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Les banques canadiennes butent dans une économie affaiblie

On pense souvent que l’économie canadienne fait de même pour les banques canadiennes. Cette référence est très pertinente compte tenu des résultats bancaires du premier semestre. Un précédent blog avait attiré l’attention sur le ralentissement de l’expansion du crédit bancaire et ses conséquences sur le ralentissement de l’économie canadienne [1]. Maintenant que les banques canadiennes commencent à publier leurs résultats pour le deuxième trimestre et, ce qui est encore plus important, leurs perspectives prévisionnelles pour le reste de l’année, les banques ne sont manifestement plus le chouchou des investisseurs. Il y a environ un mois, l’indice TSX / bank a commencé à décliner de manière constante, les investisseurs ayant eu le sentiment que les banques affichaient des performances très inégales entre leurs différentes activités bancaires.

La CIBC a été la première à quitter la grille de départ et la banque a clairement trébuché à la cloche. La CIBC a enregistré une baisse de 2,4% de ses bénéfices dans sa division de services bancaires aux particuliers, son activité principale. En tant que principal créancier hypothécaire au Canada, la chute des prêts hypothécaires et des produits d’intérêts nets au Canada et une augmentation correspondante des provisions pour pertes sur prêts ont pesé sur les résultats. La croissance des prêts hypothécaires a diminué pendant deux trimestres consécutifs. Bien que la banque ait contrecarré les gains des marchés des capitaux, de la gestion de patrimoine et de ses banques commerciales des Etats-Unis d’Amérique, les résultats globaux ont été médiocres sur le marché intérieur. Ses actions se sont rapidement vendues et ont pratiquement anéanti le revenu de dividendes des 12 derniers mois.

Les représentants de la Banque CIBC ont affirmé qu’ils avaient été pris au dépourvu, affirmant que les réductions d’hypothèques et de prêts personnels étaient plus sévères que prévu. En outre, la banque a donné une perspective plutôt sobre en déclarant que le bénéfice par action cette année serait «relativement stable» compte tenu des «conditions du marché». On peut toutefois affirmer que la CIBC a commis une erreur stratégique en fermant son guichet de prêt hypothécaire en 2018, craignant un ralentissement majeur du marché de l’habitation au Canada. Ce ralentissement n’a pas eu lieu – les prix des logements dans la région de Toronto, par exemple, n’ont baissé que de 5 à 7%, et les preuves montrent maintenant que les prix ont rebondi ce printemps et que l’offre sur le marché du logement reste tendue et abondante  avec une grande demande.

RBC Banque Royale, la plus grande banque du Canada, a annoncé aujourd’hui un bénéfice supérieur à celui de son concurrent CIBC, sans toutefois correspondre à la solide performance de RBC dans le passé. La croissance annuelle des bénéfices n’a été que de 2%, juste en ligne avec l’inflation, de sorte que les bénéfices réels stagnent. Comme dans le cas de la CIBC, RBC a augmenté ses provisions pour pertes sur prêts, anticipant une nouvelle faiblesse à l’avenir. De plus, TD Canada Trust a publié aujourd’hui (le 23 mai) un rapport sur les bénéfices qui s’est établi à 9% d’une année à l’autre. Cependant, cette meilleure performance est directement liée à la croissance de 29% de ses bénéfices tirés des activités bancaires des Etats-Unis d’Amérique. Au Canada, la croissance a été beaucoup plus modérée, les bénéfices des services bancaires nationaux n’ayant augmenté que de 1%.

Avec seulement trois autres banques majeures à signaler, il est peu probable que le modèle déjà établi par la CIBC, RBC et la TD change considérablement. Cette tendance est celle de la faible croissance du secteur de base des prêts hypothécaires et des prêts personnels, renforcée par une augmentation des provisions pour pertes sur prêts en prévision d’une nouvelle faiblesse sur le front intérieur. Au moment de la rédaction de cet article, l’indice TSX/bank a continué de reculer, les investisseurs réévaluant leur engagement à investir dans le secteur bancaire.

  largethumb_b3f9b12a-21fd-49ae-bec0-ce56e7334987Norman Mogil

Économiste consultant
J’ai obtenu des diplômes de premier cycle et d’études supérieures en économie et finance de l’Université de Californie à Los Angeles, en 1968. Mon expertise professionnelle est en macro-économie; stratégies monétaires et commerciales; analyse des taux d’intérêt et de la courbe de rendement et stratégies de revenu fixe. Au cours des deux dernières décennies, j’ai conseillé une société de courtage indépendante sur les marchés des capitaux, ainsi que sur l’analyse de la courbe de rendement et la gestion de portefeuille. Auparavant, j’ai travaillé en tant que consultant principal chez Peat Marwick and Partners (PMP) et A.R.A Consultants, responsable de projets dans les domaines de l’infrastructure, de la stratégie industrielle et des finances publiques. De 1972 à 1980, j’ai été directeur de la recherche chez C.D. Howe Institute, supervisant la recherche sur le commerce entre le Canada et les Etats-Unis d’Amérique, l’évolution de la monnaie et les politiques monétaires canadiennes.
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Traduction : Jean de Dieu MOSSINGUE

MIRASTNEWS

Source : Talk Markets

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