barrières commerciales additionnelles, combinées aux réductions des migrations qualifiées et non qualifiées après la fin de la libre circulation, laisseraient l’économie britannique considérablement plus petite qu’elle ne l’aurait été à moyen et long termes. Cela se traduirait par une augmentation des impôts ou des dépenses publiques.»

Ces résultats sont soumis à un degré d’incertitude élevé, lié à la fois aux difficultés inhérentes à la modélisation économique et au caractère vague et ambitieux de la Déclaration politique sur les relations futures, ce qui signifie que certains éléments clés restent à déterminer.

Le rapport repose donc sur un certain nombre d’hypothèses, dont certaines subjectives, qui sont énoncées clairement et de manière transparente. Il analyse également l’impact de l’évolution du commerce et de la migration, tout en maintenant la productivité constante et en permettant un ajustement de la productivité après le Brexit.

Pour estimer les implications pour les finances publiques, le rapport suppose qu’une baisse de 1% du PIB par habitant réduirait les recettes de l’État de 0,4% du PIB. Les conclusions du rapport sont cohérentes avec la théorie économique et la littérature empirique.

Le rapport ne modélise pas les perturbations à court terme résultant de l’absence d’accord, qui a fait l’objet d’un rapport précédent  intitulé le Royaume-Uni dans le changement en Europe, Le Coût du Non Accord revisité.

Le Royaume-Uni dans un changement en Europe, et les auteurs de ce rapport, ne prennent pas position sur lequel des trois scénarios est préférable, reconnaissant qu’il y a beaucoup d’autres considérations que simplement les seules économiques. Néanmoins, il est important que le Parlement, et le pays dans son ensemble, prennent des décisions sur la base des meilleures preuves disponibles.

Avertissement:

Les points de vue exprimés dans cet article d’analyse sont ceux des auteurs et pas nécessairement ceux du Royaume-Uni dans une initiative de changement en Europe.

Traduction : MIRASTNEWS

Source : http://ukandeu.ac.uk/new-research-shows-economic-and-fiscal-consequences-of-the-brexit-deal/

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