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RDC : Le Congo rejette la demande de l’Union africaine de retarder le résultat des élections

Le 11 janvier 2019, le candidat de l’opposition congolaise Martin Fayulu accueille ses partisans à son arrivée à un rassemblement à Kinshasa (Congo). (JEROME DELAY / AP)

KINSHASA, Congo – La République démocratique du Congo a rejeté la demande de l’Union africaine de retarder l’annonce des résultats définitifs de son élection présidentielle contestée, a annoncé vendredi le gouvernement.

Le décompte final pour l’élection du 30 décembre, qui a été entachée de violences généralisées et d’allégations de fraude, doit être publié une fois que la Cour constitutionnelle aura statué sur les contestations des résultats provisoires, notamment de la part du chef de l’opposition et du finaliste électoral Martin Fayulu. La décision du tribunal est attendue plus tard vendredi ou samedi.

Mais l’Union africaine a appelé jeudi après une réunion à Addis-Abeba au report des résultats définitifs, aggravant ainsi la tourmente d’un processus post-électoral destiné à apporter le premier transfert démocratique du pouvoir au Congo en 59 ans d’indépendance.

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L’UA a annoncé dans une déclaration qu’elle enverrait une délégation au Congo pour chercher « un moyen de sortir de la crise post-électorale ».

Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, a déclaré vendredi que même si la délégation de l’UA était la bienvenue, le processus post-électoral ne changerait pas, car Kinshasa avait le droit souverain de le contrôler.

Fayulu, un ancien directeur d’Exxon Mobil, a demandé un recomptage du scrutin cette semaine, affirmant qu’il avait été remporté par un glissement de terrain et que le vainqueur officiel, le chef de l’opposition Felix Tshisekedi, avait conclu un accord avec le président Joseph Kabila pour être déclaré vainqueur.

La commission électorale a déclaré que Tshisekedi avait obtenu 38% des voix et Fayulu 34%. Cependant, les résultats compilés par les 40 000 observateurs électoraux de l’influence de l’Église catholique montrent que Fayulu a gagné facilement avec 61%.

Dans les données divulguées publiées cette semaine par certains médias, attribuées à la commission électorale et représentant 86% des voix, Fayulu a remporté 59,4% des suffrages, contre 19% pour Tshisekedi.

Fayulu, un législateur et un homme d’affaires qui parle ouvertement de l’épuration de la corruption au Congo, est largement considéré comme une menace pour Kabila, ses alliés et leur immense richesse. Tshisekedi, le fils du chef charismatique de l’opposition, Etienne, décédé en 2017, est relativement peu testé et a peu parlé depuis l’élection.

L’investiture du Congo est prévue pour mardi.

Les élections ont eu lieu après plus de deux années agitées de retards alors que de nombreux Congolais craignaient que Kabila, au pouvoir depuis 2001, ne cherche un moyen de rester en poste. Interdit de remplir trois mandats consécutifs, Kabila a déjà laissé entendre qu’il pourrait être candidat en 2023.

Tous les résultats des élections, pas seulement dans la course à la présidentielle, ont été largement remis en question après que la coalition au pouvoir de Kabila ait obtenu la majorité lors des votes aux législatives et aux provinces, tandis que son candidat à la présidentielle en a terminé troisième.

Les services Internet ont été coupés au Congo le lendemain du vote pour calmer les spéculations sur les résultats. Il n’est toujours pas revenu.

Les observateurs électoraux ont fait état de multiples problèmes, notamment le barrage de dernière minute d’environ un million d’électeurs dans l’est du pays, la commission électorale accusant une épidémie mortelle d’Ebola. Cela seul mine la crédibilité de l’élection, ont déclaré certains observateurs.

Fayulu a demandé à la cour de déclarer que la commission avait violé la constitution en n’organisant pas d’élections dans certaines circonscriptions.

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Le tribunal n’a pas suffisamment interrogé la commission lors de l’audience de cette semaine, a prévenu la synergie des missions d’observation électorale des citoyens, ou SYMOCEL.

Mais pour certains Congolais qui ont fait une campagne difficile pour que Kabila se retire, il suffit qu’une personnalité de l’opposition prenne le pouvoir, malgré les interrogations sur le vote.

Reflétant l’aspiration à la stabilité après des années de troubles électoraux, 33 groupes non gouvernementaux et mouvements de la société civile congolais ont appelé jeudi à la population à se conformer à ce que la cour a décidé de « préserver la paix » dans l’intérêt de « l’unité nationale ».

Traduction : MIRASTNEWS

Source : CHINA DAILY

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