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Les actionnaires de Nissan s’inquiètent d’un partenariat tendu avec Renault

Les participants quittent les lieux pour l’assemblée générale annuelle de Nissan Motor Co. à Yokohama mardi. | BLOOMBERG

YOKOHAMA – Les actionnaires de Nissan Motor Co. ont exprimé leur inquiétude face aux relations tendues avec le partenaire de l’alliance Renault SA, tout en donnant le feu vert à la mise en place d’une nouvelle structure de gouvernance pour assurer la surveillance suite à l’arrestation de l’ancien président Carlos Ghosn.

Au cours d’une assemblée annuelle des actionnaires qui a duré plus de trois heures à Yokohama, plusieurs parties prenantes ont exprimé leur méfiance à l’égard de Renault, les deux constructeurs s’étant affrontés au sujet d’un projet de fusion et de la récente tentative de fusion de Renault avec Fiat Chrysler Automobiles NV.

« Allez-vous agir en tant qu’administrateur de Nissan, pas en tant que président de Renault? », a demandé à un actionnaire le président de Renault, Jean-Dominique Senard, administrateur de Nissan.

Senard a déclaré qu’il travaillait «pour le bien-être de (Nissan)» et qu’il faisait tout ce qu’il pouvait pour «adoucir les relations de l’alliance» qu’il avait trouvé «dans un état bien pire» que prévu.

Senard a expliqué que la fusion entre Nissan et Renault n’est pas une chose qu’il peut réaliser lui seul car il a besoin de l’approbation du conseil d’administration. Renault détient [plus de] 43% du capital de Nissan, tandis que Nissan détient 15% du constructeur français.

Renault aurait proposé la fusion des deux entreprises, mais Nissan craint de perdre son indépendance.

Le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, a de nouveau rejeté l’idée d’une fusion lors de la réunion mais a souligné que la stabilisation de la relation avec Renault était essentielle pour redresser ses résultats en difficulté. Nissan devrait afficher son bénéfice le plus bas en 11 ans pour l’exercice allant jusqu’en mars.

Un résident de Yokohama âgé de 72 ans, qui a refusé de donner son nom, a déclaré après la réunion qu’il ne pouvait toujours pas faire pleinement confiance à Renault, mais qu’il était essentiel de bâtir une relation gagnant-gagnant, estimant que le ratio de participation croisée devrait être plus égalitaire. Saikawa a indiqué qu’il parlerait à Renault du solde de l’actionnariat si nécessaire.

Pour ce qui est de l’accord de fusion infructueux avec Fiat Chrysler, Senard a qualifié l’opération de «chance manquée».

«Ce projet aurait été merveilleux pour Nissan et l’alliance car, à mon sens, c’était le seul moyen de rehausser et de renforcer l’alliance à l’avenir», a déclaré M. Senard.

La nouvelle des pourparlers de fusion entre Renault et Fiat Chrysler est apparue brusquement le mois dernier mais ils ont finalement abandonné, Nissan étant inquiet du projet.

« Tous nos concurrents dans le monde étaient très heureux » que l’accord n’ait pas été conclu, a déclaré Senard.

Lors de la réunion, les actionnaires ont approuvé le maintien de Saikawa au poste de directeur général, mais certains lui ont reproché pour avoir failli d’attraper l’inconduite financière présumée de Ghosn. Ghosn nie les allégations. Interrogé sur son intention de se retirer de ses fonctions, Saikawa a déclaré qu’il espérait qu’un comité de nomination nouvellement créé «accélérerait» les efforts de préparation de la prochaine structure de gestion.

De plus, la réunion annuelle a permis de modifier radicalement le cadre de la société Nissan en mettant en place trois comités clés chargés des nominations au conseil d’administration, de la rémunération et du contrôle des comptes. Les comités sont conçus pour être plus indépendants de la politique interne du cabinet.

Le renforcement de la gouvernance d’entreprise est une priorité majeure pour Nissan, sa structure problématique ayant été exposée à la suite de l’arrestation de Ghosn en novembre dernier.

Il a également supprimé la position du président pour éviter la concentration du pouvoir sur un seul exécutif, qui pourrait en profiter pour superviser efficacement les affaires du personnel, ce qui était apparemment le cas de Ghosn, selon un rapport d’un groupe d’experts.

Toutefois, face aux tensions croissantes avec le partenaire de l’alliance Renault, le processus visant à obtenir un consensus du constructeur automobile français ne s’est pas déroulé sans heurts.

Au départ, Nissan envisageait de ne nommer que Senard en tant que membre du comité. Cependant, Renault a demandé plus de représentation, déclarant qu’il s’abstiendrait de voter lors de l’assemblée des actionnaires si sa demande n’était pas satisfaite. Senard a déclaré que le cabinet français cherchait seulement à obtenir une représentation juste.

Finalement, le président de Renault, Thierry Bollore, a été nommé membre du comité d’audit.

Kazuaki Nagata

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Traduction : MIRASTNEWS

Source : the japan times

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