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La Chine refuse d’investir dans l’économie russe

La tentative de la Russie de réorienter sa politique économique vers l’est à la suite de l’annexion de la Crimée et du début des sanctions occidentales a abouti à une impasse, rapporte finanz.ru.

Malgré de nombreux appels des dirigeants russes, les entreprises chinoises refusent d’investir dans une véritable économie russe et suivent l’exemple des entreprises occidentales et retirent leur argent.

Entre janvier et juin, le volume total des investissements étrangers directs en provenance de Chine en Russie a diminué de 24%, a annoncé mercredi la Banque centrale de Russie.

À la fin du premier semestre de l’année, les investisseurs chinois avaient retiré 1 milliard de dollars, ramenant leur investissement total à 3,18 milliards de dollars.

La quasi-totalité des sorties était liée à une réduction directe de la présence en Russie: 92% de ce montant (921 millions de dollars) ont été retirés directement du capital de sociétés russes.

Globalement, la Chine a activement augmenté ses investissements à l’étranger: selon le ministère du Commerce, entre janvier et juillet, les entreprises chinoises ont investi 65 milliards de dollars dans 4000 entreprises étrangères dans 152 pays et régions du monde, soit 14% de plus que le l’année dernière.

Cependant, aucun de ces fonds n’a atteint la Russie. Selon la Banque centrale de Russie, les sorties d’investissements chinois se sont poursuivies pendant quatre trimestres consécutifs et le montant actuel ne représente que les deux tiers de ce qu’il était avant l’annexion de la Crimée (4,54 milliards de dollars).

Les grands projets d’investissement russo-chinois qui ont été annoncés par le passé n’ont pas abouti. L’idée de vendre une part de Rosneft au conglomérat énergétique chinois CEFC a échoué lorsque le directeur de CEFC, Ye Jianming, a été arrêté pour crimes économiques. Le projet de construction de la ligne de chemin de fer à grande vitesse «Eurasia» reliant Pékin à Berlin en passant par Moscou a été déclaré non rentable.

Les tentatives du ministère russe des Finances pour entrer sur le marché chinois et commencer à emprunter en yuans ont également été laissées en suspens depuis plus de quatre ans. L’émission d’obligations fédérales d’emprunt (OFZ) libellées en yuans, initialement prévue pour 2016 puis reportée à 2017, n’a toujours pas reçu l’accord final du gouvernement chinois, a annoncé en octobre le ministre russe des Finances, Sergueï Storchak.

La dernière tentative de sollicitation d’argent chinois a eu lieu en juin, lorsque le président russe Vladimir Poutine a participé au sommet de l’Organisation de la coopération de Shanghai à Qingdao. Lors du sommet, il était prévu de réaliser une étude de faisabilité sur un accord commercial russo-chinois similaire au Partenariat transpacifique. Le projet a duré deux ans et demi et aucune date précise n’a été fixée pour les investissements réels.

Une étude de faisabilité n’est qu’un mémorandum, observe Alexander Knobel, directeur du Centre d’études du commerce international RANEPA: chaque année, des fonctionnaires signent des milliards de roubles de ces documents non contraignants au Forum économique mondial.

La Chine n’est disposée à investir dans l’économie russe que sous certaines conditions, et pourrait les imposer à Moscou en raison de sanctions, observe Yuri Zaytsev, chercheur principal de l’Institut Gaidar.

Traduction : Jean de Dieu MOSSINGUE

MIRASTNEWS

Source : UAWire

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