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TOTAL complote-t-il pour dépouiller le Congo de ses ressources et richesses? Le groupe est-il prêt à avancer 3 à 5 années de revenus de Moho Bilondo pour sauver la dictature de Sassou NGUESSO?

Le pétrole congolais rend fou.

Marien avait eu raison de ne pas vouloir y toucher ; et tort à la fois, car il en est mort ! Quarante ans après, Sassou s’en réjouit encore. Tout de blanc vêtu, l’or noir a fait danser le dictateur au somptueux mariage de la fille de « l’Immortel » Marien Ngouabi, ce dimanche dernier à Kintelé ; comme son ex-ministre du pétrole, l’Oncle Emmanuel Yoka, à 80 ans bien sonnés, sautant de joie tel un enfant à son énième mariage, ce même dimanche, avec une beauté du tiers de son âge.

Circonstances atténuantes pour ces gérontocrates, la production pétrolière au Congo-B a frôlé les 600.000 barils/jour en octobre dernier et au courant de ce mois. Secret d’Etat absolu, d’autant plus que pour la LOLF 2019 (Loi organique relative aux lois de finances) pas plus de 390.000 barils/jour seront comptabilisés. Un tiers de la production destinée à s’évaporer… Difficile de le quantifier exactement, les opérateurs dociles et/ou complices dissimulant les chiffres réels de leur production !

La chute du prix du baril n’a pas gâché les célébrations des mariages. Par tête d’habitant, la République du Congo, est deux fois plus riche que l’Angola, qui produit 2 millions de barils/jour pour 30 millions d’habitants. En fait, de ce pétrole, les Congolais n’en voient jamais la couleur tant les dirigeants susnommés, avec leurs acolytes, ont tout fait depuis le 18 mars 1977 pour se l’approprier ! Le pétrole congolais n’est plus un bien public, il est devenu la propriété d’un petit clan mafieux avec la bienveillante complicité de ses exploitants.

Point d’espoir en vue pour rassurer la malheureuse population congolaise : le pire est toujours devant elle ! Certes jusqu’ici le FMI, contraint par des alertes répétées, a tenu bon. Les banques sollicitées, telles que SOCIETE GENERALE et HSBC, en ont fait autant. BNP PARIBAS, le banquier historique du pouvoir, avec ses préfinancements, a juré [à cause de l’affaire GUNVOR et les 750 millions de dollars décaissés par BNP PARIBAS SUISSE prétendument destinés à Asperbras] de ne plus rien faire avec la bande d’irresponsables à la tête de notre pays. Matthieu Pigasse et Dominique Strauss-Kahn ont été incapables de trouver, pour le gang des Nguesso, une source de financement à fonds perdus qu’il ne remboursera jamais.

Alors « les fous de cash » qui nous dirigent se sont tournés vers TOTAL, la multinationale qui ne recule devant rien [Likouala SA, le seuil de partage production à 90 $ ou l’aide garantie lors des fins de mois difficiles de l’usurpateur etc…] ou presque [avec la SEC qui vient se mêler du « local content » lors du renouvellement des permis du Secteur Sud…]

Il est vrai que les mafieux au pouvoir et TOTAL (ainsi qu’ENI et PERENCO d’ailleurs) ont tout pour s’entendre : les premiers sont trois fois moins exigeants que les Angolais pour les participations de l’Etat dans l’exploitation des gisements et deux fois moins exigeants également que ne le sont les Equato-guinéens ; alors les seconds sont totalement indifférents aux abus et aux crimes que les premiers commettent tant qu’ils s’éternisent à la tête de leur État voyou et qu’ils cultivent la plus grande incompétence dans les affaires pétrolières…

Rien d’étonnant, en effet, à ce que lors du dernier séjour parisien du tyran, un plan de sauvetage opéré par TOTAL ait été sur la table lors des discussions avec son PDG, Patrick Pouyanné ; un temps encouragé par Bruno Lemaire avant qu’il ne se rétracte. Le ministre français de l’économie et des finances a dû mesurer tardivement la démence d’un soutien financier à un système totalement corrompu, sans contrepartie de bonne gouvernance et d’avancées démocratiques : le souhait du dictateur congolais étant une avance de 3 à 5 années de revenus des champs de Moho Bilondo. Soit 5 à 10 milliards de dollars pour une estimation de production de ces derniers à 270.000 barils/jour.

Pareille facilité accordée à la même bande de pilleurs, corrompus notoires, qui ont déjà ruiné le Congo à maintes reprises, engagera irrémédiablement le pays dans la voie d’une faillite dont il ne pourra jamais, jamais, se relever.

Les avocats du Cabinet Ghelber & Gourdon, mobilisés par TOTAL E&P, se sont déjà attelés à la tâche, en plus d’une étude stratégique à mettre à jour et d’une autre proposition pour l’adaptation du « local content ». C’est à ce Cabinet que l’on doit le « génial » avantage accordé aux « investisseurs congolais » (Orion Oil, AOGC, Kontinent LLc, Petro Congo, etc.) qui représentent ce « local content » à un niveau de 25% sur certains champs, principalement avec PERENCO.

Bien entendu, ces marchés qui auraient dû être lancés par appel d’offre international ont été confiés de gré à gré à Ghelber & Gourdon par l’association mafieuse reconnaissante. Curieusement le cabinet parisien prétend intervenir dans les domaines suivants : « Anti-corruption, blanchiment des capitaux : protection des intérêts communautaires, aide aux pays candidats à l’Union européenne, application des conventions internationales, et des règles des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux. »

TOTAL E&P, en apportant un incroyable concours financier de plusieurs milliards de dollars, à un pouvoir criminel à bout de souffle et en se substituant au FMI ou à des banques privées, causera un préjudice immense au Congo, qui s’en appauvrira d’autant, car tout cet argent disparaitra aussitôt ; un même tort aux Congolais, qui ont des conditions de vie épouvantables, et qui n’en profiteront pas, ainsi qu’aux très nombreux créanciers, intérieurs et extérieurs, du Congo qui perdront tout espoir de recouvrement.

En voulant à tout prix sauver le pouvoir pourri de Brazzaville/Oyo, TOTAL n’apparait pas comme un partenaire loyal et sans reproche qui n’a rien à craindre d’une alternance démocratique. Ce plan de sauvetage sera la pire initiative que pourrait prendre le pétrolier de Courbevoie. De plus, un obligatoire nantissement des revenus et des parts de la SNPC, dans les champs concernés, pourrait indisposer la compagnie américaine CHEVRON associée à 31,5% dans l’exploitation de Moho-Bilondo, et peut-être même, encore une fois à Washington, l’US Department of Justice…

Par Rigobert OSSEBI

Source: Congo-liberty

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