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Le bluffeur – Depuis le Royaume-Uni, Donald Trump évoque la «possibilité» d’une guerre avec l’Iran

© Daniel LEAL-OLIVAS Source: AFP
Donald Trump le 4 juin 2019 à Londres (image d’illustration).

Plus d’un an après la sortie unilatérale des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien signé en 2015, Donald Trump a échoué à rallier les Etats européens à sa cause. En visite au Royaume-Uni, il n’a pas écarté l’option d’une guerre avec l’Iran.

Les Etats-Unis, par la voix du président américain Donald Trump, continuent de souffler le chaud et le froid sur le dossier iranien, restant fidèles à la stratégie du «fou» initiée par le locataire de la Maison Blanche depuis le début de son mandat.

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Alors qu’il est en visite d’Etat au Royaume-Uni, Donald Trump a ainsi fait savoir qu’il y avait «toujours une possibilité» de conflit armé avec Téhéran. «Est-ce que je le souhaite ? Non. Mais il y a toujours une possibilité», a-t-il répondu de façon alambiquée au journaliste britannique Piers Morgan le 4 juin, tout en insistant qu’il préférerait «discuter» avec l’Iran, bien qu’il soit prêt à prendre «toutes les décisions» pour empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire.

«La seule chose, c’est que nous ne pouvons pas leur laisser obtenir d’armés nucléaires. J’en sais beaucoup à propos des armes nucléaires. Je suis celui que l’on briefe à ce sujet et qui doit l’étudier», a-t-il poursuivi, confiant avoir l’«énorme responsabilité» d’être en charge de l’arsenal nucléaire américain. «Je suis prêt à le gérer», a-t-il néanmoins assuré.

Diffusée dans l’émission «Good Morning Britain», l’interview intervient au dernier jour de la visite d’Etat du milliardaire américain. Celui-ci est en difficulté sur le dossier iranien, n’arrivant pas – bien que soutenu politiquement et médiatiquement par son allié israélien – à convaincre les Etats européens de sortir de l’accord de Vienne, que les Etats-Unis ont quitté unilatéralement en mai 2018.

Les tensions américano-iraniennes n’ont fait qu’augmenter depuis. Washington a récemment renforcé sa présence militaire au Moyen-Orient en guise d’«avertissement» à Téhéran. Le 1er juin se sont ainsi déroulés des exercices militaires américains dans le ciel et en mer au large de l’Iran : un bombardier stratégique B-52 et un porte-avion ont été déployés dans le golfe persique. Les forces armées américaines ont alors évoqué des «opérations de simulation de frappes», expliquant vouloir envoyer «un message clair et indubitable au régime iranien».

Le président américain avait auparavant menacé Téhéran de représailles s’il s’attaquait aux intérêts américains. Le chef de la diplomatie iranienne, Javad Zarif, avait répliqué, faisant valoir la résistance de son pays aux agresseurs durant des millénaires.

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Source: RT France

Le Pentagone se rend compte de la puissance balistique de l’Iran

Un navire iranien lors des exercices navals « Velayat-90 ». ©AFP

À peine quelques heures après le refus du Leader iranien de tout dialogue sous pression avec les Etats-Unis, Donald Trump a affirmé depuis Londres vouloir dialoguer avec le président iranien Hassan Rohani. Il n’a pas écarté non plus les risques d’une confrontation militaire avec l’Iran. Et pourtant … Lundi, le commandant en chef du groupe aéronaval USS Lincoln a reconnu ne pas vouloir s’aventurer dans les eaux du golfe Persique et préférer éviter des « tensions inutiles ». Rai al-Youm analyse ce refus d’engagement militaire de la part des Américains qui n’est peut-être pas si volontaire qu’il paraît.  » Le Renseignement militaire américain a dû collecter des infos comme quoi les Iraniens sont capables de contrer une attaque maritime d’envergure et ce, pas seulement à l’aide de leurs missiles sol-mer dont la portée atteint les  350 miles (563 km) » écrit le journal.

« De nombreux experts l’ont dit et redit : la difficulté de la navigation en période de conflit et des manœuvres militaires au large des eaux du golfe Persique ainsi que le pouvoir dissuasif de l’Iran seraient les principales raisons pour lesquelles le porte-avions Abraham Lincoln a évité le détroit d’Hormuz, quitte à se maintenir à une distance d’environ 450 miles (724 km). Et pourtant, les alliés arabes de Washington s’attendaient impatiemment à ce que les navires de guerre américains soient stationnés dans le détroit d’Hormuz et que surtout, le porte-avions d’Abraham Lincoln rejoigne la cinquième Flotte de l’US Navy à Bahreïn. Alors pourquoi les décevoir? », a noté le journal.

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Le journal estime que la décision US s’explique d’abord par un choix politique: Les Etats-Unis veulent éviter une escalade dangereuse surtout qu’ils n’ont pas réellement envie de guerroyer. Dans ce contexte, l’absence ou le déploiement du porte-avions Lincoln n’a donc aucune importance tout comme les attentes que pourraient avoir leurs alliés arabes à leur encontre. Mais cette décision a aussi un aspect militaire. Au niveau militaire, les Américains se seraient fixés une règle : la stricte précaution. Le Pentagone a des difficultés à protéger le porte-avions dans les eaux du golfe Persique où les dispositifs du navire de guerre, dont les sous-marins, n’arrivent pas à fonctionner dans un espace bien restreint pour des mastodontes de mer que sont les navires US.

Les eaux du golfe Persique sont peu profondes et celles du détroit d’Hormuz l’est encore plus( 150 mètres). Les éléments géographiques, la puissance des missiles iraniens notamment ceux encore méconnus et le danger des petits navires capables de lancer des missiles, représentent aussi une réelle menace pour la sécurité des porte-avions des États-Unis à la tête de leurs navires de guerre. D’où sans doute la décision de maintenir le navire à une distance d’environ 450 miles (724 km) du détroit d’Hormuz, soit une distance suffisamment grande qui permettrait aux Américains de faire face aux missiles iraniens sans s’aventurer près des côtes iraniennes.

Disons qu’à cette distance, le Pentagone dispose du temps nécessaire pour mettre en place le système d’alerte préventif, les sous-marins et l’artillerie navale pour contrer les attaques balistiques de l’Iran. », indique le journal avant de poursuivre :

« Ceci étant, ces explications nous paraissent encore peu suffisantes. En effet, depuis les années 80 et l’implantation de la cinquième Flotte de l’US Navy à Bahreïn, c’est la première fois qu’un porte-avions US s’approche du golfe Persique sans oser atteindre son port d’attache. Pourquoi? Il semblerait que les Américains aient bien pris au sérieux les propos de l’un des hauts commandants du CGRI, le général Ghorbani qui évoquait il y a peu acquisition par l’Iran de deux armes secrètes capables d »‘envoyer au fond des mers les bâtiments américains ». Si l’une d’entre elles devrait rester secrètes jusqu’à ce que le grand conflit éclate, on pourrait néanmoins spéculer sur l’autre: les Iraniens semblent avoir acquis ce que les experts appellent A2/AD (Anti-Access/Area Denial). Ce concept consiste en la dissuasion de l’ennemi, généralement par un complexe d’armes, créant un danger accru en cas de déploiement ou de regroupement de forces ennemies dans la zone protégée. Certaines sources militaires de la région  », conclut Rai Al-Youm qui ajoute:

 » Les forces iraniennes sont capables de créer une «sphère de défense» dissuasive à l’aide de systèmes de missiles longue portée. A ceci s’ajouterait également les capacités iraniennes dans la cyberguerre. S’il est vrai que le système de défense cybernétique déployés autour des sites vitaux iraniens est particulièrement solide, il est aussi vrai que les hackers au sein des forces armées iraniennes sont bien doués pour s’attaquer aux bâtiments américains en mer d’Oman, dans le golfe persique et même en océan Indien et bousiller leur système de commandement. Dans ce contexte peu importe si l’USS Lincoln traverserait ou pas le détroit d’Hormuz. Ce genre de guerre se fait à distance », explique le journal.

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Source: Press TV

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