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Tout le monde sauf lui-même: Macron attribue les Gilets jaunes aux médias sociaux et à la Russie

© Reuters / REUTERS/Philippe Wojazer

Fuite en avant ?

Qui est responsable des manifestations des Gilets jaunes qui sévissent en France depuis novembre? Pour le président Emmanuel Macron, ce ne sont pas des problèmes économiques réels ni ses propres décisions, mais la droite, la gauche, les médias sociaux et, bien sûr, les «Russes».

Macron a critiqué les principaux médias du pays pour ne pas avoir réussi à contrôler le récit et a affirmé que les réseaux sociaux et «les Russes» généraient tout le contenu, tandis que les médias traditionnels se rangeaient. L’explosion calculée du président a été publiée par l’hebdomadaire Le Point vendredi, juste avant que les Gilets jaunes ne célèbrent officiellement la 12e semaine consécutive de manifestations à grande échelle contre le gouvernement.

Un membre du mouvement français « Gilets jaunes » est confronté à la police lors d’une manifestation contre les violences policières à Paris, le 2 février 2019. © Reuters / REUTERS / Philippe Wojazer

Le président a rejeté le camionneur Eric Drouet, âgé de 33 ans, qui est apparu comme une figure emblématique des manifestations, considéré comme « un produit médiatique, un produit de réseaux sociaux » et a affirmé que les manifestants étaient « conseillés de l’extérieur », sans démontrer. Il a fait valoir que 90% des discussions en ligne sur les Gilets jaunes provenaient des «[extrêmes] droites, des gauchistes et des Russes».

Premiers fainéants, maintenant des trolls

Pourtant, 18 mois après que le système de partis français ait été soumis à sa volonté et à son triomphe face à Marine Le Pen, une parodie bien-pensante, les excuses de Macron pour des attentes décevantes s’épuisent.

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Sa première canonnade dans ce qui devait être une marche rapide de la modernité était une réforme du travail qui, selon lui, aiderait les petites entreprises. Les syndicats, les employés du secteur public qui ont déclaré que cela facilitait les licenciements et ceux qui craignaient de perdre des avantages ont protesté.

Dans un aperçu de ce qui est maintenant devenu la norme, Macron a qualifié les opposants à sa politique de «fainéants». Au printemps de l’année suivante, des milliers de personnes étaient de retour dans les rues pour protester contre une réforme de l’éducation qui rend plus difficile l’accès des étudiants aux universités publiques de leur choix, et les impôts qui ont favorisé les riches.

Des étudiants assistent à une manifestation pour protester contre le plan de réforme du gouvernement français, à Paris, le 11 décembre 2018. © Reuters / REUTERS / Benoit Tessier

Contrairement aux gilets jaunes qui ont commencé le 17 novembre 2018, ils ne sont pas devenus une caractéristique hebdomadaire de la vie politique française. Ils ne se sont pas non plus répandus dans le mécontentement national.

Cette fois-ci, non seulement les manifestants exigent plus, mais le ton dédaigneux du gouvernement ne fait que les enflammer et non pas les freiner.

Il a fallu à Macron quatre semaines consécutives d’affrontements, de gaz lacrymogène et de canons dans toute la France pour enfin s’adresser à la nation. Il ne l’a fait qu’après que les rassemblements se soient soldés par de violents combats de rue avec la police, faisant des blessés des deux côtés et des centaines de manifestants arrêtés.

© Reuters / Michel Euler / POOL via REUTERS

« Pas assez »

Le gouvernement a déjà suspendu la hausse de la taxe sur les carburants à l’origine des Gilets prescrites par la loi sur la circulation routière, tandis que le président avait promis de relever le salaire minimum.

Mais pour de nombreux manifestants, ces actions sont tardives et ne traitent pas des problèmes sous-jacents. «Ce n’est pas assez. Nous devons encore lutter contre les taxes actuelles, celles qui sont en place depuis des années. Nous aurions dû nous réveiller il y a des années et nous devons maintenant rattraper les années que nous avons manquées», a déclaré à Deutsche Welle l’un des gilets jaunes les plus originaux et les plus populaires, Ghislain Coutard, précisant que Macron devrait «sortir de son trou et faire face» au peuple.

Un manifestant fait du vélo alors qu’il occupe un rond-point avec des camarades portant un gilet jaune à Roppenheim, en France, le 7 décembre 2018. Le message indique « Moins d’impôts pour les travailleurs et les retraités ». © Reuters / REUTERS / Vincent Kessler

La résolution prise par Macron à Houdini de sortir de cette situation difficile a été l’organisation de plusieurs mois de débats nationaux visant à désamorcer et à dissiper la colère. Jusqu’à présent, de nombreux dirigeants des Gilets jaunes ont refusé la possibilité de parler, en particulier avec les dernières déclarations de Macron suggérant que le président n’est plus prêt à écouter.

Regardez dans leurs yeux: des gilets jaunes défilent dans Paris accusant la police de violences sanglantes (VIDÉOS)

Jeudi, Macron a essayé d’être plus compréhensif, regrettant son arrogance en affirmant qu’il est un « gilet jaune » et affirmant que les 12 dernières semaines de manifestations l’avaient laissé cicatrisé lorsqu’il avait parlé à trois principaux médias français. Le lendemain, toutefois, il a modifié sa mélodie en critiquant les médias et en accusant les trolls russes de protester.

Traduction et Titre 2 : MIRASTNEWS

Source : RT

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