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Bolton: Les Etats-Unis d’Amérique pourraient utiliser la force militaire au Venezuela « pour protéger 50 000 citoyens des Etats-Unis d’Amérique »

John Bolton / Jonathan Ernst / Reuters

Combien de russes, de cubains, de chinois et autres doivent également être protégés par leurs pays ?

Plus tôt, John Bolton avait promis que l’arrestation du collaborateur de Juan Guaido, Roberto Marrero, « ne restera pas sans réponse ».

Le conseiller à la sécurité nationale du président Donald Trump, John Bolton, a répété qu’il considérait le gouvernement de Nicolas Maduro comme illégitime et a suggéré que Washington pourrait utiliser la force militaire pour protéger « de la violence et de l’intimidation » les quelque 50 000 Américains qui sont au Venezuela.

« Le président Trump a été clair sur ce point à plusieurs reprises lorsqu’il a déclaré que toutes les options étaient sur la table. Je pense que les gens doivent comprendre et croire en cela, il est très sérieux à ce sujet », a déclaré Bolton au Breitbart News Daily de jeudi.

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Ministre vénézuélien: le chef du bureau de Guaido appartenait à une « cellule terroriste »

Sans confirmer ni réfuter explicitement les hypothèses selon lesquelles les États-Unis d’Amérique veulent armer l’opposition vénézuélienne ou s’apprête à envahir le pays d’Amérique latine, Bolton s’est contenté de constater que, selon les estimations, le Venezuela compte actuellement « entre 40 000 et 50 000 citoyens des Etats-Unis d’Amérique », et que « le gouvernement des États-Unis d’Amérique n’a pas d’obligation internationale plus importante que celle de protéger ses citoyens de la violence et de l’intimidation ».

« Ce que nous voudrions faire, c’est permettre au peuple vénézuélien de prendre ses propres décisions, et non pas par un gouvernement contrôlé par le substitut de Cuba à la Russie, ni par ce que nous appelons la diplomatie de la dette chinoise, qui tente de percer dans le monde entier et à prendre le contrôle des réserves de pétrole du Venezuela », a déclaré le conseiller à la sécurité nationale.

  • Les déclarations de Bolton interviennent peu après l’arrestation au Venezuela de Roberto Marrero, collaborateur de Juan Guaido, pour son lien présumé avec une « cellule terroriste ». Bolton a demandé sa libération immédiate et a déclaré que l’arrestation « ne restera pas sans réponse ». [Imaginons que les accusations du Venezuela soient vraies preuves à l’appui, les Etats-Unis d’Amérique encourageraient donc dans d’autres pays la formation de cellules et des actions terroristes ?MIRASTNEWS].
  • Nicolas Maduro a dénoncé le fait que la « cellule terroriste » démantelée avait pour objectif d’attaquer les casernes militaires, les hôpitaux et les gares du système de transport souterrain.

« Maintenir vivante la doctrine de Monroe »

Des préoccupations similaires à celles évoquées par Bolton à propos du sort des Américains ont déjà servi de prétexte pour envahir l’île de Grenade, située à quelque 160 km au nord du Venezuela, en 1983, afin de renverser le gouvernement de gauche. À cette époque, le gouvernement Ronald Reagan accueillait environ 800 étudiants états-uniens de la faculté de médecine de l’université San Jorge de Grenade.

En faisant une autre référence à la doctrine Monroe, Bolton a affirmé que l’objectif des Etats-Unis d’Amérique est « pour s’assurer que ces influences étrangères [Cuba, la Russie et la Chine] ne contrôlent pas le Venezuela et nuisent aux États-Unis » et leurs intérêts dans leur propre hémisphère. « Nous parlons donc de prendre le contrôle d’une autocratie socialiste et de garder en vie la doctrine Monroe dans l’hémisphère occidental afin de disposer de pouvoirs en dehors de l’hémisphère qui ne dictent pas ce qui se passe ici », a-t-il déclaré.

Traduction et Titre 2 : MIRASTNEWS

Source : RT

Les Etats-Unis d’Amérique imposent des sanctions à Bandes, la banque de développement vénézuélienne

Logo du siège de Bandes, à Caracas, au Venezuela. / Google maps

Les filiales ont également été sanctionnées, parmi lesquelles Bandes Uruguay et Banco Prodem de Bolivie.

Les Etats-Unis d’Amérique (EUA) ont sanctionné la Banque de développement économique et social (Bandes) du Venezuela et ses filiales, a annoncé vendredi le département du Trésor du pays sud-américain.

Par une déclaration, cette agence a indiqué que la mesure était mise en œuvre à la suite de l’arrestation, par les autorités vénézuéliennes, de Roberto Marrero, collaborateur du soi-disant « président en charge » du pays d’Amérique du Sud, Juan Guaido. Caracas a fait valoir que l’opposition était présumée être liée à « une cellule terroriste » qui a été démantelée. [Comme d’habitude, les EUA qui sanctionnent ou agissent souvent sans preuves, ne veulent même savoir si ce que disent les autorités vénézuéliennes a sa raison d’être ou si faille il y a, essayer de le démontrer MIRASTNEWS].

    Le Trésor sanctionne BANDES, la banque nationale de développement du Venezuela, et ses filiales, en réponse à l’arrestation illégale d’un assistant de Guaido https://t.co/u038AnE1s– Département du Trésor (@USTreasury) 22 mars 2019

« Les responsables du régime (vénézuélien) ont transformé Bandes et ses filiales en véhicules permettant de transférer des fonds à l’étranger afin de consolider (Nicolas) Maduro », a déclaré le secrétaire au Trésor, Steven T. Mnuchin, selon le communiqué.

Le responsable des EUA a ajouté que « Maduro et ses facilitateurs ont déformé l’objectif initial de la banque, qui avait été créée pour aider le bien-être économique et social du peuple vénézuélien, dans le cadre d’une tentative désespérée de maintien du pouvoir », [or leurs amis de la droite vénézuélienne n’arrivent pas à arracher ce pouvoir tant convoité par la voie des urnes et ont opté avec l’aide des Etats-Unis d’Amérique pour la violence, les coups d’Etat, les manipulations et les sanctions.MIRASTNEWS].

Sanctionné

En plus des Bandes, basées au Venezuela, les sanctions s’appliquent aux filiales:

  • Bandes Uruguay, basé à Montevideo.
  • Banco Bicentenario del Pueblo et Banco de Venezuela, avec des bureaux au Venezuela.
  • Banco Prodem, situé en Bolivie.

La déclaration indique que, grâce aux mesures adoptées par le département du Trésor des Etats-Unis d’Amérique, tous les actifs et intérêts de ces entités situés aux États-Unis d’Amérique sont « bloqués et doivent être signalés à l’Office de contrôle des actifs étrangers (OFAC) ».

De plus, les négociations avec des entités sanctionnées par des personnes états-uniennes ou à l’intérieur des États-Unis d’Amérique sont interdites.

Il y a trois jours, la Compagnie minière générale du Venezuela (Minerven), rattachée à la Corporación Venezolana de Guayana (CVG), a été ajoutée à la liste des sanctions de l’OFAC. Les EUA ont fait valoir que la société minière d’État avait mené des « opérations aurifères illicites » qui mettaient des « peuples autochtones en danger » et « provoquaient la déforestation » de leurs habitats. [Or le Venezuela protège mieux ses autochtones que les autorités brésiliennes actuelles alliées aux Etats-Unis d’AmériqueMIRASTNEWS].

Traduction : MIRASTNEWS

Source : RT

Déstabilisation du Venezuela, une «opération de piraterie internationale»

© AFP 2019 Raul ARBOLEDA

Pénuries, émigration massive, ingérences étrangères, désinformation… Voilà à quoi est confronté Caracas depuis la mort d’Hugo Chavez. Difficile de discerner le vrai du faux dans cette guerre civile larvée. Entretien avec un spécialiste engagé du pays, Maurice Lemoine, auteur de «Venezuela, Chronique d’une déstabilisation».

Le Venezuela, nouvelle gaffe de la diplomatie française après la Syrie? Comment expliquer la position française en première ligne dans la dénonciation du gouvernement vénézuélien? Rappelons les faits. En 2017, le Président Macron qualifiait le pays de «dictature». Lorsque Juan Guaido s’est autoproclamé Président de la République par intérim le 23 janvier 2019, une dizaine d’États européens — dont la France- emboîtent le pas aux États-Unis et le reconnaissent comme dirigeant légitime du pays. Sauf qu’une majeure partie du pays serait toujours acquise à la cause de Maduro. On en parle avec Maurice Lemoine, auteur du livre Venezuela, Chronique d’une déstabilisation, publié le 4 avril aux Éditions Le Temps des Cerises.

Retrouvez cet entretien en vidéo:

Bien qu’il soit reconnu par une quarantaine de pays, dont les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, le Président autoproclamé Juan Guaido n’a pas encore vu sa stratégie couronnée de succès: Nicolas Maduro tient toujours le pays. Pourtant ses partisans ont investi les locaux du consulat vénézuélien à New York le 19 mars dernier, tandis que le personnel diplomatique a été rapatrié à Caracas. Maurice Lemoine réagit ainsi à cette action:

«C’est une claire violation de la Convention de Vienne qui régit les relations diplomatiques et on est dans une opération de piraterie internationale […] On est dans une stratégie consistant à essayer de nous faire croire que la communauté internationale, qui se réduirait aux États-Unis et à l’Union européenne, reconnaît Juan Guaido alors qu’en réalité, pour le moment et jusqu’à preuve du contraire, il y a un Président légitime au Venezuela, c’est Nicolas Maduro. Cela étant, cela fonctionne effectivement dans l’opinion publique à travers un certain nombre de médias qui sont quasiment acquis à la cause de l’opposition vénézuélienne.»

Une vision baisée des médias occidentaux qu’il dénonce ainsi que les positions de la diplomatie française. Parlant du Venezuela, le Président Macron évoque une dictature, a reconnu Guaido et a adressé à Maduro un ultimatum. Seule l’Italie a bloqué l’adoption en février d’une position commune de l’Union européenne reconnaissant la légitimité de Juan Guaido. Le journaliste ne s’explique pas sur les raisons de telles orientations de la part du gouvernement français:

«Il n’y a aucune rationalité là-dedans, le Président Macron, le gouvernement français, rencontre sans manifestement avoir de problèmes, le Président égyptien Al-Sissi, où il y a des milliers de prisonniers politiques.»

Mais alors pourquoi Nicolas Maduro, et par extension Hugo Chavez, dérange-t-il autant? Pour Maurice Lemoine, la droite européenne est évidemment en désaccord profond avec ses politiques socialistes alors que les sociaux-démocrates cultiveraient une hostilité ancienne à l’égard du chavisme. Il faut remonter en effet à 1.992 et à une tentative de putsch:

«Il se trouve qu’Hugo Chavez, le 4 février 1992, lorsqu’il a tenté un coup d’État contre un Président qui s’appelait Carlos Andres Perez, ce Président était vice-président de l’internationale socialiste. De sorte que depuis le départ, Chavez s’est mis à dos toute la social-démocratie européenne […] Y compris une extrême-gauche qui considère que ce n’est pas une vraie révolution et qui donc est très critique. Ce qui fait qu’en réalité, il y a un large spectre de l’appareil politique qui déteste le Venezuela.»

Le premier procès régulièrement intenté à Caracas est l’accusation de dictature, d’autoritarisme, de répression des manifestations de l’opposition. Maurice Lemoine dresse un parallèle intéressant entre la crise des Gilets jaunes en France —accusés d’être des «factieux» et des «émeutiers», contre lesquels l’armée est utilisée- et les manifestations qui ont lieu au Venezuela:

«On a la crise des Gilets jaunes où on voit le gouvernement dénoncer en permanence l’extrême violence. Je rappelle que les Gilets jaunes ne tirent pas à balles réelles sur la police française, alors qu’au Venezuela, quand vous avez des manifestations, celles qui ont eu lieu en 2014 et 2017, des manifestations insurrectionnelles, on a eu à chaque fois en 2014, neuf policiers tués par balle et en 2017 sept policiers tués par balle et des dizaines d’autres blessés par balle. Mais c’est présenté chez nous comme de la répression du gouvernement. Donc évidemment pour le Français commun, après des années de ce traitement-là, par définition, de bonne fois, les gens pensent que le Venezuela est une dictature.»

Le pays souffre d’une grave crise économique et politique et le constat de Maurice Lemoine sur le pays est double: il souffre d’une grave crise économique et politique. D’une part, Lemoine pointe du doigt les graves choix économiques des gouvernements successifs de Chavez puis de Maduro, qui n’ont pas permis de diversifier la production nationale. D’autre part, il souligne la radicalisation de l’opposition, avec le soutien de la Colombie et les États-Unis. L’auteur rappelle notamment la saisie de Citgo, la filiale américaine de la compagnie pétrolière nationale PDVSA, principale source de devises pour le pays. C’est ainsi qu’il emploie le terme de déstabilisation:

«C’est une déstabilisation de l’extérieur et de l’intérieur, c’est-à-dire deux forces qui se joignent, l’opposition vénézuélienne radicale; tous les opposants vénézuéliens ne sont pas des fous furieux, mais il y a une opposition radicale qui a pris le dessus, et puis évidemment qui est aidée par les États-Unis.
Sur le plan purement politique, l’opposition vénézuélienne a perdu la partie à l’intérieur du pays, toutes ses initiatives se sont finalement retournées contre elle, elle est très divisée, il y a une guerre des chefs, et donc la bataille contre le Président Nicolas Maduro se livre maintenant depuis les États-Unis, depuis Bruxelles et l’Union européenne. C’est là que la déstabilisation est mise en œuvre. L’exemple le plus frappant, c’est évidemment les sanctions des États-Unis. On a vu récemment un grand show de tentative de rentrée de l’aide humanitaire qui venait des États-Unis. Or il se trouve que les États-Unis sont en train d’imposer des sanctions au Venezuela.»

Dès 2015, c’est Barack Obama qui signe un décret faisant du Venezuela une menace extraordinaire pour la sécurité nationale américaine, une initiative qui ouvre la porte aux sanctions. Selon Maurice Lemoine, «l’opposition radicale» et ses soutiens ne cherchent pas à battre Maduro aux élections, ce qui est un comble. Le 20 mai 2018, rappelons que le Président sortant a obtenu 68% des voix, avec un faible taux de participation, car l’opposition avait appelé au boycott en vue de délégitimer le scrutin. Le journaliste estime qu’ils souhaitent faire tomber Maduro et ainsi le symbole Hugo Chavez:

«Il faut que le socialisme du XXIe siècle, que le chavisme, soit défait dans des conditions extrêmement violentes pour servir d’exemple à l’ensemble de l’Amérique latine.»

La première étape serait ainsi la mise en place de sanctions économiques et financières asphyxiant le pays. Deuxièmement, l’option de l’intervention militaire n’est pas écartée par la Maison-Blanche, ce qui pourrait s’avérer gravissime pour les équilibres régionaux:

«L’option est sur la table, tous les responsables américains depuis Donald Trump, en passant par Mike Pence, le vice-Président, Mike Pompeo, le chef de la diplomatie, et John Bolton, le fou furieux qui est à la Sécurité nationale, ont tous dit que toutes les options étaient sur la table, laissant entendre que l’option militaire est sur la table.
C’est compliqué parce que ce que j’appelle les supplétifs des États-Unis, 14 pays d’Amérique latine que l’on appelle le groupe de Lima, qui sont extrêmement hostiles à Caracas, ont eu d’un seul coup la prise de conscience que si jamais le Venezuela était envahi, il y aurait une guerre civile et c’est toute la région qui allait être touchée […] Si demain a lieu une invasion du Venezuela par les Marines, la Colombie immédiatement s’embrase.»

Le risque de guerre civile est très probable, d’autant plus que l’opposition menée par Juan Guaido appelle régulièrement les forces armées du pays à se retourner contre Caracas, ce qui pour le moment a échoué. Et si les militaires rejoignaient ce camp-là, Maurice Lemoine évoque l’existence méconnue en France des milicias, une forme d’armée de réserve du chavisme:

«Il y a au Venezuela ce qu’on appelle les milicias, […] Il y a 1,6 million de Vénézuéliens qui vont s’entraîner régulièrement, volontairement, pour défendre la patrie. C’est-à-dire que même dans l’hypothèse où l’armée lâcherait, où des militaires se rebelleraient contre Maduro, il y a 1,6 million de personnes qui sont prêtes à prendre les armes pour défendre le Venezuela.»

Son ouvrage Venezuela, Chronique d’une déstabilisation est extrêmement bien documenté, mais l’auteur ne cache pas ses sympathies pour le gouvernement de Caracas:

«J’avais un lien plus proche avec Chavez, car le 11 avril 2002 quand il y a eu le coup d’État contre Chavez, j’ai été en tant que journaliste à un endroit-clé, où j’ai fait des photos qui expliquaient la manipulation. J’ai été connu pour avoir fait ça, j’ai été le premier en Europe à révéler ce qui s’est passé, donc Chavez me connaissait, on avait des relations, on se serrait la main, etc. Ce n’est pas ça le problème, j’ai 45 années d’Amérique latine dans les baskets, donc quand on me parle de dictature au Venezuela, ça me fait rigoler.»

On peut le constater, Maurice Lemoine a clairement choisi son camp:

«On ne peut pas être neutre, quand je vois l’agression des États-Unis et de l’Union européenne contre le Venezuela, quand on me pose la question, je ne suis pas neutre, je suis honnête, je ne cache rien, mais on n’est pas neutre entre les juifs et les nazis, on n’est pas neutre entre Salvador Allende et Augusto Pinochet, on n’est pas neutre entre la République espagnole et Franco.»

Source: Sputnik News – France

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