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Une des explications de la dureté sur Ghosn ? – Des courriels internes révèlent que le Japon tente d’interférer dans la fusion de Nissan et de Renault

PARIS – Le ministère japonais de l’Économie s’est entretenu avec le gouvernement français et a tenté de créer de manière indépendante un cadre dans lequel le gouvernement japonais pourrait être impliqué dans le blocage d’un projet de fusion de Nissan Motor Co. et de Renault SA, selon les courriers électroniques de Nissan obtenus par The Yomuri Shimbun.

Les six courriels échangés en avril et mai dernier contenaient des détails sur les discussions entre le ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie et le gouvernement français concernant la fusion des deux constructeurs.

L’un des SMS intitulé «Discussion entre gouvernements français et japonais» datait du 21 mai de l’année dernière et avait été adressé par un dirigeant de Nissan au président en exercice, Carlos Ghosn, et au président Hiroto Saikawa, entre autres.

Il a noté que le directeur de Renault, Martin Vial – qui est également chef de l’APE – l’organisme public français chargé des participations dans l’État – et le ministère de l’économie du Japon ont tenu ce jour-là des discussions sur un projet de mémorandum d’accord rédigé par le ministère.

Le projet de mémorandum contenait les éléments de confirmation suivants, destinés à éviter toute atteinte à la confiance mutuelle entre le Japon et la France:

■ L’indépendance de Nissan doit être respectée afin de renforcer l’alliance Renault-Nissan.

■ Compte tenu de l’avenir de l’alliance, les négociations entre les deux gouvernements sont extrêmement importantes pour améliorer la compréhension mutuelle.

■ En faisant certaines propositions à Nissan en tant qu’actionnaire, le gouvernement français est instamment prié d’informer le gouvernement japonais (le ministère de l’Economie) de la question, afin de créer un environnement dans lequel les membres de l’alliance puissent communiquer sans heurts.

Saikawa a répondu à cette ébauche dans son courrier électronique de réponse le 22 mai dernier: «C’était surprenant. Il y a quelques problèmes [avec le projet de mémorandum]. Je me demande si cette décision pourrait nuire à la crédibilité du gouvernement japonais.»

Il a ensuite demandé à l’exécutif de demander au bureau du Premier ministre de mettre fin à l’intervention du ministère de l’Économie.

Avant ce courriel, un autre dirigeant de Nissan avait envoyé trois courriels les 28 et 29 avril dans lesquels il était annoncé que le ministre de l’économie, du commerce et de l’industrie, Hiroshige Seko, envisageait d’envoyer une lettre au gouvernement français. Saikawa a ensuite demandé à cet exécutif de dire au ministère de «ne pas agir de manière trop agressive».

Le ministère n’a apparemment pas caché sa crainte de voir le gouvernement français continuer à faire pression sur Ghosn pour qu’il réalise la fusion.

Les autres courriels contiennent des échanges tels que Renault présentant les avantages d’une fusion et un dirigeant de Nissan qui objectait que Nissan « préférerait un rééquilibrage de la participation ».

Jusqu’à présent, le gouvernement japonais a nié toute implication active dans les discussions sur une fusion Nissan-Renault.

Une partie du contenu des courriels a déjà été rapportée par le journal français Journal Du Dimanche.

Les partisans de Ghosn ont publié lundi un communiqué dans lequel ils déclaraient que, contrairement aux affirmations du gouvernement japonais, il était intervenu dans l’économie librement et qu’un doute subsistait quant à savoir si le gouvernement était aussi impliqué dans les accusations portées contre Ghosn, qui avait tenté de fusionner les constructeurs automobiles.

Nobuteru Sakuda

Traduction : MIRASTNEWS

Source : The Japan News

La Cour suprême approuve la détention prolongée de Ghosn jusqu’à lundi

Carlos Ghosn 6

Sur cette photo du 3 avril 2019, l’ancien président de Nissan Motor Co., Carlos Ghosn, rentre chez lui à Tokyo. (Kyodo)

TOKYO (Kyodo) – La Cour suprême a annoncé jeudi qu’elle rejetait l’appel interjeté par les avocats de l’ancien président de Nissan Motor Co., Carlos Ghosn, au sujet d’une décision d’un tribunal inférieur prorogeant sa détention jusqu’à lundi prochain.

Le tribunal de district de Tokyo avait approuvé la requête des procureurs demandant une prolongation de la détention initiale de 10 jours de Ghosn suite à de nouvelles allégations d’inconduite financière.

Le 4 avril, Ghosn a reçu un quatrième mandat d’arrêt pour avoir utilisé des fonds de l’entreprise à des fins personnelles. Son retour en détention intervient après sa libération sous caution début mars, après 108 jours de détention depuis son arrestation initiale en novembre dernier.

Ghosn a déjà été inculpé de violation de la législation japonaise sur les instruments financiers en sous-déclarant la rémunération aux autorités de réglementation et d’abus de confiance aggravé en rapport avec le transfert présumé de pertes liées à des investissements privés à Nissan. Il a nié toutes les allégations. [La justice japonaise le maintien en prison et le prive de tous ses droits élémentaires, en particulier la présence de ses avocats lors de l’interrogatoire par les procureurs nipponsMIRASTNEWS].

Traduction : MIRASTNEWS

Source : The Mainichi

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