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Senard fait face à une pression supplémentaire pour réparer Renault

Senard a fait pression sur Nissan pour une fusion dont il ne voulait pas, puis a signé un méga accord avec Fiat Chrysler Automobiles sans le dire à la société japonaise

Lorsque Jean-Dominique Senard a pris les rênes de Renault il y a cinq mois, son travail consistait principalement à rétablir la confiance avec Nissan Motor Co. à la suite de l’arrestation de Carlos Ghosn, chef de file de l’industrie qui avait formé une alliance de deux décennies avec les constructeurs automobiles.

Au lieu de cela, Senard a fait pression sur Nissan pour une fusion qu’il ne souhaitait pas, puis a conclu un méga accord avec Fiat Chrysler Automobiles sans en informer l’entreprise japonaise. Ces discussions se sont maintenant soldées par un affrontement difficile entre Fiat et la France, le plus puissant actionnaire de Renault, après que Nissan eut refusé de soutenir explicitement la transaction.

Les turbulences de son bref mandat semblent contredire le profil de Senard en tant que constructeur de consensus méthodique capable de stabiliser Renault et son alliance fragile avec l’industrie automobile. Et, alors que les investisseurs s’apprêtent à approuver son mandat de président lors de la réunion annuelle du 12 juin, certains se demandent combien de temps l’ancien PDG de Michelin dirigera le géant de l’automobile.

« Senard a du mal à remplir sa mission avec Nissan, et maintenant la France s’est moquée de lui et de son accord avec Fiat », a déclaré Jean-Louis Sempe, analyste chez Invest Securities. « Il n’est pas menacé, mais il pourrait décider de jeter l’éponge, car ce projet est en train de s’effondrer et les relations avec Nissan sont difficiles. »

Appel de Macron

Avant l’effondrement de l’accord avec Fiat, Senard avait assuré au gouvernement qu’il avait l’appui de Nissan pour le rapprochement, a déclaré un responsable français qui a demandé à ne pas être identifié. Les deux représentants de Nissan au conseil d’administration de Renault se sont toutefois abstenus lors du vote informel de la transaction, comme prévu dans les médias, ce qui a poussé la France à demander plus de temps et provoqué le retrait de Fiat.

Après que Fiat ait retiré son offre, la spéculation s’est répandue jeudi sur le départ de Senard, âgé de 66 ans. Le président Emmanuel Macron l’a appelé pour réitérer son soutien et s’assurer qu’il reste, a déclaré une personne familiarisée avec le sujet. Jeudi soir, le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a également exprimé son soutien à Senard dans une interview accordée au quotidien Le Figaro.

Un proche de Senard qui a demandé à ne pas être identifié a écarté la possibilité d’une démission, ce qui placerait Le Maire dans une situation difficile et aggraverait les turbulences chez Renault. Un responsable de Renault a refusé de commenter.

Senard est entré dans un champ de mines lorsqu’il a rejoint le plus grand constructeur automobile français. Renault avait été aveuglé par les allégations de Nissan quant à l’inconduite financière de Ghosn – ce qu’il nie – et la méfiance était grande. Senard a été parachuté par le gouvernement en janvier, aux côtés de l’ancien numéro 2 de Ghosn, Thierry Bollore, en tant que Directeur Général.

Cependant, les tensions entre les entreprises sont antérieures à la chute de Ghosn. Au cœur du problème se trouve un système d’actionnariat déséquilibré: Renault détient 43% du constructeur japonais avec droit de vote, tandis que Nissan détient 15% du capital de Renault, sans voix. La crainte de perdre plus de puissance a conduit le constructeur japonais à rejeter une approche de fusion de Renault en avril.

Influence du gouvernement

Jusqu’au mois dernier, Senard était toujours à la tête de Michelin, que Macron a qualifié de «société modèle», la louant pour son dialogue avec les syndicats.

Avant la débâcle de Fiat, Senard avait progressé dans le lissage des relations avec Nissan. Il a mis Bollore sur la bonne voie pour rejoindre le conseil d’administration de la société japonaise et a mis en place un nouvel accord de gouvernance avec Nissan et Mitsubishi Motors, le plus petit membre de l’alliance.

Le Maire, au Japon pour les réunions du G20 ce week-end, a déclaré samedi à l’Agence France-Presse que la France était disposée à envisager de réduire sa participation de 15% dans Renault afin de renforcer son alliance avec Nissan. Alors que la France a déjà dit cela auparavant, c’est un geste qui pourrait être perçu comme une réparation, à la lumière de l’échec de l’alliance de Renault avec Fiat.

Le Maire pourrait discuter de l’alliance Renault-Nissan avec le ministre japonais de l’Economie, Hiroshige Seko, au cours de la visite, selon des responsables français.

Ania Nussbaum | Bloomberg

Traduction: MIRASTNEWS

Source: Business Standard

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