A la Une

Réactions après la suspension de certains engagements de l’Iran sur l’accord nucléaire (EN CONTINU)

© Leonhard Foeger/File Photo Source: Reuters

Les réactions internationales n’ont pas tardé à se faire entendre après l’annonce de Téhéran de la suspension de certains de ses engagements pris dans le cadre de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien.

  • «Nous sommes extrêmement préoccupés par cette annonce», a affirmé le porte-parole du Premier ministre Theresa May.

    Un peu plus tôt, le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères Mark Field à la Chambre des communes avait pour sa part déclaré : «L’annonce du jour de la part de Téhéran est (…) une démarche inopportune. Nous incitons l’Iran à ne pas prendre d’autres décisions menant à l’escalade et de respecter ses engagements».

  • L’Allemagne a appelé l’Iran au respect de la totalité de l’accord sur le nucléaire. «Oui nous souhaitons conserver le JCPOA. Nous, les Européens, les Allemands apporterons notre contribution et attendons que l’Iran mette en oeuvre [l’accord] dans sa totalité», a déclaré à la presse Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière allemande.

  • Le Kremlin a dénoncé la «pression déraisonnable» subie par l’Iran qui a poussé la République islamique à annoncer qu’elle cessait d’appliquer certains de ses engagements pris en vertu de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015.

    Le président russe Vladimir Poutine «a dit que des décisions irréfléchies et arbitraires, menant à une pression déraisonnable sur l’Iran, provoqueraient des mesures fâcheuses par la suite, auxquelles nous sommes confrontées aujourd’hui», a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Il a ajouté que la Russie restait «engagée» à l’accord sur le nucléaire iranien.

  • «Nous ne laisserons pas l’Iran se doter de l’arme nucléaire», a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une cérémonie à Jérusalem à l’occasion de la journée annuelle du souvenir à la mémoire des soldats tués en service et des victimes d’attentats.

  • Devant la presse, le porte-parole de la diplomatie chinois Geng shuang a lui déclaré : «Maintenir et appliquer l’accord est de la responsabilité de toutes les parties». Il a souligné que Pékin s’opposait aux sanctions américaines contre Téhéran et a appelé «toutes les parties en présence à faire preuve de retenue, à renforcer le dialogue et à éviter une escalade des tensions.»

  • Interrogée sur BFMTV au sujet de l’annonce du ministère des Affaires étrangères iranien, la ministre française des Armées Florence Parly a déclaré que la question de sanctions européennes contre l’Iran serait posée «si ces engagements n’étaient pas respectés».

De nombreux pays ont réagi à l’annonce du ministère iranien des Affaires étrangères, ce 8 mai, de la décision de Téhéran de suspendre l’application de certains de ses engagements conclus dans le cadre de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien (JCPOA, acronyme anglais de Joint Comprehensive Plan of Action), ratifié en 2015. La France, la Chine et Israël sont parmi les premiers à avoir exprimé leur inquiétude face à la décision iranienne.

Lire aussi : Accord sur le nucléaire : l’Iran suspend certains de ses engagements

Source: RT France

Accord sur le nucléaire : l’Iran suspend certains de ses engagements

© Atta Kenare Source: AFP
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, lors d’une conférence de presse à Téhéran le 13 février 2019 (image d’illustration).

L’Iran est revenu sur une partie des engagements contractés lors de la signature de l’accord de Vienne en 2015. Une réponse aux menaces américaines et une volonté de mettre les autres signataires du pacte face à leurs responsabilités.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé dans un communiqué ce 8 mai que Téhéran avait pris la décision de suspendre l’application de «certains» de ses «engagements» conclus dans le cadre de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien (JCPOA, acronyme anglais de Joint Comprehensive Plan of Action), ratifié en 2015 par les pays du P5+1 (France, Russie, Etats-Unis, Chine, Royaume-Uni et Allemagne). Cette décision a été notifiée officiellement aux ambassadeurs des pays concernés le 8 mai dans la matinée.

Ce désengagement fait suite au retrait unilatéral des Etat-Unis de l’accord il y a tout juste un an, le 8 mai 2018. «Les mesures prises par les Etats-Unis, en particulier depuis un an mais aussi avant […] leur retrait avaient clairement pour but de causer une interruption de l’application [de l’accord]», a précisé le ministre Mohammad Javad Zarif, en visite à Moscou.

Il a affirmé, lors de son allocution diffusée à la télévision d’Etat, que l’Iran avait fait preuve jusqu’ici de «patience», mais que Téhéran jugeait dorénavant «approprié de cesser d’appliquer certains des engagements et mesures volontaires» prises dans le cadre du JCPOA. Néanmoins, le ministre a affirmé que l’Iran ne se retirerait pas de l’accord. Il a insisté sur le fait que ces mesures prises par Téhéran correspondaient à un «droit» laissé aux parties signataires en cas de manquements constatés de la part de l’une d’entre elles.

Ce 8 mai, il a aussi déclaré sur Twitter qu’«après une année de patience, l’Iran arrêtait de mettre en place des mesures que les Etats-Unis lui empêchait de respecter», ajoutant que cette action «entrait dans le cadre du JCPOA».

Ultimatum de «60 jours»

Dans un communiqué officiel diffusé par l’agence de presse officielle Irna, le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien a affirmé que la nation perse cesserait désormais de limiter ses réserves d’eau lourde et d’uranium enrichi comme elle s’y était engagée en 2015. Par ailleurs, Téhéran donne «60 jours» aux pays faisant encore partie du JCPOA pour «rendre opérationnels leurs engagements en particulier dans les secteurs pétrolier er bancaire», au risque de voir l’Iran renoncer à mettre en application ses autres engagements, toujours d’après le Conseil suprême de la sécurité nationale.

Ratifié à Vienne en 2015, et validé par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, le JCPOA prévoyait une levée d’une partie des sanctions internationales visant la république islamique en échange de quoi celle-ci devait limiter son programme nucléaire. L’Iran s’était en outre engagé à ne jamais chercher à disposer de l’arme atomique. Le retrait des Etats-Unis de cet accord en mai 2018 avait entraîné le rétablissement des sanctions américaines. Les pays du JCPOA membres de l’Union européenne, mais aussi la Russie et la Chine, avait eux maintenu leur engagement dans l’accord.

Cette annonce intervient alors que les tensions entre les Etats-Unis et l’Iran ont redoublé ces dernières semaines. Le 7 mai, lors d’une visite surprise à Bagdad, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo avait affirmé avoir en sa possession des informations révélant «une escalade des activités de l’Iran», qu’il accuse de préparer des «attaques imminentes» contre les forces armées américaine dans le golfe Persique. Le Pentagone a également signalé avoir envoyé plusieurs bombardiers B-52 dans la région ainsi que le porte-avions USS Abraham Lincoln.

Alexis Le Meur

Lire aussi : Les Frères musulmans, organisation terroriste pour Trump : un jeu d’alliances régionales ?

Source: RT France

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :