A la Une

Les EUA (USA) à l’assaut du Burkina Faso

Dans ce numéro de Zoom Afrique :

L’actualité en Afrique :

Le Ghana accueille la première édition d’Afrimass, un événement dédié aux ventes africaines d’espaces publicitaires dans les médias ;

Bénin : transformer localement la noix de cajou, pour ne rien en perdre ;

Le président du Burkina Faso en visite en Turquie.

Les analyses de la rédaction :

RDC :

Félix Tshisekedi s’est rendu le 2 avril dernier à Washington afin de s’entretenir avec les autorités américaines. Durant cette visite et lors des multiples rencontres qui l’ont émaillée, le nouveau président congolais a déclaré être à la recherche d’une coopération militaire avec les États-Unis pour l’aider à équiper l’armée congolaise. Un changement de cap remettant en cause des années de « résilience » de Kabila face aux ingérences américaines et atlantistes ou un piège tendu par la RDC aux USA ? Pendant sa visite, Tshisekedi n’a pas été reçu par Trump et les analystes y ont vu les signes d’une certaine tension bien que Pompeo et Bolton, respectivement secrétaire d’État et conseiller de Trump, aient tenté de faire croire le contraire. En effet, alors que certains analystes restaient méfiants quant à la visite du président congolais aux USA, Tshisekedi a montré qu’il avait plus d’un tour dans son sac : le haut responsable de l’Agence nationale des renseignements (ANR), Roger Kibelisa, est désormais nommé au poste d’assistant du conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité. L’intéressé fait l’objet des sanctions de l’UE et est la bête noire du camp occidental qui en appelle aux réticences de l’opposition pour demander à Tshisekedi de revenir sur sa décision. En effet, la super taupe congolaise est un fidèle de Kabila et c’est grâce à son travail de maître que la RDC a su déjouer à plus d’une reprise les projets la visant : guerre civile ; mouvement rébellion, guerre avec les visions, coup d’État, attaque de Daech et ainsi de suite. L’affaire de la fermeture de l’ambassade US en RDC juste avant les élections, qui laissait supposer qu’un péril sécuritaire du type Daech pouvait exister, a d’ailleurs été une bonne occasion pour prouver les talents de l’intéressé. À Washington, Tshisekedi y est revenu à sa manière, retournant contre les hôtes US leur propre argument : « Eh bien Daech pourrait venir foutre la pagaille chez nous, venez et prêtez-nous main-forte », a-t-il dit en substance. Cela étant, la reconduction du Monsieur Renseignement de Kabila dans ses fonctions est bien périlleuse pour les Américains. On sait très bien que ce sont les services de renseignement qui collectent les informations et même si la RDC entretenait une coopération militaire avec les USA, ce serait aux services de renseignement de récolter les informations secrètes sur le compte des forces étrangères, leurs déplacements, leurs plans et projets. Alors un plan en bonne et due forme visant les actuels et futurs plans anti-RDC proposés par le président ?

Une lettre ouverte adressée au président Félix Tshisekedi circule d’ailleurs sur les réseaux sociaux, afin d’exiger l’annulation de la reconduction du chef du renseignement. Ce qui montre que l’homme est bien parvenu à mettre au pas ses adversaires. Signe de l’échec du camp atlantiste, les pro-Kabila ont encore remporté une victoire aux élections des gouverneurs et vice-gouverneurs qui se sont déroulées le mercredi 10 avril dans 22 des 26 provinces de la RDC.

Burkina Faso :

Il est tout de même extraordinaire d’invoquer tout le temps des prétextes environnementaux pour s’infiltrer dans des pays africains et surtout dans les pays du Sahel. En fait le duo USA-France agit comme suit : via des violences attribuées invariablement aux takfiristes, aux tensions intercommunautaires et interreligieuses et autres, Barkhane étend sa présence militaire et descend vers la côte, ouvrant sur son chemin le front de la guerre au Burkina Faso. Parallèlement, les Américains, qui tirent dans l’ombre les ficelles, invoquent d’autres prétextes pour étendre eux aussi leur présence sans susciter trop de vagues. C’est ainsi qu’ils contribuent aux projets hydrauliques, agricoles et sanitaires en Côte d’Ivoire, au Niger, au Bénin, au Togo. Les objectifs américano-français sont complémentaires et visent à placer sous leur tutelle le Sahel et la côte.

Une information publiée ce jeudi 11 avril annonce que le gouvernement des États-Unis, par l’intermédiaire de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), a l’intention de lancer la deuxième phase du programme RISE (Résilience accrue au Sahel), au Burkina Faso. À travers ce programme, les États-Unis se proposent d’injecter plus de 190 millions de dollars (111 milliards de FCFA) sur une période de cinq ans pour soi-disant renforcer la résilience des populations les plus vulnérables du Burkina Faso face aux chocs climatiques et autres fléaux et les sortir définitivement de la pauvreté. Cette décision devient encore plus ridicule quand on sait que ce sont ces mêmes multinationales liées aux USA qui sont à l’origine des dégradations environnementales et de la propagation de différentes maladies dans les pays africains. Il y a moins d’un mois, à Agadez, au Niger, des milliers et des milliers d’ânes ont été touchés par une maladie bactérienne contagieuse appelée la gourme équine ou angine du cheval. Depuis décembre 2018, ce sont plus de 4 000 ânes qui sont morts de cette maladie bactérienne contagieuse. Cela devient plus grave quand on sait que l’âne est le moyen de transport le plus commun pour des millions de paysans du Niger. Au Burkina Faso, voisin du Niger, une épidémie de méningite sévit depuis janvier dans la zone de la Tapoa, et ce sont encore une fois des instances internationales telles que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Gavi Alliance, le Rotary International et l’Unicef qui entrent sur le terrain pour « sauver » la population touchée par cette maladie. Le nouveau projet d’infiltration US au Burkina Faso est intitulé « la phase II de l’Initiative pour une résilience accrue au Sahel » qui, selon l’ambassadeur des États-Unis au Burkina Faso, Andrew Young, « témoigne de l’engagement du gouvernement des États-Unis à soutenir durablement le gouvernement du Burkina Faso dans sa volonté d’améliorer la vie des populations les plus vulnérables du pays ». Cette information dit que RISE est une initiative régionale conçue en 2012 par l’USAID pour répondre à une série historique de fortes sécheresses et autres fléaux dans la région du Sahel, en Afrique. En termes de bilan, cette initiative est un échec retentissant à moins de n’y voir qu’un prétexte pour permettre aux Blancs américains de coloniser l’Afrique.

Niger/Russie :

Jusqu’ici la Russie a été absente du Sahel, mais les choses évoluent et les politiques russes aussi : après la RCA et le Cameroun, Moscou lance une offensive au cœur du camp US/France. Il s’agit du Niger. Avec 800 soldats américains et une importante base de drones déployés sur son territoire, le Niger constitue la tête de pont des forces des États-Unis en Afrique de l’Ouest.

Mais depuis son retour sur le continent africain, la Russie provoque une véritable hystérie dans les cercles occidentaux. L’offensive russe prend cette fois une couleur un peu plus subtile, dépassant le stade du militaire. Car le Niger n’est ni la RCA ni le Cameroun. La Russie s’attaque ainsi aux réseaux de communication nigériens : le président nigérien Mahamadou Issoufou s’est entretenu ce mardi 9 avril à Niamey avec le président du Conseil d’administration du groupe de médias russe TSARGRAD Konstantin Malofeev, sur le rôle que peut jouer la Russie pour contribuer au développement du Niger, nous disent les sources africaines.

Tout en saluant le succès économique du Niger grâce à la politique de M. Issoufou, l’opérateur russe a promis de poursuivre les entretiens avec les représentants du gouvernement nigérien « pour aider le pays à atteindre la croissance économique, à lutter contre la pauvreté et à améliorer les conditions de vie des habitants ». À cette mesure s’ajoute une autre, bien plus stratégique : Moscou a décidé de tisser des liens avec le Niger, et pour atteindre cet objectif, le 21 mars dernier, le Niger et la Russie, ont décidé de redonner un nouveau souffle à leurs relations diplomatiques vieilles de plus de 40 ans, à travers notamment la réouverture prochaine de l’ambassade du Niger à Moscou.

Source: Press TV

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