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RIC, impôts, ISF, retraites : ce que s’apprêtait à annoncer Emmanuel Macron dans son allocution

Le président Emmanuel Macron va-t-il s’adapter aux évolutions imposées par l’ère du temps ou continuer à monter sur ses chevaux comme dans le bon vieux temps?

© Philippe Wojazer Source: AFP
Edouard Philippe, Franck Riester, Anne Hidalgo, Emmanuel Macron, Richard Ferrand, Michel Aupetit devant la cathédrale Notre-Dame de Paris le 15 avril (image d’illustration).

L’AFP a eu accès au projet d’allocution d’Emmanuel Macron. Celle-ci était était prévue le 15 avril, mais a finalement été annulée après l’incendie de Notre-Dame de Paris. Le président devait annoncer des mesures phares après le grand débat.

Emmanuel Macron devait s’exprimer le 15 avril à la télévision, mais eu égard à l’incendie de Notre-Dame de Paris, cette allocution a dû être remise à une date ultérieure qui n’a pas été précisée pour le moment. Cependant, l’AFP affirme avoir eu accès à une copie de ce projet d’allocution.

Le sort du référendum d’initiative citoyenne

Selon les informations de l’AFP, Emmanuel Macron serait «favorable» à ce que des référendums d’initiative citoyenne (RIC), réclamés par les Gilets jaunes, «puissent être organisés sur certains sujets d’intérêts locaux». Toujours selon cette source, le président est «favorable à ce qu’on puisse rendre plus accessible, en en simplifiant les règles», le référendum d’initiative partagée (RIP), prévu par la Constitution mais compliqué à mettre en œuvre. Emmanuel Macron annoncerait ainsi qu’«une convention de 300 citoyens tirés au sort» serait installée «dès le mois prochain», en mai, chargée de «travailler à la transition écologique et aux réformes concrètes à prendre».

Moins d’impôts pour les classes moyennes ?

Emmanuel Macron souhaiterait également «baisser les impôts des classes moyennes» en finançant cette mesure notamment par la «suppression de certaines niches fiscales».

Le président de la République demanderait aussi une «évaluation objective» de l’ISF dès le début de l’année 2020, sur la base de laquelle il s’engagerait «à apporter toutes les modifications et corrections nécessaires».

Les petites retraites ré-indexées

Selon l’AFP, Emmanuel Macron s’apprêtait également à annoncer la réindexation des retraites de moins de 2 000 euros sur l’inflation à partir du 1er janvier 2020.

Le chef de l’Etat devrait également annoncer que la prime exceptionnelle de 1 000 euros défiscalisée et sans cotisations sociales décidée fin décembre 2018 face au mouvement des Gilets jaunes va être «pérennisée» et ouverte aux employeurs «chaque année».

«Aucune fermeture d’école et d’hôpital jusqu’à la fin du quinquennat»

Toujours selon l’AFP, Emmanuel Macron ne veut plus «aucune fermeture d’école et d’hôpital jusqu’à la fin du quinquennat», à une condition souveraine : «Sauf demande des maires.»

Prenant acte que «beaucoup de nos concitoyens ont le sentiment que leur territoire est abandonné», Emmanuel Macron souhaite «assurer la présence des services publics», et «ouvrir un nouvel acte de notre décentralisation», notamment avec «plus de fonctionnaires sur le terrain, avec davantage de responsabilités», «et moins de fonctionnaires à Paris pour écrire des normes ou créer des règles».

L’énarque qui voulait supprimer l’ENA ?

Le chef de l’Etat serait également favorable à un changement de «la formation, la sélection, les carrières en supprimant l’ENA et plusieurs autres structures». Selon ce projet de discours consulté par l’AFP, Emmanuel Macron voudrait modifier les conditions d’accès à l’élite : «Nous avons besoin d’une élite, de décideurs [et de donner] à tous nos jeunes leurs chances en fonction uniquement de leur mérite et pas de leur origine sociale ou familiale.»

Lire aussi : Charlie Hebdo fait sa une sur l’incendie de Notre-Dame de Paris et Emmanuel Macron

Titre 2: MIRASTNEWS

Source: RT France

Notre-Dame : découvrez les dégâts causés par l’incendie via l’image aérienne à 360 degrés

© Gigarama / «News Media»
La cathédrale Notre-Dame de Paris vue du ciel après l’incendie

Ravagée par un incendie, apparemment accidentel, Notre-Dame de Paris a été défigurée mais ne s’est pas totalement effondrée grâce à l’intervention des pompiers. Des photos aériennes prises au lendemain du drame évaluent l’ampleur des dégâts.

Des images aériennes illustrent l’étendue tragique des dégâts causés à la célèbre cathédrale Notre-Dame de Paris, ravagée par un incendie majeur le soir du 15 avril.

Après environ 12 heures d’une lutte intense contre le feu, l’édifice gothique vieux de 850 ans est réapparu sous la lumière du jour amputé de sa fameuse flèche. Le projet LIFE Gigarama a créé «Le cœur brisé de Paris», une image panoramique aérienne à 360 degrés, dans laquelle vous pouvez zoomer et changer d’angle afin de mieux mesurer l’ampleur du sinistre de Notre-Dame.

Les photos prises d’en haut révèlent clairement l’étendue noircie de son toit effondré et un trou béant au centre, là où s’érigeait la flèche.

© Gigarama / «News Media»

Source: RT France

Cinq ans pour rebâtir la cathédrale Notre-Dame promis par Macron : est-ce crédible ?

Emmanuel Macron veut que Notre-Dame, ravagée par l’incendie, soit reconstruite en cinq ans. Depuis cette annonce, les experts se succèdent pour juger cette promesse irréalisable, en l’attente de diagnostics et de décisions sur les options à prendre.

Mais combien de temps dureront les travaux d’ampleur et de complexité immense de la cathédrale Notre-Dame de Paris dévastée par les flammes ? Face à l’émotion des Français, Emmanuel Macron a fixé le calendrier de la reconstruction à cinq ans. Mais les experts interrogés par RT France en doutent.

Dans son adresse à la nation le soir du 16 avril, le président s’est voulu catégorique : «Alors oui, nous rebâtirons notre cathédrale, plus belle encore, et je veux que ce soit achevé d’ici cinq années.», a-t-il déclaré depuis son bureau de l’Elysée.

Cette annonce a été confirmée par Edouard Philippe lors du compte rendu du Conseil des ministres le 17 avril : «Le président de la République a exprimé une ambition. Celle de reconstruire Notre-Dame de Paris en 5 ans. C’est évidemment un défi immense.», a-t-il estimé.

Ce défi est effectivement si immense qu’il risque fort de ne rester qu’une utopie, en escamotant des éléments de contexte. Des choix technologiques radicaux permettront-ils de réduire les délais ? André Finot, le porte-parole de Notre-Dame de Paris, interrogé par RT France, veut y croire.

J’espère vraiment que cela marchera et je suis positif

«Pour la réfection de 1845, on a mis 20 ans. Avec les moyens techniques de notre temps, peut-on aller plus vite ? J’espère vraiment que cela marchera et je suis positif», a-t-il confié.

L’architecte de renom Jean-Michel Wilmotte, interviewé sur France inter le 16 avril, estime lui aussi que les délais seraient tenables, mais uniquement avec des méthodes de construction modernes, citant la rapidité des chantiers de… stades. L’édification d’une charpente métallique et non plus en bois, rendrait possible cette constriction du temps.

«Cinq ans, c’est tout à fait tenable, dans la mesure où l’on fait le bon choix technologique», a-t-il expliqué. «Si l’on veut reconstruire Notre-Dame avec les systèmes traditionnels, avec des forêts entières, je pense que ce sera beaucoup plus de cinq ans», car il faut faire sécher le bois, a-t-il détaillé, et y ajouter la durée de la mise en œuvre d’une charpente complexe.

Plusieurs phases de durées incompressibles

Reste que le déroulement de la reconstruction impose des délais qui deviennent élastiques au moindre débat ou au moindre imprévu.

«C’est très prématuré de se prononcer», estime Enrico d’Agostino, architecte du patrimoine interrogé par RT France. «Les complications typiques d’un chantier tel que celui-ci vont se superposer. Sur les chantiers, les aléas font déborder très facilement. Il faut rester prudent sur les délais annoncés, et ne pas aller trop vite», explique-t-il.

C’est très prématuré de se prononcer

«Un chantier de ce genre-là comporte d’abord une phase de consolidation et protection des ouvrages», détaille Enrico d’Agostino, qui inclura la dépose d’un immense échafaudage. «Ensuite il y a la phase d’études. Il y a des voûtes percées à étayer, cette phase peut durer un an. Pendant la phase d’études, il va falloir prendre les décisions clés avec la doctrine à adopter. Par exemple, reconstruit-on la flèche à l’identique comme l’avait conçue Viollet-le-Duc ?», analyse l’architecte du patrimoine. Le Premier ministre Edouard Philippe a d’ailleurs annoncé le concours pour recréer cet élément emblématique de la cathédrale.

Quand on veut aller vite, on est sûr qu’on fera une erreur

«Ce qui m’embête dans ce que vient de dire le chef de l’Etat, c’est que le patrimoine a une temporalité qui n’est pas celle des hommes politiques. Quand on veut aller vite, on est sûr qu’on fera une erreur», a affirmé l’historien Alexandre Gady dans l’émission Quotidien, en insistant sur la nécessité d’une longue phase de réflexion.

«Une fois que ces questions auront été tranchées, la phase de conception peut prendre encore deux ans, et ensuite il ne resterait que moins de trois ans pour le chantier de reconstruction de la charpente et la couverture. Pour un chantier de restauration, ce sont des délais serrés», évalue Enrico d’Agostino.

Trop de questions subsistent sur l’état structurel de Notre-Dame

Mais ce déroulement se produirait si le chantier se préparait sous de bons auspices. Or, il est pour le moment impossible de connaître l’état structurel de l’édifice, endommagé aussi bien par l’incendie que par l’aspersion massive d’eau durant les opérations de secours des pompiers.

Si la structure est endommagée, les travaux peuvent devenir bien plus importants

«Le problème majeur concerne les possibles dégâts occasionnés par l’eau qui peuvent avoir fragilisé la structure, voire la compromettre en partie. Si elle est endommagée, les travaux peuvent devenir bien plus importants», précise l’architecte du patrimoine.

Les précédents de reconstruction

Il convient aussi d’évaluer la durée de chantiers similaires, bien que de taille moindre. Le château de Windsor en Grande-Bretagne a bien été reconstruit en cinq ans après l’incendie dévastateur de 1992. Mais les caractéristiques géographiques et architecturales de l’édifice sont bien différentes. Le chantier de reconstruction de l’opéra de Venise, le bien nommé La Fenice (Le Phénix), dévasté par un incendie criminel en 1996, a duré sept ans. L’établissement a adressé un message de soutien à la cathédrale : «Nous avons brûlé par deux fois, et sommes renés de nos cendres, encore plus forts. Nous sommes à vos côtés, n’ayez crainte !»

Quant à la réfection du Parlement de Bretagne à Rennes, ravagé par un incendie en 1994, elle a nécessité dix ans de travaux pour retrouver son état d’origine.

Lire aussi : Notre-Dame : les images stupéfiantes des dégâts causés par l’incendie vus par drone

Source: RT France

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