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« Bon pour les affaires »: Finalement l’aveu – le conseiller de Trump, Bolton, reconnaît l’intérêt des EUA pour les « capacités pétrolières » du Venezuela

© Reuters / Mike Segar

Alors que la crise au Venezuela s’aggrave après l’intervention provocatrice des Etats-Unis d’Amérique (EUA) contre le dirigeant élu Nicolas Maduro la semaine dernière, les médias ont négligé l’admission honnête du conseiller en sécurité nationale John Bolton: il s’agit du pétrole.

Le principal conseiller de Trump, qui est considéré comme le faucon le plus fervent de l’administration, a admis que Washington investissait énormément dans les résultats politiques de Caracas, en raison notamment des vastes réserves de pétrole inexploitées du Venezuela.

En effet, il se trouve que le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole prouvées au monde.

Geoffrey Cramer @gcramer30

The Trump administration isn’t even pretending when you have Bolton literally say it’s about oil. No American can legitimately support this coup. It’s not about anything good. Just theft.

S’adressant à Trish Regan, l’hôte de Fox Business, Bolton a déclaré que les Etats-Unis d’Amérique avaient « beaucoup à perdre » dans la crise politique au Venezuela, citant notamment le pétrole du pays et les avantages économiques qu’il pourrait apporter aux États-Unis d’Amérique.

Si les sociétés pétrolières des Etats-Unis d’Amérique pouvaient investir et produire les capacités pétrolières au Venezuela, cela ferait une grande différence sur le plan économique pour les États-Unis d’Amérique.

HootHootBerns #RunBernieRun🌹🐦 @HootHootBerns

« We’re in conversation with major American companies now…It would make a difference if we could have American companies produce the oil in Venezuela. It would be good for Venezuela and the people of the United States. » – John « Chickenhawk » Bolton, servant of Swamp King Trump.

Lors d’une comparution séparée sur Fox Business, Bolton a été moins explicite, expliquant à son hôte, Stuart Varney, qu’il était primordial de se débarrasser de Maduro, car il importait des « pays aux intérêts hostiles aux nôtres » et l’éviction serait un «potentiel majeur d’avancement» pour les opportunités «commerciales» dans la région.

Bien sûr, Bolton a également répété les lignes habituelles, affirmant que l’intervention des Etats-Unis d’Amérique dans la politique intérieure du Venezuela visait à renverser un dirigeant « autoritaire » et à protéger la démocratie et les droits de l’homme – mais les commentaires sur le pétrole ont trahi ce que beaucoup ont suggéré être la raison sous-jacente et la force motrice derrière l’ingérence de la Maison Blanche.

Strategic Sentinel

@StratSentinel

According to the CIA World Factbook, as of January 1st, 2017 Venezuela had the largest proven oil reserve estimate of any country, including Saudi Arabia. pic.twitter.com/JQ8Uz7S18E

Danielle Ryan 💬

@DanielleRyanJ

The real reason the US cares about “democracy” in summed up in 32 seconds.

Dr Tom O’Connor @justeconomics

The USA has been destroying Venezuela for its oil, just like Iraq and have started a coup, trying to install their puppet regime under Guiada. The US sanctions are illegal under international law not endorsed by UN Security Council- Former UN Rappoarteur https://www.independent.co.uk/news/world/americas/venezuela-us-sanctions-united-nations-oil-pdvsa-a8748201.html 

Seán Ó Morchoe @JohnMurphy51

Venezuela happens and people people fall for the usual auld left versus right crap as an opportunity to bang on about their political prejudices and gallop off on their hobby-horses.

Oil & money & who gets to get it is the reason for this situation, nothing else.

L’intérêt de Bolton de voir l’économie des Etats-Unis d’Amérique profiter des abondantes ressources naturelles du Venezuela ne devrait pas être une surprise. Trump lui-même réclame depuis longtemps des changements de régime dans les pays riches en pétrole… mais seulement si les entreprises des Etats-Unis d’Amérique en bénéficient.

«Je suis intéressé par la Libye si nous prenons le pétrole. Si nous ne prenons pas le pétrole, aucun intérêt », a-t-il déclaré à Fox en 2012, un mois après la désastreuse intervention de l’OTAN sous l’égide des États-Unis d’Amérique qui a laissé la Libye à la faillite. « Nous allons vous aider, mais nous voulons 50% de votre pétrole », a-t-il déclaré à propos de la Libye dans une autre interview. Trump a également préconisé une politique de «prise du pétrole» en Irak par le passé.

Ilhan Omar

@IlhanMN

Trump on Libya in 2011: We should “Immediately go into Libya and knock this guy out… We should’ve said we’ll help you, but we want 50% of your oil.“

Oh Trump, such a humanitarian guy 🤪

Bolton n’est pas le seul à admettre que le pétrole est un facteur primordial dans les actions des Etats-Unis d’Amérique au Venezuela. Le sénateur républicain de Floride, Marco Rubio, a tweeté la semaine dernière que le raffinage du brut très recherché du Venezuela cherchait déjà à « créer de formidables emplois » pour les Américains sur la côte du Golfe.

Marco Rubio

@marcorubio

Biggest buyers of Venezuelan oil are @ValeroEnergy & @Chevron. Refining heavy crude from supports great jobs in Gulf Coast.

For the sake of these U.S. workers I hope they will begin working with administration of President Guaido & cut off illegitimate Maduro regime.

Malgré des aveux clairs sur le fait que le pétrole est un intérêt primordial pour Trump et Bolton, cet aspect de la crise vénézuélienne a été en grande partie négligé par les principaux médias états-uniens et européens, les journalistes, qui sont généralement plus hostiles à Trump, adoptant sans réserve le récit que l’intervention parle plutôt de « démocratie ».

LIRE PLUS: Washington organise le coup d’Etat au Venezuela, incite à la guerre civile, au nom de la «démocratie»

La semaine dernière, Trump a reconnu le politicien de l’opposition vénézuélienne Juan Guaido comme président par intérim du pays, a déclaré la présidence de Maduro «illégitime» et a appelé à un changement de régime. L’Union européenne, ainsi que ses alliés des États-Unis d’Amérique dans l’hémisphère occidental, se sont rapidement alignés pour soutenir la position de Trump, tandis que la Russie, la Chine, la Turquie et les alliés du Venezuela en Amérique latine se sont prononcés contre.

Le gouvernement de Maduro a accusé les Etats-Unis d’Amérique d’essayer d’organiser un «coup d’État» et de mener une «guerre économique» contre celui-ci.

[Remarque: quand un coup d’État fut réalisé contre le président Hugo Chavez par ses ennemis intérieurs et extérieurs, celui-ci n’avait pas d’amis étranger au Venezuela. Il venait juste d’être élu pour la première fois à la tête de l’État. MIRASTNEWS].

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Traduction : Jean de Dieu MOSSINGUE

MIRASTNEWS

Source : RT

Démocratie ou pétrole ? John Bolton évoque les intérêts américains au Venezuela

© REUTERS/Jim Young et REUTERS/Manaure Quintero
A gauche : John Bolton, conseiller américain à la sécurité nationale. A droite : Nicolas Maduro, président du Venezuela.

Ces propos ne font pas les gros titres. Ils sont pourtant de John Bolton, conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis qui a évoqué explicitement un enjeu clé de Washington au Venezuela : le pétrole.

Avec 301 milliards de barils (soit environ 17,7% du total mondial), le Venezuela détient les plus grandes réserves prouvées de pétrole brut dans le monde. Une donnée géopolitique majeure qui n’aura probablement pas échappé aux membres du gouvernement de la première puissance mondiale, et en particulier au conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis, John Bolton. C’est pourtant bien ce conseiller de Donald Trump qui a exposé les raisons du soutien de Washington à l’opposition vénézuélienne.

redfish @redfishstream

Anyone still wondering why the US is meddling in ‘s affairs?

Interrogé sur la chaîne américaine Fox Business le 24 janvier, le «faucon» néoconservateur a ainsi reconnu que les Etats-Unis avaient «des enjeux importants» au Venezuela. John Bolton a plus précisé : «Cela fera une grande différence économiquement pour les Etats-Unis si nous pouvions avoir des compagnies pétrolières américaines qui produisent et investissent dans les capacités pétrolières du Venezuela.»

Dans un autre commentaire à Fox Business, le conseiller de Donald Trump s’était montré moins explicite, mais avait tout de même évoqué les enjeux économiques liés à la crise que traverse le pays gouverné par Nicolas Maduro. «Nous voulons être sûrs que chacun au niveau politique et au niveau commercial, partout dans le monde, chacun qui a un intérêt pour l’Hémisphère ouest [comprenne que] cela est un potentiel pas en avant majeur vers de nombreux progrès dans notre partie du monde», avait déclaré John Bolton, explicitant la position offensive de Washington à l’encontre du président élu vénézuélien.

HootHootBerns #RunBernieRun🌹🐦 @HootHootBerns

« We’re in conversation with major American companies now…It would make a difference if we could have American companies produce the oil in Venezuela. It would be good for Venezuela and the people of the United States. » – John « Chickenhawk » Bolton, servant of Swamp King Trump.

Un attrait soudain pour la démocratie ?

Le 23 janvier, le président des Etats-Unis Donald Trump annonçait dans un communiqué qu’il reconnaissait le président de l’Assemblée nationale vénézuélienne (contrôlée par l’opposition qui a remporté les élections législatives en 2015) Juan Guaido, comme «président par intérim» du pays. Lors d’une journée marquée par d’importantes manifestations, à la fois pro et anti-Maduro, l’opposant pro-américain s’était en effet autoproclamé dirigeant «en exercice» du Venezuela, devant plusieurs milliers de ses partisans, et ce quelques jours après l’investiture de Nicolas Maduro, réélu pour un second mandat.

Dans son communiqué, le dirigeant étasunien reprenait une rhétorique axée sur la morale et les valeurs, des éléments de langage également repris par John Bolton lors de ses interventions dans les médias américains. «Le peuple du Venezuela s’est courageusement manifesté contre Maduro et son régime, et a réclamé la liberté et l’Etat de droit», pouvait-on lire dans le communiqué diffusé par la Maison Blanche. Et Donald Trump de menacer : «Je continuerai à utiliser tout le poids économique et diplomatique des Etats-Unis pour appuyer la restauration de la démocratie vénézuélienne.»

En France, si les médias traditionnels s’intéressent de près à la situation inquiétante que traverse le Venezuela, la position très pragmatique assumée par le néoconservateur John Bolton n’a guère retenu l’attention.

«John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, a exhorté l’armée vénézuélienne et les forces de sécurité à accepter la transition « pacifique, démocratique et constitutionnelle » du pouvoir. Interrogé sur une possible intervention militaire américaine, il a réaffirmé, comme l’avait fait Donald Trump, que « toutes les options » étaient sur la table», écrit par exemple l’AFP ce 28 janvier.

«5 000 soldats en Colombie ?» : Washington met la pression

Dans une énième tentative de faire monter la pression sur le gouvernement de Nicolas Maduro (que l’agence de presse française n’hésite plus désormais à qualifier de «régime», terme utilisé de manière particulièrement sélective), les Etats-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions contre la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne PDVSA ce 28 janvier. Sept milliards de dollars d’actifs de la société publique à l’étranger ont notamment été gelés. Les raffineries de Citgo, filiale de PDVSA aux Etats-Unis, pourront poursuivre leurs activités mais tous leurs bénéfices devront être versés sur un compte bloqué, qui ne sera mis à la disposition que de l’opposant et autoproclamé «président par intérim» Juan Guaido.

Washington assure avoir agi pour éviter le «détournement de davantage de ressources» par Nicolas Maduro, dont le prédécesseur Hugo Chavez avait mené une politique de nationalisation d’entreprises d’exploitation du pétrole au profit d’un programme social ambitieux notamment marqué par un net recul de la pauvreté.

Mais les Etats-Unis s’en tiendront-ils aux pressions économiques ? L’AFP rapporte que, lors de sa conférence de presse ce 28 janvier, John Bolton n’a pas pris soin de dissimuler ses notes. En haut de son bloc-notes, une ligne griffonnée repérée par les journalistes et spécifiant : «5 000 soldats en Colombie». Coup de bluff à l’attention de Caracas ou réel projet militaire ? Le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump a refusé d’en dire plus.

De nouvelles manifestations attendues «pour accompagner le soutien de l’UE»

Les alliés de Washington dans la région, à l’instar de l’Argentine, du Canada, du Brésil, du Chili, de la Colombie ou encore du Pérou, avaient emboîté le pas aux Etats-Unis pour reconnaître l’opposant Juan Guaido comme président légitime du Venezuela. La Russie, la Chine, la Turquie ou encore les alliés régionaux du Venezuela (Mexique, Cuba, Bolivie) ont pour leur part dénoncé des tentatives d’ingérence et apporté leur soutien à Nicolas Maduro. Ce dernier dénonce pour sa part une «guerre économique» et une tentative de «coup d’Etat» de la part de Washington, avec qui il a promis de couper les relations diplomatiques.

RT France

@RTenfrancais

🇻🇪/🇺🇸 «J’ai décidé de rompre les relations diplomatiques et politiques avec le gouvernement impérialiste des . Dehors ! Qu’ils s’en aillent du , ici il y a de la dignité, voyons !», a proclamé Nicolas https://francais.rt.com/international/58310-72-heures-pour-quitter-pays-maduro-venezuela-rompt-relations-etats-unis 

«72 heures pour quitter le pays» : Maduro annonce que le Venezuela rompt ses relations avec les USA

Nicolas Maduro, a déclaré qu’il rompait les relations avec les Etats-Unis, après qu’ils ont reconnu Juan Guaido, au poste de président par intérim du pays sud-américain. Le chef d’Etat donne 72…

francais.rt.com

Six pays européens, dont la France et l’Allemagne, ont donné au chef d’Etat vénézuélien jusqu’au 3 février pour organiser des élections, faute de quoi ils reconnaîtraient Juan Guaido comme président. L’opposant, surfant sur le soutien des alliés traditionnels des Etats-Unis sur la scène internationale, ne s’y est pas trompé. Tandis que, selon l’ONG Provea, 35 personnes auraient perdu la vie depuis le début de la crise et que plusieurs centaines de personnes auraient été arrêtées (le gouvernement, lui, n’a pas communiqué de bilan), Juan Guaido appelle à deux nouvelles manifestations : l’une le 30 janvier «pour exiger des forces armées qu’elles se mettent du côté du peuple», l’autre le 2 février «pour accompagner le soutien de l’Union européenne et l’ultimatum».

Pourtant, malgré la mobilisation des opposants et les difficultés rencontrées par le gouvernement vénézuélien (et notamment une hyperinflation record de 10 000 000% en 2019 selon le FMI), l’armée reste fidèle à Nicolas Maduro. Cette position sera-t-elle consolidée face aux tentatives d’ingérence de l’étranger, ou Caracas cédera-t-il aux pressions ?

Lire aussi : Venezuela : redoutant une intervention étrangère, Maduro apparaît au contact de ses troupes (VIDEOS)

Louis Maréchal

Source: RT France

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  1. Guaido appelle à de nouvelles manifestations au Venezuela alors que l’armée montre le soutien de Maduro – MIRASTNEWS
  2. La Chine s’oppose aux sanctions contre le Venezuela, affirme que les Etats-Unis d’Amérique seront responsables des conséquences – MIRASTNEWS

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