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L’Union africaine exhorte le Congo à suspendre les résultats définitifs des élections

Le président tchadien Idriss Deby s’entretient avec le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, lors de la réunion de consultation de haut niveau des chefs d’État et de gouvernement sur la situation en République démocratique du Congo, au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, le 17 janvier 2019.

La Françafrique est-elle à la manœuvre ? Le président Laurent GBAGBO de Côte d’Ivoire ou le général Jean Marie Michel MOKOKO méritaient bien le recomptage des votes au Congo-Brazzaville en 2016, pourtant l’UA n’avait pas bronché. Cette organisation continentale serait-elle sélective ?

KINSHASA, CONGO – L’organe continental de l’Union africaine a publié jeudi dernier une demande surprise de dernière minute demandant au gouvernement congolais de suspendre l’annonce des résultats définitifs de l’élection présidentielle contestée, invoquant des « doutes sérieux ».

La cour constitutionnelle du Congo-Kinshasa est sur le point de se prononcer dès vendredi sur une contestation déposée par le vice-président des élections. Martin Fayulu a demandé un recomptage, alléguant une fraude. Soutenir les résultats pourrait déclencher la violence dans un pays qui espère obtenir son premier transfert de pouvoir pacifique et démocratique depuis l’indépendance en 1960.

« Vraiment incroyable »

Selon le communiqué de l’UA, les chefs d’Etat et de gouvernement ont convenu d’envoyer « en urgence » une délégation de haut niveau au Congo, afin de « trouver un moyen de sortir de la crise postélectorale » dans le vaste pays d’Afrique centrale riche en minéraux essentiels aux smartphones voitures dans le monde entier.

« C’est vraiment incroyable », a tweeté Jason Stearns, directeur du Congo Research Group à l’Université de New York. « Habituellement, l’Union africaine s’en remet à la sous-région (…) dans ce cas, elle s’est écartée de façon dramatique ».

Le 13 janvier 2019, le candidat de l’opposition congolaise Martin Fayulu, au centre, quitte le Philadelphie Missionary Center après avoir assisté à la messe dominicale à Kinshasa, Congo.

Le Congo est confronté à la situation extraordinaire d’élections prétendument truquées en faveur de l’opposition. Il n’y avait pas de commentaire immédiat du gouvernement.

Fayulu accuse le gouvernement du président sortant Joseph Kabila d’avoir falsifié les résultats pour déclarer le chef de l’opposition, Felix Tshisekedi, vainqueur après la mauvaise performance du candidat du parti au pouvoir. Fayulu a cité des chiffres compilés par les 40 000 observateurs électoraux influents de l’Église catholique, qui ont conclu qu’il avait recueilli 61% des voix.

Des données fuitées favorisent Fayulu

Selon une enquête publiée cette semaine par Radio France internationale et d’autres médias travaillant avec le groupe de recherche sur le Congo, deux séries de données divulguées montrent que Fayulu a remporté les élections à la hâte.

Dans le premier ensemble de données, attribué à la commission électorale du Congo et représentant 86% des suffrages, Fayulu a remporté 59,4% des suffrages, contre 19% pour Tshisekedi. Le deuxième ensemble de données, issu de la mission de l’Église catholique, représente 43% des voix. Tshisekedi et le candidat du parti au pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary, en ont chacun reçu moins de 20%.

Fayulu, un législateur et un homme d’affaires qui parle ouvertement de l’épuration de la corruption au Congo, est généralement considéré comme une menace pour Kabila, ses alliés et la vaste richesse qu’ils ont amassée. Tshisekedi, le fils du chef charismatique de l’opposition, Étienne, décédé en 2017, est relativement peu testé et a peu parlé depuis l’élection du 30 décembre.

La déclaration de l’UA a été publiée après que le ministre des Affaires étrangères et le vice-Premier ministre congolais aient informé « un certain nombre de chefs d’État et de gouvernement » de l’ensemble du continent de la crise. Certains chefs d’Etat se joindraient au président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, pour la mission urgente au Congo.

La pression des pays africains est perçue comme ayant un impact plus important sur le gouvernement congolais, qui a été contrarié par la pression occidentale pendant plus de deux ans de retards électoraux turbulents.

La déclaration de l’UA témoigne de l’inquiétude des États face à la menace d’aggravation de l’agitation au Congo qui pourrait traverser les frontières et déstabiliser ses nombreux voisins.

Mais les pays ont hésité sur la manière de faire face à la crise. La déclaration de l’UA intervient quelques heures après que la Communauté de développement de l’Afrique australe, qui regroupe 16 nations, ait annulé sa demande antérieure de recomptage des élections, appelant plutôt la communauté internationale à respecter la souveraineté du Congo. Il a souligné la nécessité de la stabilité dans un pays où des conflits survenus au cours des deux dernières décennies ont tué des millions de personnes.

Problèmes électoraux signalés

La déclaration de l’UA a noté que les dirigeants de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ont participé aux discussions continentales plus larges.

Les élections au Congo devaient avoir lieu fin 2016 et de nombreux Congolais craignaient que Kabila, au pouvoir depuis 2001, ne cherche un moyen de rester en poste. Interdit de remplir trois mandats consécutifs, Kabila a déjà laissé entendre qu’il pourrait être candidat en 2023.

Les observateurs électoraux ont fait état de multiples problèmes, notamment le barrage de dernière minute d’environ un million d’électeurs dans l’est du pays, la commission électorale accusant une épidémie mortelle d’Ebola. Cela seul mine la crédibilité de l’élection, ont déclaré certains observateurs.

Tous les résultats des élections, et pas seulement ceux des présidentielles, ont été largement remis en question après que la coalition au pouvoir de Kabila eut obtenu la majorité lors des votes aux législatives et aux provinces, tandis que son candidat à la présidentielle arrivait en troisième position.

Traduction et Titre 2 interrogatif: MIRASTNEWS

Source : VOA

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